En recherchant un peu plus sérieusement, j'ai trouvé que grosso modo, "shichibukai" (???) signifie "sept guerriers des mers", donc oui, bonne adaptation (Oui, je suis lent, mais quand on me met sur ce topic que cela veut dire "le groupe des sept", je suis désolé si je ne voyais pas trop le rapport avec corsaire.) Mais je continue de préférer le terme "shichibukai", car pour moi, un titre est un titre. Surtout s'il est inventé.
Par contre, Monkey D, faudrait voir à ne pas déformer mes propos. J'ai dit que "capitaine corsaire" ne m'évoquait rien en terme de puissance ou de classe. Je sais ce que sont les capitaines corsaires, mais au-delà de ça, qu'un mec fasse partie d'un groupe de capitaine corsaires, cela ne m'impressionne pas particulièrement. À moins que ce ne soit la juxtaposition du terme "puissant" devant qui est sensé rendre la révélation impressionnante? Comme je n'arrive pas à bien expliquer l'effet de ce mot sur moi, je vais utiliser un exemple très très très exagéré, mais c'est ce que j'ai sur la main (donc ne criez pas au scandale): le "Satan Super Mega Ultra Special Punch". Bref, c'est le truc qui ne m'impressionne justement pas, parce que ça fait superlatif, cela me donne juste un léger sourire...
Pour yonkou, je préférerais en tout cas qu'il ne soit pas traduit par "empereur", parce qu'un empereur est pour moi au-dessus d'un roi. Donc, après le roi des pirates ferait pâle figure comme titre, par rapport à empereur. À moins que cela ne donne la même impression en japonais?
Pour Mugiwara, je trouve cela plus beau que "les Chapeaux de paille"... Et c'est un nom propre, tout comme les surnoms, d'ailleurs (bien que j'aie admis qu'il est justifié de traduire un surnom).
Bon, j'hésitais à mettre ça. Mais lira qui lira.
Je vais résumer mon point de vue:
Voici ce que je pense qu'il ne faudrait pas traduire dans une oeuvre:
- Les noms propres (personnages, lieux, techniques, ...) (exception: surnoms)
- Les concepts et objets inventés par l'auteur
- Les concepts et objets n'ayant pas d'équivalent en français
Exception: Les éventuels jeux de mots dans les noms propres et les concepts/objets inventés quand ces jeux de mots sont centrals dans une oeuvre avant tout humoristique et qu'elle se base en grande partie sur ces jeux de mots.
Par contre, quand il s'agit simplement d'une allusion, c'est une question de choix. Personnellement, une simple note me suffit. Généralement, cela ne casse pas l'effet de surprise. Et de plus, j'aime bien lire les notes, j'y apprends toujours quelque chose. Par contre, j'ai conscience que ce n'est pas le cas de tout le monde.
Il y a aussi des cas particuliers, comme N°18 dans Dragonball. On ne va pas l'appeler Jûhachigô. Car son nom est un numéro, un code. À ce titre, ce n'est pas vraiment un nom. Je le traîterais donc comme un surnom.
Je sais que c'est totalement arbitraire, mais j'ai quand même l'impression que les autres choix sont tout aussi arbitraires. D'un côté, il y a la volonté de transmettre de façon directement compréhensible l'idée que l'auteur voulait originellement transmettre au lecteur, et d'un autre, celle de ne pas dénaturer ce qu'il a créé et de coller le plus possible à l'original. Les deux se combinent (du moins, quand on est un bon traducteur), mais cela impose des choix d'adaptations et de non-adaptation. Et là, chacun choisira ses propres frontières entre ce qu'il faut adapter et ce qu'il ne faut pas adapter. On pourrait par exemple aussi décider d'adapter "Nami", après tout ce nom parle aux lecteurs japonais et il n'a pas été choisi au hasard (une navigatrice qui s'appelle "vague"

. Sans aller jusqu'au caricatural et la nommer "Vague" en français, elle aurait pu être appelée "Ondine" ou "Océane" qui retranscrivent la même idée. "Kuma" aurait aussi pu être adapté pour évoquer l'ours. Mais il y a eu le choix que les noms propres soient conservés. (Sauf "Pipo" et "Roi Dutir". (Pour ma part une simple note m'aurait suffi.) Mais pourquoi "Sandy"?)
Objectivement, je ne vois pas de raison de disqualifier un choix plus qu'un autre. C'est juste une question de goût. Tant qu'on ne tombe pas dans le non-sens, comme "Sangoku" pour "Son Gokû", alors que "Sangoku" ne veut rien dire et ne retranscrit rien! Ou tomber dans l'excès du "traductionnisme" comme dire Rouge-Gorge pour Robin. Ou dans l'excès inverse du "purisme", utiliser "ki" au lieu de le traduire par "arbre". Bref! Ma frontière de "traductionnisme" se trouve juste plus loin que la vôtre.
Pour ce qui est des cas qui nous intéressent ici:
"Nakama": à ne pas utiliser dans une traduction officielle. Pour le reste, j'ai déjà dit ce que j'en pensais, pareil pour "rokushiki".
Pour "Mugiwara" (nom de l'équipage), j'ai changé d'idée, puisqu'il vient du surnom (traduit) de Luffy autant garder "les Chapeaux de paille". Même si je continue de trouver "Mugiwara" plus sympa que "Chapeaux de paille" et que je le trouve valable pour l'utiliser dans les conversations.
Pour "shichibukai", déjà, comme je n'ai pas arrêté de le dire je ne trouve pas que "capitaines corsaires" soit une mauvaise adaptation, mais pour moi je continue de le préférer en original (d'ailleurs, il entre dans mes catégories de non-adaptation).
L'avantage de "capitaines corsaires" est que cela fait directement référence au monde pirate pour un lecteur français. (Par contre, je continue de ne pas trouver ce titre impressionnant en soi...)
L'avantage de "shichibukai" est que cela revête un côté plus intriguant que "capitaine corsaire" (non voulu par l'auteur) et que c'est l'original.
Enfin, pour "yonkou", je l'ai déjà dit, mais le problème avec une éventuelle traduction par "empereur", c'est que pour moi un empereur est au-dessus d'un roi (comme dans roi des pirates). Mais peut-être que je suis unique et/ou peut-être qu'au Japon "kou" est aussi au-dessus de "ô". Cela dit, maintenant que "shichibukai" a été traduit, cela me semble incohérent de garder "yonkou". Et je vois pas trop ce que l'on pourrait mettre à part "empereur"...
Pour ce qui est de l'utilisation de japanismes tels que "baka" ou "kawaii" dans la vie courante, et bien je les considère comme des mots tels que "cool", "ok" ou "feeling" (comme dans "j'ai fait ça au feeling"

, sauf qu'ils sont moins diffusés et ne sont pas officialisés (et ne le seront peut-être jamais). Ce qui veut dire qu'on ne les utilise que dans les rapports non-formels. On ne dit pas "cool" à son employeuse ni à son boulanger, donc, on ne dira pas "kawaii" non plus...
Sinon, même dans les rapports informels, il faut évidemment rester dans des doses homéopathiques. Quelqu'un qui débarque et me dit "Hello! How are you? Tu es un great friend de me. Je te love very beaucoup." Je laisserais passer une fois, deux fois, trois fois (oui, j'ai de la patience), mais à la quatrième je l'envois pêtre. Donc, pareil pour le japonais. (Et pour toute autre langue, bien sûr. Sauf que mon degré de compréhension va varier selon les langues. C'est sûr que quelqu'un qui me parle du franco-kazakh, je vais pas beaucoup le comprendre. lol )
Dans les oeuvres artistiques: ils ne sont JAMAIS utilisés dans une narration (pareil que "cool", quoi). Pour les dialogues, ça dépend de l'effet qu'on veut donner. Mais en gros, à moins de faire parler un "otaku" occidental, ces termes sont à proscrire. Même dans les cas où cela se passe au Japon, garder "kawaii" ou "baka" est ridicule, vu qu'en français ces mots ont tout de même une certaine connotation pour les "otaku" et seront incompris par les autres (la plupart, en tout cas), ce qui donc ajoute un effet qu'il n'y aurait pas au Japon et donc changerait le sens du dialogue. Bref! Faut rester cohérent avec ses personnages et le contexte.
Pour les "-chan", "-kun", etc., je l'ai déjà dit, on peut bien appeler ses proches comme on veut. Quant à l'employeuse et au boulanger, on ne les appelle pas "mister" ou "miss", alors pas de "-san" non plus, puisque contrairement au Japon, ici cela dénote une certaine familiarité.
Pour l'emploi dans les oeuvres, JAMAIS dans la narration, encore une fois. Pour les dialogues: Uniquement dans le cas des dialogues pour les "otaku" occidentaux et aussi si l'oeuvre se passe au Japon. Un peu comme on garde parfois les "lady", "lord" et autres "miss" dans les oeuvres se passant en Angleterre pour renforcer l'aspect british. Là, les "chan", "kun", "san", "sama", "pôn", etc. peuvent aussi renforcer l'aspect nihon.
Voilà! J'ai dit tout ce que j'avais à dire là-dessus. Il ne s'agit que de ma perception personnelle des choses.