Je n'ai jamais fait de clean ou de trad pour des mangas. Mais j'ai déjà fait des traductions de texte.
M'enfin il faut noter aussi que dans un manga il y a rarement (enfin je ne crois pas) des problèmes de figures de style ou ce genre de chose, c'est surtout du langage oral, donc peu soutenu et surtout c'est destiné à des forums, pas à la librairie, donc on peut se permettre des approximations je crois. Bref c'est sans doute moins difficile de traduire de semaine en semaine que de le faire pour un éditeur.
Entre-temps je suis tombé sur un article de Nabokov, alors je vous en livre un extrait :
" On peut discerner trois degrés de mal dans le monde étrange de la transmigration des mots. Le premier - et le plus bénin - comporte les erreurs évidentes dues à l'ignorance ou à un savoir égaré. Ce n'est que faiblesse humaine, et, à ce titre, la faute est excusable. L'étape suivante sur le chemin de l'ENfer est franchie par le traducteur qui saute délibérément des mots ou des passages qu'il ne prend pas la peine de chercher à comprendre - ou qui pourraient paraître obscurs ou obscènes à certains lecteurs auxquels il pense vaguement. Il accepte sans question le regard vide que lui offre son dictionnaire, ou privilégie les convenances au détriment de l'érudition : il accepte d'autant plus volontiers d'en savoir moins que l'auteur qu'il est prêt à penser qu'il en sait davantage. Le troisième degré de turpitude, le pire, est atteint lorsqu'un chef-d'œuvre est léché, toiletté, enjolivé abominablement pour répondre aux idées et aux préjugés d'un public déterminé. C'est un crime, passible du pilori que l'on infligeait aux plagiaires au temps des souliers à boucles."
Un exemple de Nabokov toujours : first night (première d'une pièce de théâtre) et public house (taverne) deviennent nuit de noces et maison de passe en russe...
Et puis parce qu'on a souvent le problème en passant du japonais au français (nakama ou crewmate ?

) : dans
Anna Karénine, Vronski demande à Anna ce qui ne va pas, et le traducteur pour ne pas choquer de chastes oreilles victoriennes (de l'époque victorienne) fait dire à Anna : "Je suis
bérémenna" ce qui signifie simplement "je suis enceinte". Ce qui est assez drôle.