Je ne vais pas tout reprendre, c'est trop long et je ne suis pas d'accord avec la méthode utilisée, je vais donc plutôt partir de là.
Mise au point cependant qui ne me semble pas inutile.
D'une, ma culture économique va très bien elle te remercie.
De deux, je te prierai de laisser tes analyses psychologisantes de côté, je ne te dis pas que tu penses ceci ou cela parce que ton complexe d'Oedipe est mal résolu ou je ne sais quelle salade, c'est agaçant et même insultant par certains moments.
Et c'est moi l'alien ? Entre ça et le fait que tu trouves les "blagues" de Pacclerouge drôle... Beh putain.
Je ne t'ai pas traité d'alien il me semble, c'est justement le contraire. Quant aux blagues de Pacc, je ne vois pas d'où tu sors ça, il n'a notoirement pas d'humour ( :mrgreen ).
De trois : oui, j'estime qu'il y a des analyses qui ne sont pas pertinentes et qui sont fausses, ce n'est pas de l'arrogance, simplement j'estime qu'il y a des opinions soutenables (en bonne logique disons) d'autres non, il me semble en outre que je souligne les points qui me paraissent faire problème, c'est pas comme si je faisais un gros fuck. En gros un anti mariage homosexuel peut avoir des arguments cohérent, un type qui me dit que les Templiers avaient prévu le nazisme je lui ris au nez. Donc non, je n'ai pas tenté de la jouer plus soft : je considère que ton analyse ne tient pas du tout, du tout, du tout. Encore une bonne raison de ne pas psychologiser, les raisons que tu me prêtes ne sont pas les miennes.
Une fois cette mise au point opérée, je peux répondre, disons, "en bloc".
Pour faire simple je considère que tu as une vision téléologique de l'histoire. Téléologique parce que tu regardes l'histoire à partir de ses résultats et connaissant tous les résultats tu cherches un fil directeur tout au long de l'histoire qui serait censé aboutir, de façon nécessaire (c'est à dire obligée si vous voulez), forcément à ce qu'on a aujourd'hui. Or une bonne méthode historique serait de regarder ce qui se passe effectivement à l'époque et de s'en tenir là, pas d'imaginer que les gens ont des dons de prescience, ainsi pour comprendre pourquoi De Gaulle accorde le droit de vote des femmes on regarde les discours, on regarde la situation politique, on regarde les avis qu'avaient les gens sur le droit de vote des femmes à l'époque, on ne commence pas à se dire : tiens, 30 ans plus tard le divorce augmente et le libéralisme est maître, or le divorce c'est la continuité logique du droit de vote (je ne dis pas que tu dis ça, Waomet Frèch') donc c'est qu'on l'avait prévu. Les problèmes de ce genre de raisonnement sont innombrables : on remonte le fil de l'histoire au lieu de le dérouler, ce qui est de mauvaise méthode historique et qui conduit à dire de Locke qu'il est le premier utilitariste ou qu'il est partisan de la laïcité, à partir de liens que l'on ne voit que parce que des gens APRES Locke se sont inspirés de lui et pas l'inverse (comme si on disait que Robespierre s'inspirait de Marx quoi, d'où ma boutade chez Etienne). Deuxièmement cela consiste à faire des liens que les acteurs de l'époque ne ferait pas : quand Etienne me dit que la démocratie (je ne suis pas sûr qu'il l'ai dit, mea maxima culpa) c'est grosso merdo la même chose depuis le début de l'utilisation du mot, c'est tomber dans le nominalisme par exemple : on voit un mot, c'est le même, on fait des liens indus. Sauf qu'on serait plutôt dans une aristocratie pour un Athénien du Ve siècle avant JC.
Donc non, un député qui accorde le droit de divorcer dans les années 70's ne prévoit pas que ça aboutira à l'IVG.
Dernier problème, tu supposes une volonté consciente et organisée des acteurs qui iraient tous dans le même sens, et tu le fais parce que tu fais des groupes qui n'ont pas de réalité consistante à mon avis : non, les hommes n'ont pas accordé aux femmes le droit de travailler contre salaire, parce que ça ne veut simplement rien dire, il n'y a pas les hommes qui se sont concertés et qui ont accordé l'immense privilège à l'Assemblée des femmes de pouvoir gagner leur pain. Et non, ce n'est pas qu'une façon de parler, et non, ce n'est pas la même chose. Localement, des chefs d'entreprises ont fait travailler des femmes : parce que ça c'était déjà fait, parce qu'ils pouvaient les payer moins cher (?), parce qu'ils ont pu constater qu'elles faisaient bien l'affaire, parce que la société avait changé, parce que...
Voilà en gros, l'origine de ma critique. Il n'y a que quand tu rentres dans le détail que je peux être d'accord avec toi : par exemple sur l'indépendance économique permise par le travail des femmes. Mais quand tu fais des propos généraux sur le marketing, entre autre, je ne peux pas être d'accord. C'est ce que je reprochais à JFL l'autre fois sur une ou deux choses : le concept est tellement général qu'il en devient creux, disons que quand l'extension d'un concept augmente, ce qu'il explique diminue (extension/compréhension).
Bon, ça c'est fait.
Déjà qu'en encadrant le libéralisme c'est la galère économique au niveau mondiale, je ne vois pas comment ça pourrait être pour le mieux d'adopter un modèle de libéralisme souverain, ou alors va falloir qu'un gars qui le pense m'explique de quel façon ça pourrait être le cas. Zathan tiens, tu douter de ce que disait JFL, t'es pas chaud pour nous faire ta petite démonstration.
J'ai jamais dit que j'étais pour le libéralisme souverain.
C'est rare que tu fasses autre chose que contre dire les gens, c'est le cas de me prouver que t'es toi aussi capable d'avancer des trucs et de sortir un peu du confort de la simple contradiction
Non mais tu vois ça, typiquement, c'est "je psychologise les gens", je leur fais dire ce qu'ils ne disent pas et je plaque mon gros jugement de valeur sur ta gueule. Qui te dit que c'est confortable ? De mon point de vue c'est peut-être plus confortable d'être dans ta position, affirmer des trucs à la va-comme-je-te-pousse et ensuite laisser les gens se démerder avec. Ce n'est pas ce que je pense, mais si on veut tenter de trouver une origine psychologiste (un truc comme ça) à des discours on peut le faire, on peut s'envoyer des scud à la tronche.
Et je n'ai pas compris avec quoi je suis censé ne pas être d'accord. Je vais donc répondre à JFL directement, ça sera plus simple. Mais puisque tu voulais un avis et pas une simple contradiction, "pour voir comment ça fait", et bien tu peux regarder juste au-dessus, je viens de t'expliquer pourquoi je ne suis pas d'accord en des termes positifs.
Donc, JFL, qui fait un post court, ce pour quoi je l'admire. D'ailleurs, si tu me lis JFL : je ne cherche pas à te contredire ici (enfin si, quand même), je t'explique juste pourquoi je ne suis pas d'accord. La démarche est assez différente de celle que j'adopte avec Waweed : dans le cas de Waweed je pense qu'on ne peut simplement pas penser comme il le dit en bonne logique, même si ponctuellement je peux être d'accord avec une conclusion ou deux ; dans ton cas je pense qu'on a une vision des choses différentes (enfin après si tu veux te friter, on peut).
Pour faire simple, le libéralisme c'est l'idée que l'égoisme naturel de l'homme est le moyen le plus sur d'ériger une société idéale, et que le marché et le droit suffisent à établir un lien social entre les individus.
Bah à mon avis ce n'est pas l'égoïsme qui compte, c'est l'individu et sa parfaite liberté. John Rawls est un auteur libéral, il est l'auteur d'une Théorie de la Justice, livre le plus cité du XXe siècle (écrit il y a 30 ans) et il en arrive justement à la conclusion qu'on ne peut pas compter sur les égoïsmes. Je ne suis pas spécialiste mais je pense que l'on mélange souvent : libéralisme, utilitarisme, capitalisme et quelques autres alors qu'il y a des différences. Surtout, on prend l'acception péjorative comme la seule possible. Le libéralisme c'est simplement l'idée que la vertu cardinale est la liberté, mais ça ne signifie pas forcément le laissez-faire ou laissez-aller (en matière culturel, en matière économique ok peut-être, même si je fais sans doute des grosses généralités).
Ce que je cherche à faire comprendre, c'est qu'on ne peut pas se prétendre libéral en termes de moeurs (donc être pour le mariage homosexuel, le "progressisme" tel que le conçoit la gauche moderne) et lutter contre le libéralisme économique, tout comme d'ailleurs on ne peut pas comme certains droitards jouer aux conservateurs et être économiquement libéral. Il faut des LIMITES au libéralisme, sans quoi on se dirige à terme vers des cauchemars dystopiques à la Soleil Vert. Vous pouvez croire que je délire, mais il faut bien se rendre compte que la logique libérale en elle même n'a de limite que le refus de la coercition ("ma liberté s'arrète la ou commence celle des autres"
ce qui est très léger.
Je suis à la fois d'accord et pas d'accord. Que le libéralisme culturel puisse participer de l'expansion du libéralisme économique peut-être (encore que je ne vois pas bien comment) mais considérer que la tradition est le seul rempart (je caricature peut-être ta position). Pinochet il était assez traditionaliste dans les moeurs. Donc, de fait c'est possible d'être libéral économiquement mais pas dans les moeurs. Bien sûr le marché a besoin d'un espace de liberté où se développer, mais cet espace peut être strictement économique. Pas besoin d'une libéralité des biens de culte par exemple pour avoir à faire à du libéralisme économique il me semble.
Je pense que le libéralisme culturels pose des problèmes spécifiques (mais en fait il faudrait voir dans le détail) mais pas ceux que tu mentionnes : il n'est pas vrai que la famille se délite par exemple, c'est toujours une valeur centrale dans la vie des gens et l'explosion des formes familiales tend à montrer qu'au contraire on se démène pour faire famille quoi qu'il arrive ; en revanche il y a le problème des familles monoparentales ou des divorces. Je manque de données malheureusement mais j'ai tendance à penser qu'un divorce se passe d'autant mieux que l'intérêt de l'enfant est mis dans la balance, de ce point de vue ça peut très bien se passer, il est aussi possible qu'avant un certain âge cela fragilise grandement l'enfant, c'est possible. Cela pose problème principalement quand il ne reste plus qu'un parent ou que les ressources du couple sont faibles ou que... C'est de la spéculation j'en conviens.
Maintenant, j'ai l'impression que tu pointes du doigt l'individualisme et là je crois que ton constat est simplement faux : je ne crois pas que les gens fassent du lien social seulement avec du droit ou des relations marchandes (les IRL de ce forum, c'est assez ouf quand on y pense). Du reste, ce n'est pas parce que je paye ma boulangère pour ce qu'elle fait que je ne peux pas lui parler, être souriant... etc alors que rien ne m'oblige à le faire. Et en outre, la payer, c'est lui donner l'opportunité de ne pas être sous ma dépendance, économique pour le coup. Et je ne crois pas non plus que l'égoïsme soit une valeur cardinale.