TDS a écrit :nous ne vivons pas dans le même monde
Ah ouais ?
Il n'y avait rien de péjoratif dans cette phrase, quand je dis ça, c'est une réalité. Tu as dit précédemment que tu n'as pas vu de dégradation de ton niveau de vie et que tu ne croyais pas aux chiffres. Moi, c'est l'inverse, j'ai vu ma ville se dégrader années après années suite aux politiques communautaristes du maire. Je prends le métro ou le RER quatre à cinq heures par jour dans le cadre de mon boulot, j'assiste à des choses que je trouve incroyable, dans le genre une grosse racaille (fille) qui dit en pleine grève de RER "si ça continue à pousser, je vais foutre une baffe à quelqu'un" puis reprendre sa conversation téléphonique bruyante. Je peux citer des dizaines d'exemples comme ça, et je parle même pas des "petites" incivilités.
Je fait tout le tour de la petite couronne parisienne au quotidien, et je vois les choses se dégrader avec le temps, alors je le réaffirme sans aucune insinuation péjorative: nous ne vivons pas dans le même monde.
TDS a écrit :mon opinion a évolué
Je tiens à souligner que je suis complètement d'accord, et je m'en réjouis (c'est pour ça que je me donne la peine de te répondre....) ! Enfin, des fois, je te lis, je me dis quand même qu'il y a encore du boulot (avec tout les respect que je te dois, je ne cherche pas à diminuer ta pensée, je déplore juste la diminution des chances pour qu'on tombe d'accord sur certains sujets)... Y'a des trucs pour moi c'est juste pas possible... Mais ça je te l'ai déjà dit, et tu as le droit de ton coté, de penser que je suis une hippie bien brave...
Qu'on ne tombe pas d'accord ne me dérange absolument pas! C'est le débat qui fait infuser les idées. Ce qui me dérange en revanche, qu'on ne soit pas d'accord sur les constats me dérange beaucoup plus.
C'est d'ailleurs pour ça que j'ai parlé de ce livre pour que lire le constat. Pour faire simple; je ne suis pas d'accord avec les thèses d'Obertone, il est contre les remises de peine, je suis pour, passé un certain temps d'emprisonnement; il est pour la prison de masse, je suis contre; il est pour la perpétuité réelle, je suis quasiment contre. Il tombe quasiment dans le "racialisme scientifique", je trouve ça con... Ce qui est réellement intéressant chez lui, ce sont les constats. Et contrairement à ce que pense Zhatan, il ne prend pas seulement quelques cas pour en faire une généralité; il cite des milliers d'exemples étalés sur trois ans. Pour bien montrer que ces exemples ne sont pas ponctuels, il s'amuse par exemple à citer tous les faits relatés par les journaux locaux en une journée, il y a plusieurs dizaines. Celui du premier chapitre dont il parle pendant longtemps est uniquement là pour attirer le chaland et ça marche.
J'ai fait lire ce livre à plein de monde, dont un à qui on pourrait attribuer le qualificatif de "bobo" (vous remarquerez que je n'utilise que très rarement ce terme parce que je le trouve surfait à tel point qu'il ne veut plus rien dire, mais pour lui, c'est plutôt bien adapté, un gars qui vit dans le seizième, qui trouve que la diversité et le multiculturalisme c'est formidable (alors qu'il n'a jamais foutu les pieds hors de paris sauf pour aller manger un couscous), il mange bio, il trouve qu'il n'y a qu'un "sentiment d'insécurité"...), et qui même s'il n'a pas changé radicalement d'opinion, a su passer outre le côté limite raciste du livre pour me dire que si ce qui est dit est vrai, alors il y a un réel problème d'insécurité en France.
Voilà pourquoi je voudrais que tu lise ce livre, juste pour lire les constats du bonhomme et mettre à la poubelle les thèses qui s'ensuivent. (il est dispo en pdf)
Et on a eu une discussion assez longue pour que je ne te considère pas comme une hippie bien brave.
TDS a écrit :Mais pour toi, le peuple est une bande de poivrots racistes et trop cons pour savoir ce qui est bon pour lui.
Non mais sérieux...
Je force volontairement le trait, mais ton paragraphe suivant me donne raison!
TDS a écrit :Je te citerai une phrase célèbre qui illustre bien ce que tu viens de me dire et tout le mépris que tu éprouves pour les CSP- : "Le peuple vote mal, changeons le peuple!"
Déjà, je ne sais pas ce que tu entends par CSP.
Ensuite, pour la citation, elle m'a fait beaucoup réfléchir. J'imagine que tu l'emploie comme une preuve de manque de respect du peuple ? Moi, vue comme ça, à brule pourpoint, cette phrase ne me choque pas. Le peuple vote mal. Déjà, définir "mal", la difficulté étant que le "mal" de l'un n'est pas forcément le "mal" d'un autre. Disons que "mal" signifie que le résultat du vote est nocif pour l'équilibre social. Alors pourquoi ne pas "changer" le peuple ? Dans le sens de "le faire évoluer" ? Qu'y a-t-il de choquant à vouloir l'éduquer, quoi, pour que la majorité des citoyens soient capables de faire des choix pas trop mauvais ?
Bon, alors du coup, j'ai cherché la citation, et il semble que c'est une dérivée d'un poème de B. Brecht, que voici :
J'avais pas lu le poème, j'avais juste entendu la citation et ça m'a fait marrer.
Pour qu'une politique soit légitime, il faut qu'elle soit décidée par le peuple. Si le peuple vote quelque chose, même si ça va à son encontre, alors c'est bien. Et avant que tu ne dise quoi que ce soit sur Hitler (vu que c'est l'argument qu'on me sort à chaque fois); si Hitler avait dit à ses concitoyens "Bon, bah on va cramer tous les youpins, les pd et les gitans en les torturant avant, et je vais entraîner l'Allemagne dans la guerre la plus atroce de son Histoire, qui est avec moi?!", je pense pas qu'il aurait été élu.
Bref, revenons au peuple; on peut essayer de le convaincre que nos opinions sont les bonnes, on peut essayer de lui faire comprendre certaines choses qui nous semblent logique pourraient être bonne pour lui, mais certainement pas l'éduquer.
Revenons au bien et au mal; je vais donner l'exemple des USA, c'est le pays dont je hais le plus le système social au monde. On en a déjà parlé, j'estime que le bien commun d'une société est bien plus important que les droits individuels. Aux Etats Unis, c'est l'inverse, ils estiment que la liberté individuelle est la chose la plus sacrée au monde et qu'on n'a pas le droit d'y toucher, quitte à ce que d'autres personnes en payent le prix.
Pour eux, le bien c'est ça, et le peuple est majoritairement d'accord. Donc on ne peut pas "éduquer" le peuple pour lui faire comprendre que ce qui est Bien. (en tous cas c'est mon opinion quoi).
Je trouve qu'estimer que le peuple a tort est synonyme de mépris.
Alors, effectivement ta citation simplifiée est fidèle à l'idée générale, mais c'est quand même méchamment sorti du contexte (à moins que tu ne compares la Vè république à l'URSS)! Je te conseille d'ailleurs vivement de lire du Brecht - si ce n'est pas déjà fait.
J'avais jamais entendu parlé de Brecht et je ne comparerai jamais l'URSS et la Vème vu qu'à mon avis, la Vème est le plus parfait des systèmes politiques existants quand il est appliqué (la monarchie démocratique, c'est bien)
Du coup, je reviens sur le commentaire plus haut, sur le peuple, bande d'inculte etc. Ben, franchement, moi la première, je suis inculte. Ca rejoint ce que je disais la dernière fois sur les médias, on est dans un monde de consommation, de paraitre, de futilités.... Je ne me place pas du tout au dessus du reste de la populace (ça me fait penser à ce très beau poème de V. Hugo "ceux qui vivent", qui m'avait tellement parlé quand j'avais 15 ans... et qu'avec le recul je manierais avec plus de pincettes... mais toujours beau), je sais bien que je suis aussi sensible aux multiples influences de la pub et de la pression sociale, qui me bombardent au quotidien autant que tout le monde... Ca me rend triste... J'ai eu la chance de découvrir tôt l'art, le patrimoine, des choses qui m'ont fait réfléchir... Qui m'ont constitué une sensibilité qui a fait que j'ai choisi un métier où j'ai l'impression de servir à quelque chose, sur le fond... c'est pas le fric que j'ai choisi. Ce qu'il y a, c'est qu'aujourd'hui, le fric c'est la seule valeur qui compte. Il faut bien vivre... J'aurai surement jamais une villa à St Tropez (et si j'ai pu choisir cette voix, c'est aussi parce que mes parents on fait du fric !),
Déjà, tu n'es pas inculte, et ensuite, on peut tout à fait être le mec le plus inculte du monde et penser que Victor Hugo est un footballeur tout en sachant ce qui est bon pour soi et ce qui va à l'encontre de nos valeurs (ce qui est d'ailleurs intéressant, c'est qu'il ne sait pas forcément l'expliquer, mais que l'instinct de la masse quand il est le même est souvent juste).
mais montrer à des jeunes de 8 à 15 ans qu'il y a d'autres choses dans la vie que les smartphones, ça me rend plus heureuse que mes possessions.
Je connais ton point de vue à ce sujet; tu penses qu'en proposant l'alternative à la délinquance, les jeunes plongeront dedans et abandonneront la délinquance parce que leur cerveau est stimulé par quelque chose de plus honnête (et stimulant forcément). Je suis en partie d'accord avec toi, mais c'est une logique de femme battue.
"Si on est gentil avec eux et qu'on leur propose autre chose, ils seront gentils avec nous", pour moi, c'est la même chose que "si je lui fait un bon repas ce soir, il ne me frappera pas et on sera heureux". Qu'ils se tournent vers quelque chose d'autre, c'est très bien, je suis pour rendre les activités culturelles extrascolaires obligatoires afin de sortir les jeunes de leur milieu d'origine (quel qu'il soit), mais il ne faut pas que ce soit un troc. Je sais bien que ça peut l'être, mais il faut avant toutes choses que les jeunes sachent qu'un comportement de racaille n'est pas acceptable dans notre pays. Il faut être fermes. Il faut remettre la figure du professeur en figure d'autorité, il faut que les parents éduquent leurs mômes (suppression des allocs durant un an par exemple quand délinquance (pas récidive hein, juste délinquance))... Proposer des alternatives, c'est très bien, mais il faut qu'on supprime la délinquance en parallèle.
Tout ça pour dire que non, je ne penses pas que les gens sont juste [...] animés de mauvaises intentions,
Si tu parles de monsieur tout le monde, alors on est d'accord, en revanche, si tu parles de la racaille, tu te trompes lourdement; tu aimerais qu'on te dise après que tu aies été victime d'une tournante "Mais ils n'étaient pas munis de mauvaises intentions, ils étaient juste paumés ces gosses!"?
(si tu ne voulais pas dire ça, alors oublie le passage précédent)
mais je pense qu'ils vivent dans un monde où c'est très difficile de dépasser le merchandising, et que, ben, il faut bien vivre.
Si tu parles de la racaille, alors je suis profondément choqué. "Oh les pauvres, ils ne peuvent pas s'acheter un iphone, il est bien normal qu'ils le volent!". Non non et non. Il n'y a aucune excuse au vol qui se sert pas à subsister à ses besoins; il faut les condamner fermement.
Ce qui me ramène à Taubira (la boucle sera bouclée !) : j'ai voté pour elle en 2002 parce que c'était la seule qui disait que le plus important c'était l'éducation.
L'éducation c'est très important, mais sans l'autorité, c'est inutile. On le verra avec les résultats sur la délinquance de la loi Taubira.
Après, forcément, c'est un investissement qui montre ses fruits sur le long terme : ça a des bénéfices qui ne sont ni pécuniers, ni immédiats, ça fait 2% et des poussières...
Non. Les gens n'ont pas voté pour elle parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec ses idées; pas parce qu'ils n'y voyaient pas le bénéfice immédiat; je réitère, les gens ne sont pas des idiots; ils savent pour quoi ils votent.
Moi je préfère me battre pour ça que pour que la police fasse peur.
Si la police n'inspire pas une crainte naturelle, elle ne sert à rien.
Je vais conclure en citant Zhatan sur un passage qui mérite d'être relu :
Zhatan a écrit :tu te trompes assez lourdement si tu crois que tu es un espèce d'esprit libre qui ne fait que regarder objectivement les faits et qui se décide dans le ciel sans nuage des idées.
Je dois vraiment avoir l'air prétentieux pour que tu me répètes ça.
Je passe à Zhatan
La police n'est pas menacée en tant que tel, ce n'est pas comme s'il y avait des endroits où elle ne peut pas pénétrer, c'est sa mission qui est menacée, parce qu'on lui demande de faire tout sauf ce qu'elle doit faire.
Ben si justement. Les policiers ont pour consigne de ne pas poursuivre des jeunes dans certaines zones. Concernant l'application directe du métier de policier, je n'en connais que des bribes et je suis loin d'être assez renseigné pour te répondre précisément. Par contre, je peux dire que souvent, elle fait ce qu'elle doit faire, c'est à dire arrêter les méchants, mais que juste derrière, les tribunaux ne suivent pas et les relâchent inlassablement dans la nature. Forcément, s'ils ne sont jamais punis (des TIG ou du sursis, ça ne sert à rien), ils font ce qu'ils veulent.
Pour Mucchielli, je le trouve intéressant parce qu'il relativise, ce que ne fait pas Obertone qui prétend que la violence a été multiplié par un chiffre invraisemblable en 20 ans.
C'est pas vrai; Obertone parle de la violence depuis les Apaches, donc depuis le début des années 1900. Il relativise et montre que la petite délinquance et l'insécurité ont explosés.
Mucchielli n'est pas très fort sur la violence locale, il est, en quelque sorte, trop généraliste, mais au moins ce qu'il dit est vrai.
Qu'entends-tu par là? Le bouquin de Obertone est hyper sourcé (il y en a à chaque fois qu'il cite un cas de violence, c'est à dire des milliers de fois dans le livre) et les instituts desquels il sort ses chiffres sont aussi cités.
Et le fait de souligner la différence entre "problème politique de l'insécurité", "insécurité perçue", et "insécurité réelle et avérée" permets de remettre les choses en contexte et de comprendre qu'en effet, une part de l'insécurité est due à un climat anxiogène, pas à une guerre des gangs en plein milieu des villes (sauf cas très particuliers mais qui se comptent sur les doigts de la main, la plupart des cités de villes moyennes voire grosse n'ont rien de territoire en guerre, du reste les plus grosses cités n'ont même pas la population d'une ville moyenne, donc tout ça serait très gérable si on s'en donnait les moyens, les vrais).
Pour moi, tu es à côté de la plaque (et forcément, c'est réciproque). Il n'y a pas un climat, il n'y a pas un sentiment. Il y a de l'insécurité. Mais forcément, bataille de chiffres, toi tu vas rester sur ta position et moi sur la mienne.
Concernant les guerres de gangs; c'est pas le problème; on s'en tape de ça. Ce qui est important, c'est que les bandes existent et qu'elles s'attaquent aux gens qui n'ont rien demandé et ce, en masse. Ce ne sont pas des territoires en guerre, c'est pire, on ne se méfie plus d'un gang bien localisé (et souvent externe au quartier), on se méfie du fils de son voisin, de tout le monde et n'importe qui. C'est la guerre de tous contre tous.
Bah ouais mais Obertone fait ça tout le temps : de l'anecdotique, du sordide.
Non, c'est pas vrai. Le premier cas est là pour attirer le chaland, le deuxième aussi (celui du bonhomme en chaise roulante), mais les milliers d'exemple cités prouvent le contraire. Un cas, c'est anecdotique, deux cas, c'est anecdotique, dix cas, c'est anecdotique, mille cas, c'est anecdotique? A quel moment on sort de l'anecdotique à ton avis? Au bout de combien de cas de violences faites aux personnes, de viols, de meurtres (mille par an pour rappel), on sort de l’anecdotique pour rentrer dans l'insécurité?
Concernant la réforme taubira, je vais pas épiloguer, tu connais mon opinion.
Je précise au passage qu'AUCUNE cité n'est majoritairement composée d'immigrés. Je crois que le plus c'est dans la Cité des 4000 et c'est 40%.
Tu parles de statistiques là, et forcément tes statistiques n'incluent pas les français de papier ("Oh mon Dieu, il a dit français de papier; raciste, xénophobe, populiste!"

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Je ne répondrai à rien du reste car là encore, on ne tombera pas d'accord et tu connais mon opinion. "Créer des tensions", ça n'existe pas. Quand on est honnête, on n'a pas peur de la police, au pire, on la craint, mais on n'en a pas peur. Et je refuse absolument toute justifications ou excuse du comportement de la racaille. Je me fous de leur condition sociale, de leur situation familiale, de leur privation, de leur pauvreté... S'ils ont une raison grave de leur trouble comportementaux (viols, sévices...), je veux bien l'entendre, pour le reste, RIEN ne justifie les violences faites à des innocents, et s'ils agissent mal, il faut qu'ils payent le prix. On ne tombera bien entendu jamais d'accord.
Quand à San, lis le livre.