Zhatan wrote:Sauf que la justice n'a pas pour but de satisfaire les soifs de sang des familles, fussent-elles des victimes, peine de mort ou pas. On juge le préjudice, point, on juge l'acte, pas la personne, l'individu n'est pas jugé sur la grande balance des âmes, ce sont ses actes qui le sont. Je ne tiens pas à avoir comme au USA 1% de la population active masculine enfermée dans des pénitenciers parce qu'on s'imagine que la répression est La solution.
Si en droit pénal on juge des personnes ... enfin le juge prend en considération la personne humaine, par exemple en matière d'irresponsabilité ou de circonstance atténuante (je ne suis pas sur de moi sur ce dernier point à vérifier) et puis il y a le fameux critére de l'intention qui est un critére lui aussi subjectif.
Le juge prend même en considération la victime (circonstance aggravante en cas de crime raciste par exemple) ce qui laisse apparaitre une certaine hiérarchie dans les crimes, hiérarchie basée sur des critères subjectif.
Enfin bref le droit comporte de nombreuses éxeption histoire d'éviter l'automatisation des peines sans compter les pressions médiatique dans certains cas qui peuvent influencer grandement les jugements des magistrats (Outreau par exemple)
Oui, je savais que j'aurais dû faire une parenthèse : on juge toujours un acte et on prend en considération le contexte. Mais on n'entendra jamais un juge dire : vous êtes mauvais et c'est pourquoi nous vous condamnons, même il ne dira jamais : vous êtes un meurtrier. Il dira que l'accusé a commis un meurtre, voilà.
Quant à l'interdiction du meurtre, quelqu'un a cité Freud (c'est pas Totem et Tabou plutôt ?), disons qu'en raisonnant logiquement autoriser le meurtre c'est autoriser la destruction de la société, toute société viable ne peut l'autoriser (sauf dans des circonstances spéciales : duel, mise à mort... etc.) mais ça ne saurait jamais être la règle. C'est une question de logique, si une telle société a existé elle a fatalement (eheh...) disparue. Mais comme le dit Lévy-Strauss pour la prohibition de l'inceste : l'interdiction du meurtre est une règle pure, les hommes l'investissent ensuite de tout un tas de dérogations, normes, règles, précisions... etc (on pourra allègrement tuer l'infidèle, on pourra joyeusement saccager les champs et les femmes du peuple à côté... etc).
Le point saillant à mon avis est celui ci : la peine ne doit pas avoir pour but la souffrance de l'accusé, simplement parce qu'il devient alors impossible d'infliger la même peine à tout le monde (dans des circonstances équivalentes... etc). Idem pour la vengeance : si la famille avait le choix de tuer son bourreau alors il y a des bourreaux qui s'en sortirait, d'autres non, ça serait injuste.
A part ça, je pense que je vais en... déranger certains et je ne suis pas moi même sûr de mon argumentation (d'autant que je n'ai pas eu le temps de l'approfondir, c'est un raisonnement en partant de rien), mais bon voilà : tout comportement déviant est par définition un échec de la société (on l'appelle déviant parce qu'il contrevient aux normes établies, donc par définition c'est que la société n'a pas réussi à l'ancrer), chaque crime est donc pour partie de la responsabilité de la société et notamment les plus graves (il faut avoir eu un sacré problème de socialisation pour tuer quelqu'un de sang froid) : mauvais suivi, pauvreté, inégalité, promotion de certaines valeurs sans laisser la possibilité aux individus de les poursuivre (anomie selon Merton), délaissement, mauvais accompagnement des marginaux... que sais-je encore ? A partir de là je prends le problème à l'envers et considère que c'est la société qui répare son erreur, c'est pourquoi je suis contre à la fois la peine de mort et contre la prison à perpétuité (je trouve que mettre 264 ans de prison à quelqu'un a un sens, à perpétuité non, même si ça revient au même) parce que dans les deux cas on ne peut pas réparer. La peine n'a de sens que si elle sert à ce qu'un tel crime ne se reproduise pas, on devrait aborder chaque procès avec l'idée que ça ne doit plus se reproduire. On me dira : mettons X à tout le monde alors, le temps de réinsérer. Effectivement je serais un peu coincé, disons qu'il faut plus de temps pour réparer certains comportements que d'autres. Mais bon augmenter la durée des peines ne fait pas diminuer les crimes on le voit bien, je ne connais pas grand monde qui donnerait dix ans de sa vie pour tuer quelqu'un, au moins dans nos sociétés.
Dans ce cadre évidemment on ne va pas demander l'avis aux victimes pour la peine.
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : je ne dis pas que les individus n'ont pas de responsabilité, et c'est pourquoi il peut y avoir des circonstances aggravantes ou atténuantes, mais il ne faut pas penser que les gens tuent de sang froid comme ça, il y a toujours des raisons, folie, manque d'éducation, éducation à la corse (on me pardonnera l'exemple)... etc. Idem pour les violeurs, kidnappeurs... etc. Ce qui m'inquiète ce n'est pas que des fous circulent ce qui m'inquiète c'est qu'on n'ait rien fait pour qu'ils ne soient plus fous. De plus c'est un raisonnement limite, je ne dis pas qu'il est forcément réaliste.
Là où je suis d'accord avec moreeg, c'est que les prisons, c'est pas le club med, faudrait voir à pas abuser. Quand j'entends des gens se plaindre de la vie en prison, j'ai envie de dire : "Mais à quoi ça sert, si la vie est belle en prison ?"
C'est n'importe quoi, certaines personnes honnêtes ont une qualité de vie bien pire que certaines personnes qui ont tué, violé, ou fait des trucs horribles, je trouve pas ça normal.
Alors, la peine de mort, pas forcément non, mais améliorer les conditions de vie en prison ( bon pour les maladies et l'hygiène, encore, je veux bien, mais télé, console de jeu, tout confort, non ), je trouve ça d'un idiot.
Regarde les taux de suicide dans les prisons...
Et puis tu as raison, il faut niveler par le bas

Préoccupons-nous plutôt de relever le niveau de vie de ceux qui en ont un très faible plutôt que rajouter de l'horreur aux prisons françaises (régulièrement condamnées pour leur insalubrité, surpopulation et j'en passe...). D'autant que je ne suis pas sûr que mettre tout le monde au pain sec, à l'eau, et au papier peint caca d'oie ça les fasse beaucoup se réinsérer. Si c'est pour qu'ils recommencent en sortant je ne vois pas bien l'intérêt de la prison effectivement.