Bon, déjà, Osheridan, ce que tu dis es vrai. Mais comme l'a dit Celiel, ce n'est pas tout à fait dans le sujet. Personne ne va agresser un homme lorsqu'il est galant, drôle ou romantique en lui disant: "Tu crois compenser tout le mal que tu nous fais avec ses futilités, sale mâle?!?" Non, c'est très bien qu'il fasse ça. Et au fond, le système actuel, personne n'en est le coupable et tout le monde en est responsable. Les femmes peuvent être tout autant sexistes que les hommes, certaines même plus. D'ailleurs, Del Mar Aria (moi, j'ai aucun mal à me souvenir de ton pseudo, je sais pas pourquoi certains ont du mal...) l'a évoqué qu'elle se fait aussi prendre à parti par des mères de famille. Et mon petit doigt me dit que les personnes qui lui font la morale sur le fait qu'elle ne devrait pas empêcher son fils d'exprimer sa colère en lançant des objets, ce sont des femmes.
Celiel, au niveau séduction, il y a réciprocité dans un sens, puisque tout le monde doit le faire. Mais en même temps, il y a aussi inégalité, puisque les hommes doivent être actifs (ce qui n'est pas toujours facile) et les femmes passives (ce qui peut être frustrant).
Ensuite, effectivement, il y a progrès, c'est pas qu'on ne le reconnaît pas. C'est juste que s'extasier dessus ne va pas aider à améliorer ce qu'il reste à améliorer. C'est pas très constructif de dire "Vous avez vu, c'est mieux, on a plus rien à faire, ça va venir tout seul." Ca vient pas tout seul.
Sinon, je constate que Del Mar Aria a l'air d'une maman qui se rend compte de ce genre de choses, ce qui n'est pas le cas de tous les parents. Combien je n'en ai pas entendu dire: "Non, mais au final, les différences fille-garçon, c'est naturel, parce que j'ai éduqué mon fils et ma fille de façon égale, mais lui s'intéresse au foot et elle aux poupées."
Même si je ne le leur dis pas (sauf en cas de débat, éventuellement), car ce serait déplacé, cela ne m'empêche pas de penser qu'ils n'ont pas l'air de se rendre compte qu'ils ne sont pas les seuls à influencer leurs enfants. J'aimerais bien voir un petit garçon se ramener à la maternelle et même à la crèche avec une poupée. Me demande combien de temps cela prendra avant qu'il ne se prenne des insultes de ces petits camarades. À mon avis, ça se comptera en secondes et pas en dizaines de secondes. Pareil, une petite fille qui essaiera de faire des "jeux de garçons", se fera vite rembarrer: "T'es une fille! Les filles savent pas faire ça." Si elle veut se faire accepter par le groupe de garçons (les autres petites filles étant déjà au pas), il faudra qu'elle s'accroche longtemps (donc, c'est possible, mais juste qu'il faut tenir et accepter les remarques du type "de toute façon, t'es pas vraiment une fille, mais un garçon"

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Sans oublier l'influence des médias qui montrent quand même beaucoup ce qu'est être une fille ou un garçon. Et c'est pas vraiment neutre comme représentation. Et puis, la famille et les amis aussi, comme je l'ai montré dans mon exemple extrême.
Ensuite, même sans ça, il y a des choses qui se font de l'ordre émotionnel qu'on ne contrôle pas forcément. Par exemple, le fait de consoler une petite fille quand elle pleure. Mais plus un garçon grandit, plus on lui dit "t'es grand maintenant, il ne faut pas pleurer". Bien sûr, c'est dit avec tendresse et gentillesse (bien que plus il grandit, plus on se montre impatient face à ses larmes), mais il n'empêche qu'on le réprime effectivement. Et sur ce point, ce sont les garçons qui sont le plus à plaindre (bien que cela a aussi l'effet pervers de faire croire que les filles sont plus fragiles psychologiquement). Ou encore, l'exemple de Del Mar Aria, où on aura plus tendance à réprimer la violence chez les filles que chez les garçons (bien que chez eux, il y a aussi une limite, bien sûr). Et dans ces deux exemples, de la gestion de la souffrance/tristesse ou de la colère, ce sera renforcé par l'environnement extérieur. Les garçons ne faisant pas de cadeaux aux pleurnicheurs et aux "peureux" qui ne veulent pas se battre. Ni aux petites filles qui, elles, se battent, par contre.
J'avais aussi donné l'exemple de l'espace de jeu plus restreint pour les petites filles (juste au cas où cela intéresserait quelqu'un, je crois que Colette Guillaumin en fait une analyse intéressante), là encore, c'est pensé par les parents en termes de sécurité pas en termes de sexisme. Le danger semblera plus immédiat pour les petites filles, on voudra plus les surveiller et on leur apprendre à prendre moins de risques que les garçons. Pourtant, les agressions, c'est bien connu, ont le plus souvent lieu dans le domaine privé, au sens de la famille ou des amis, donc, ces endroit où justement, on est moins parano pour la sécurité des enfants. D'ailleurs, j'ai lu quelque part, que si les femmes sont le plus souvent agressées par leurs proches, les hommes en revanche, se font plus agresser à l'extérieur que les femmes. Il serait intéressant de voir si c'est valable pour les enfants aussi.
Bref! Tout ça pour dire que le féminisme ne se résume pas en "hommes méchants, femmes victimes", ce serait improductif. Et pour avoir lu deux textes d'Andrea Dworkin qui reproduisaient ce schéma de façon extrême, je sais qu'à partir d'un certain point, cela devient même anti-féministe. C'est tout simplement une critique d'un certain aspect de nos sociétés qui nous influence tous et toutes. Je sais pas. C'est peut-être parce que j'ai une formation de sociologue/anthropologue que j'arrive à concevoir que l'on puisse critiquer une société sans s'en prendre à ses individus? (Bien qu'il y ait évidemment certains individus qui méritent d'être réprimandés.)
PS: Il n'y a pas de nature d'homme ou de nature de femme.