Le bon côté ? Le mauvais côté ? Mais je ne suis pas en train de peser les pour et les contre, j'émets un jugement sur une loi : et ce jugement est négatif.
Vos commentaires sont aimables, mais ils ouvlient de ce que sont les rapports humains et d'une manière générale de ce que peut être une société. Les salariés ne sont pas des atomes qui contractent dans le vide sur un marché du travail pur et parfait. D'abord, le problème n'est PAS individuel :
- Faire travailler quelqu'un le dimanche c'est le payer un jour de plus ; les grandes enseignes ont davantage les moyens de le faire et conséquemment feront de la concurrence déloyale aux petits commerces. Ne viens pas me dire "si c'est le choix des gens d'acheter dans des grandes surfaces" et autres trucs de ce genre : non, les gens font avec ce qu'ils ont, aussi. Donc non, on ne décide pas dans l'absolu abstraction faite de tout environnement. Personne n'a jamais désiré un smartphone avant que ça n'existe. La société dans laquelle on vit suscite des besoins et des désirs et donc des volontés. Rien que cette considération devrait te faire nuancer tes propos Etienne. J'ai vraiment l'impression que tu en restes à la surface des comportements humains.
- La volonté individuelle de travailler le dimanche n'est pas une raison : moi aussi j'aimerais avoir mon réacteur nucléaire portatif pour faire mon électricité, pour d'évidentes raison de sécurité, je n'en ai pas le droit. Du reste, comme d'habitude Etienne, et c'est chiant parce qu'au fond tu te réfugies derrière des assertions de confort, tu penses que la volonté est un commencement absolu. Tu es tout à fait l'enfant d'un certain paradigme (néo)libéral selon lequel il n'y a que des atomes purement rationnel. Sauf que nos choix sont contraints, sauf qu'il y a fort à parier que ceux qui auront la volonté de travailler le dimanche ne seront probablement pas ceux qui devront travailler le dimanche. Ne serait-ce qu'à cause de ce qu'a pointé baba sur l'affaiblissement des prud'hommes : tu ne veux pas travailler le dimanche ? Bah je te vire et j'en prends un autre qui veut bien. T'façon, il y a un chômage massif, donc je n'aurai aucun mal à trouver un caissier ou un manutentionnaire. Or, il se trouve que ce sont ces emplois les moins bien payés, les plus précaires, et que choisissent ceux qui ont le risque le plus grand de chômage. Parce que oui, le cadre qui veut travailler le dimanche, tant mieux pour lui. Mais comme je dis parfois "ce qui s'appelle liberté pour le brochet se nomme "mort" pour le fretin"
- Les gens ne dépenseront pas le dimanche ce qu'ils ne dépensaient pas le vendredi.
- Je ne vois pas quel emploi ça peut créer.
Après, il est compliqué de compter les avantagés et les désavantagés par cette loi à l'heure actuelle.
Mais bien sûr qu'on sait qui seront les avantagés et qui seront les désavantagés !
Certains "préfèrent" travailler le dimanche par rapport au côté financier (c'est bénéfique autant pour le salarié que pour l'employeur (d'un magasin par exemple))
Et pour ceux qui "préféreront", combien qui seront obligés de "préférer" ? Oui, ça peut être un choix, évidemment. Mais non, on ne doit pas autoriser ce choix. Parce que c'est nocif pour l'ensemble de la société.
D'ailleurs je comprends pas qu'on ne laisse pas le libre choix aux entreprises de travailler ou non le dimanche. Enfin bref, l’État doit savoir ce qu'il fait. Ou pas.
Et de faire travailler les enfants ? Et le choix pour quelqu'un d'être réduit en esclavage tant qu'il a à manger et à boire ? Après tout, chacun est libre, chacun fait ce qu'il veut, non ? Et les entreprises doivent savoir ce qu'elles font, non ?
J'avais lu un truc de Ogien sur les choix rationnels, c'est vraiment d'une pauvreté confondante.