Mad_Dog a écrit :En outre, l'insécurité n'a pas explosé, son bilan a ce niveau est bien meilleur que ce qui a été fait sous Jospin. Quant on prend les statistiques de l'Observatoire National de la Délinquance, catégorie par catégorie, quand on compare la période de 2002 à 2005 à celle de 1999 à 2002, ses résultats sont meilleurs (augmentation moindre, baisse plus forte ou baisse contre augmentation).
Personnellement, je ne me fie pas trop à ces chiffres, d'autant plus qu'on sait qu'ils ont été soumis à une loi du "quota" envers laquelle je m'oppose assez farouchement.
De plus, comme l'avait dit je ne sais plus qui dans une de ses chroniques, la politique "musclée" de Sarkozy à donné lieu au fait que les habitants des quartiers se sentent "ridiculisés" ou brimés par Sarkozy. Inutile de dire "des controles de papiers, j'en ai eu deux ou trois dans ma vie, c'est pas la mort", là bas, c'est quotidiennement qu'on leur demande des comptes.
Au final, je ne pense pas que c'est anodin, si le moindre petit truc de travers se transforme en émeutes énormes.
Sincèrement je ne vois pas en quoi se faire contrôler régulièrement pousse à cramer la voiture du voisin ou à dévaliser le magasin de chaussures d'à côté. Ce que tu appelles "quota", j'appelle ça "culture du résultat". Je ne crois pas que la police doive se contenter d'une vague obligations de moyens, en restant dans les bureaux à attendre que des plaintes soient déposées et traiter ça par de la paperasse.
Mad_Dog a écrit :
J'ai repris l'un des slogans de l'autre J-M Le Pen « La France tu l'aimes ou tu la quittes ».
Dont Le Pen n'est pas le créateur, on en a déjà parlé.
Oui, on en déjà parlé, ce à quoi j'ai retrouvé que c'était un slogan des militants américain pro-guerre du Vietnam qui demandaient à ceux qui manifestaient contre cette guerre de se tirer. Ce qui à mes yeux équivaut presque à Le Pen.
Pas aux miens, mais bon... J'ai déjà dit que je trouvais ce slogan absurde.
Mad_Dog a écrit :
Des situations de crise, il en a géré de nombreuses au ministère de l'Intérieur, ou même pour commencer lors de la prise d'otages à la maternelle de Neuilly.
Houlà, vaut mieux pas me parler de l'histoire de la maternelle de Neuilly, parce que c'est pour moi le concentré de tout ce qui fait Sarkozy un démago. (Faire quelque chose de très dangereux, mais que personne ne lui avait demandé de faire, se montrer devant les caméras, passer pour un "type bien", promettre et ne pas engager sa promesse, etc... )
Pour l'histoire de chez Ockrent, ce qui me fait dire qu'il se prend pour une starlette, c'est les mots qu'il avait :
"Personne n'est là pour m'accueillir. Toute cette direction. Il faut la virer. Je ne peux pas le faire maintenant. Mais ils ne perdent rien pour attendre. Ca ne va pas tarder." (Scène rapporté par le Canard Enchainé, le 21 mars.)
On a l'impression qu'il a la tête qui enfle tellement qu'il dit des choses comme s'il était déjà président ou déjà gagnant (louer Bercy entre les deux tours) ce qui, personnellement, augmente mon envie qu'il se ramasse.
Bigtouf l'a déjà dit pour moi : Royal loue Bercy le lendemain du jour où Sarkozy le fait. Mais ce ne sont que des options dans les deux cas bien sûr. J'imagine d'ailleurs que les deux autres qui s'y voient ont eux aussi prévus des trucs dans cette éventualité.
Pour Neuilly, je ne parlais pas du comportement "héroïque" (guillemets, hein) de Sarkozy, dont on a découvert les images que plusieurs années après, mais plutôt de la gestion politique de l'affaire, qu'il a géré en liaison avec Pasqua. Alors évidemment, Pasqua aussi on peut lui reprocher bien des trucs, mais la gestion de l'Airbus détourné est un autre cas d'affaire traité de façon exemplaire.
C'est dans la traque d'Yvan Colonna que je juge de son action, pas dans ce que peut en dire
"Ragots et Calembours", revue satirique paraissant le mercredi. Au passage, pour répondre à une question précédente, I Télé est vue comme étant plutôt de gauche.
Personnellement, je ne vais me contenter de contre-argumenter par mon point de vue, étant donné que je ne sais toujours pas pour qui je vais voter et que je fais parti de ces 20% d'indécis qui continuent toujours d'essayer de lire les programmes et bilans des divers candidats pendant leur temps libre ou de se forger une opinion.
Je préfère largement ce genre de discussions à "untel est dangereux", "untel est débile", même si on ne convaincra probablement pas l'un l'autre, je trouve ça plus respectueux !
- je souhaite voter pour un candidat qui était favorable au Traité Consitutionnel Européen
Moi pas. Comme 54,67 % de la population française.
Et rien que ça, créé une méfiance et une distance avec les politiques. Sur les 4 "grands" candidats succeptibles de gagner, le seul qui était contre, c'est Le Pen. Or, moi j'étais contre ce traité vu que je ne voulais pas qu'un texte possédant de nombreuses lacunes et articles douteux, devienne notre ("nous" les européens) constitution. Lui, était contre vu qu'il est contre l'Europe.
Bah on va pas refaire le débat de 2005, personnnellement je persiste à dire que c'était une bétise de rejeter ce texte. Actuellement l'Europe est au point mort, je trouve pas ça glorieux, et j'en veux pas mal aux personnalités politiques qui ont proné le non. Autant pour de Villiers, je peux comprendre, vu qu'il hait la construction européenne, mais de la part de quelqu'un comme Fabius, ça me reste en travers de la gorge.
- je suis favorable au service minimum dans les services publics
Quand tu entend "le service minimum" ça veut-il dire?
1) En cas de grève ou de problème on laisse un minimum de gens pour gérer le bazar.
2) Laisser un minimum de service public pour laisser la gestion du reste (hopitaux, école, etc...) au privé. (Auquel cas, je suis farouchement contre! Surtout après ma semaine en tant que patient dans un hopital public.)
Je pense au 1) : Peu m'importe que ce soit détenu par le public, mais si un service a vocation d'intérêt général, c'est bien pour qu'il soit assuré. Les effets des grêves dans les transports en commun sont assez épouvantables.
- je suis favorable à une approche ferme en matière de lutte contre la délinquance
Je suis pour une approche "humaine" des problèmes de sécurité intérieure. (voir plus haut...)
A noter une chose que je hais dans le discours de Sarkozy et que je ne vais pas m'empêcher de le dire en place publique, c'est sa façon de dire :
"Je suis contre les délinquants de la gare du nord, et ceux qui sont contre moi sont pour les voyous."
Cette façon de jouer au "gentil" contre les "méchants" destabilise complètement le débat. Il est évident qu'aucun candidat n'est pour le pillage d'un magasin de basket par des jeunes.
Ils sont simplement sceptiques sur la réaction des forces de l'ordre, et ça n'est pas être un voyou que de dire cela.
Le fait est qu'il est parfois surprenant d'être dans une culture de l'excuse de la délinquance, tout en accusant en même temps les policiers de mal faire leur travail. Voir plus haut aussi.
- je suis contre la systématicité de l'Etat providence
La aussi, je trouve que les termes du débat sont erronés. Personnellement, je touche des bourses de l'éducation nationale, et il est très probable, que ne trouvant pas d'emploi l'année prochaine et ayant 25 ans révolu, je touche le RMI. (300 euros par mois : des cacahouètes.) Je ne pense pas que ça fait de moi un "assisté" comme j'entend un peu partout, profitant d'un système "d'état providence" et je doute de sa "systématicité".
Les bourses sont un facteur positif contre l'inégalité des chances. Lorsque je parle de la systématicité de l'Etat providence, je pense au fait que lorsqu'on a un problème, on se tourne systématiquement vers l'Etat pour que deus ex machina il règle tout d'un coup de baguette magique. Parfois, ça en devient une vache à lait. Par exemple l'affaire de la grève au port de Marseille, qui n'a été possible que parce que GDF est une entreprise publique, donc les grévistes partaient du principe que GDF était soumis à leur volonté. Il y a aussi des administrations dont le mot d'ordre est "dépenser tout le budget à tous prix, ou sinon, l'année prochaine il y en aura moins". Tout cela n'est pas géré de la manière de la plus optimale.
- je suis pour des universités mieux financées et réformées
Mieux financé, qui ne le voudrait pas? Réformée... si c'est pour fermer les filiaires non "rentables" comme la literature, la philosophie, les arts, au profit de la science, ça sera sans moi aussi.
Il n'est pas question de fermer des filières, même si le bachelier doit savoir qu'il y aura moins de débouchés en sociologie qu'en science. La question c'est surtout l'autonomie des universités et leur mode de gestion qui est inadapté aujourd'hui (dans les instances dirigeantes).
- contre l'appauvrissement des services publics.
Je suis pour leur efficacité. Je ne sais pas si ça s'oppose.
- pour un changement des régimes de bourse scolaire (les classes moyennes ne les touche pas alors que les classes riches les touche.)
Ah oui ? Elles s'y prennent comment ?
- contre l'ouverture d'une nouvelle centrale nucléaire
Je suis favorable au nucléaire dans la mesure où c'est géré rigoureusement, car actuellement l'urgence c'est plutôt le CO2 émis dans l'atmosphère : les Allemands sont fiers de fermer leurs centrales nucléaires, mais leur production d'énergies renouvelables n'augmente pas suffisamment pour compenser, et doivent s'en remettre aux centrales thermiques au charbon et au pétrole. Tout bien peser, je préfère qu'on remplace les centrales thermiques en priorité plutôt que de se passer de nucléaire.
- pour une ouverture culturelle sur nos voisins européens
Ah ben je crois qu'on est tous pour.
Enfin mon but, en donnant ces prises de positions, c'était surtout de montrer qu'il y avait un raisonnement derrière un choix, qu'il ne faut pas diaboliser ou ne traiter que par la caricature. On peut être pour ou contre le TCE par exemple, dans le cadre d'une démocratie les deux possibilités seront respectées. Je ne te demande évidemment pas de voter Sarkozy ou d'avoir le même point de vue que moi, je souhaite juste que le débat ne se porte pas sur des caricatures ou des visions déconnectées de la réalité. Le chain mail ou bien le message précédent de Mr. D relèvent de cela je pense.