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#204 038
Comme Twilight's Venture est au point mort pour le moment de mon côté (mais pour ceux que ça intéresse, même s'il ne doit plus en rester beaucoup, je n'ai pas abandonné cette histoire - j'ai même tout le cheminement jusqu'à la fin en tête - seulement, je n'ai vraiment plus le temps et la motivation pour m'y consacrer depuis un moment déjà), je vous propose (pour patienter et pour les autres) une autre histoire (déjà terminée) sur One Piece. Le tout est assez court (bien plus court que TV) et il n'y a aucun spoil. Voilà, bonne lecture. ^^
(Les chapitres n'auront pas de titre et auront tous plus ou moins la même taille que ce premier chapitre.)
Pour précision, cette histoire date d'il y a plus d'un an...
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Il était une fois dans le blanc royaume de Skypiea, un petit bateau qui se promenait sur les vaguelettes des nuages. Ce petit bateau venait d’en bas, disait-on, de tout là-bas, et il était monté au ciel par un phénomène étrange, et encore mystérieux. Alors que le petit équipage festoyait de joie, d’être arrivé enfin au port du bonheur, dans un bruit sourd, soudain, apparut une magnifique fée reluisante d’une splendide couleur presque transparente. Des milliers de pétales de fleurs ivoire, pareilles aux plus beaux des flocons de neige, dansèrent dans le ciel du ciel. Surpris, les yeux du petit équipage s’éclairèrent de féerie.
- T’es qui toi ? dit Luffy, bientôt.
- Un peu de respect pour cette sublime créature ! gronda Sandy.
- Je suis la Reine des Fées, répondit la Reine des Fées.
Et ils furent tous pris d’étonnement, plus encore qu’avant.
- Je me présente devant vous, poursuivit la Reine des Fées, parce que vous êtes montés au ciel, le domaine des Fées et des Sorcières.
Nul ne soufflait mot devant tant de prestance. Mais subitement et sans crier gare, le petit équipage commença à suffoquer, il était littéralement étouffé par je ne sais quel procédé divin.
- Vous manquez d’air parce que vous êtes au ciel, dit la Reine des Fées.
Et la Reine des Fées, qui flottait gracieusement dans les airs de l’air, ouvrit les bras. Alors une boule écarlate se déroba sous ses douces mains. La boule écarlate se sépara ensuite en sept morceaux distincts, lesquels se précipitèrent chacun vers un membre du petit équipage. Luffy et ses amis reprirent aussitôt des couleurs : ils pouvaient respirer à nouveau.
- Je vous ai fait don du souffle divin. Ainsi, vous pourrez séjourner parmi nous autres êtres éthérés.
- Merci… dit Nami.
- J’ai faim, dit Luffy.
La Reine des Fées, d’abord surprise, se dirigea avec diligence vers Luffy et d’une impulsion vive, elle lui donna un coup de poing.
- Eh ! s’exclama Pipo.
- Tu avais faim, jeune homme, alors je t’ai donné un pain.
- Merci, répondit Luffy.
- Ne me remercie pas, héros, c’est la providence qui vous envoie. Vous êtes les Elus des Cœurs. J’ai besoin de vous.
- Qu’est-ce que c’est que ce charabia ? s’interrogea Zorro.
Sandy s’énerva un peu de la réflexion de son ami aux cheveux verts. Mais déjà la Reine des Fées répondait :
- Brave garçon, quelle est ta motivation ?
- Je veux devenir le meilleur épéiste du monde.
- Beau rêve. Et toi ? dit la Reine des Fées à l’adresse de Sandy.
- Son but à lui c’est de devenir meilleur aux échecs, ricana Zorro.
- Quoi ?
Trop tard pour réagir, la Reine des Fées reprit en ces termes :
- Alors vous êtes les Elus des Cœurs. Voyez, j’ai un service à vous demander.
- Et pourquoi on accepterait ? demanda Pipo.
- Parce que vous êtes les Elus des Cœurs.
- N’exagérons rien, dit Sandy, certes, je suis un Elu des Cœurs (surtout le vôtre) mais eux, ce ne sont que des imbéciles sans valeur.
- Qu’est-ce que la valeur ? Ce qui est cher aux uns ne l’est pas aux autres.
- Et toc ! s’esclaffa Pipo.
- Vous êtes bien étrange… dit Robin, qui prenait la parole pour la première fois.
- Qu’est-ce que l’étrangeté ? Ce qui est étrange aux uns ne l’est pas aux autres.
- Bon, t’as quoi à nous demander ? s’enquit Luffy, qui ne comprenait rien à ce que disait la Reine des Fées.
- Soit. J’ai perdu mon bleu souvenir. J’ai besoin que vous me le retrouviez.
- Tu as perdu un souvenir ?
- En effet, mon bleu souvenir, répéta la Reine des Fées.
- Et pourquoi on devrait accepter ?
- Oï, oï, Luffy, c’était ma question ça !
- Parce que vous êtes les Elus des Cœurs.
- Mais encore ? demanda Luffy, perplexe.
- Je suis une vendeuse de souvenirs, mais j’ai perdu mon plus bel article. Ma réputation est en jeu. Il me faut mon bleu souvenir, absolument. Aussi, si vous y parvenez, je vous promets deux choses : un moyen de redescendre vers vos vertes contrées ainsi qu’un souvenir immortel.
- Ça marche, dit Luffy.
- Luffy ? dit Pipo.
- Luffy ? dit Nami.
- Luffy ? dirent tous les autres.
- … dit Robin enfin.
- Ouais ? répondit l’intéressé.
- Euh… rien, abdiquèrent ses amis, une pointe d’eau sur le crâne.
La Reine des Fées sourit affectueusement et dit :
- Vous êtes ici au pays des rêves, le monde possède autant d’axe d’interprétation qu’il y a d’individus différents. Voici une interprétation. Soyez sûrs que si vous retrouvez mon précieux bleu souvenir, vous ne le regretterez pas.
- J’ai rien compris mais tu as un indice ?
C’était Luffy qui venait de parler. Dans un tourbillon de fleurs dansantes, la Reine des Fées ferma ses yeux argentés et de ses ailes immenses, elle fit se découvrir un torrent de larmes. C’était joli.
- Je n’ai aucun indice. Mais en récompense de votre bravoure, voici déjà un cadeau : les larmes des merveilles. Elles ont le pouvoir de rendre la force vitale à ceux qu’elles touchent. Vous devez être fatigués de votre long voyage.
- Non, pas du tout mais merci quand même, dit Luffy.
- Et on a encore rien fait, intervint Zorro.
- Vous vous êtes engagés à retrouver mon bleu souvenir, ce n’est pas rien.
- Ah ouais.
- Elle t’a eu, se moqua Pipo.
- Ça va !
- Au fait, où est notre médecin de bord ?
C’était Robin. Elle cherchait des yeux Chopper. Et elle le trouva, gisant à terre dans le ciel, les sabots en croix.
- Il s’est évanoui devant la Reine des Fées, continua Robin.
- C’est un être fragile, répondit la Reine des Fées. Il retrouvera connaissance bien vite. Ne vous inquiétez pas.
Et dans le même bruit sourd qui avait précédé son entrée en scène, la Reine des Fées disparut comme par enchantement. Seule une trainée de fleurs pouvait témoigner de son passage. Le petit équipage sur son petit bateau était médusé. Il ne comprenait encore pas bien ce qu’il venait de se passer.
#204 042
Toujours bien, pas de faute d'orthographe, mais ou qu'il est Twiliiiiiiiiiiiiiiiiiight :cry: ( putain maintenant ce nom me rapelle le navet-phénomène Twilight du moment ><;).
Mais bon au moins cette histoire est finie, on pourra la lire jusqu'au bout malgré le sadisme d'EnOd qui aime bien laisser une histoire haletante en suspens, comme ça, paf.
#204 047
franchement, pas mal!!!
y'a pas de fautes et c'est déjà ça^^
après, l'histoire fait un peu bizarre parce que le cadre semble pas vraiment correspondre à Skypia. Le Skypia du manga était juste des nuages suffisamant solide pour qu'on puise marcher dessus... Ici, ça semble vraiment être le Paradis avec des fées, des sorcières, des êtres éthérée... Mais bon, Why not??
et si c'est finit, c'est déjà un bon point aussi, au moins on est sûr de pas être laissés en plan^^
#204 332
Niiiih! Entre Hamozus et moi, il reste des fidèles de "Twilight's Venture", grand maître EnOd vénéré!
J'aime bien le ton léger de cette fic! L'ambiance fait très "jeu vidéo", avec une quête! (D'ailleurs, ça me fait penser à la mini aventure d'Octo qui ressemblait aussi à un jeu vidéo...) Je me demande bien ce qu'ils vont faire... Ils n'ont pas la moindre indication. ^^'
#204 352
Merci beaucoup Hamozus, Bob D. Marley et RMR. ^^
Je suis super content de voir qu'il y a encore des gens qui pensent à TV. D'ailleurs, juste comme ça, j'ai commencé la rédaction du prochain chapitre ! Enfin ! ^^
En attendant, voici toujours la suite des Jours heureux, toujours aussi court, toujours aussi débile. ^^
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Le petit équipage du petit bateau resta là, juste comme ça, par pur caprice, durant un temps. Il n’avait rien compris. Mais il avait promis. Il c’était Luffy. Alors d’une promesse, il fallait en faire une action : en route pour dénicher le bleu souvenir. Consternés à premier abord, les membres du petit équipage descendirent bruyamment de leur petit bateau et se mirent sur le chemin. Le début du voyage sonnait déjà. Aucune piste. Rien. Pas grave, semblait nous dire Luffy. Ils marchèrent ainsi toute la sainte journée, sans pourquoi. Après tout, paumés qu’ils étaient, autant l’être plus encore. Ils c’était le petit équipage.
A l’orée d’une forêt dense et profonde, ils s’arrêtèrent. Nuit. Brumeux, beau temps. A leurs pieds, ils virent un phénomène étrange. Un homme rapiécé à la lueur des saisons terribles, barbu d’une barbe de cent ans, se tenait là, immobile, horizontalement vertical.
- Je suis le Roi Mendiant, dit le Roi Mendiant.
- Je suis Luffy, dit Luffy, le futur seigneur des pirates.
- Un saigneur des patates ?
- T’es marrant toi !
- En effet.
- Et c’est tout ?
- Non.
- Et alors quoi ?
- J’ai besoin que vous me rendiez un service.
- Encore ? Mais c’est la ville des services ici !
- C’est d’accord ?
- Tope-là !
Nami s’érigea gaiement, se faufila avec volupté jusqu’à son capitaine et lui asséna une manchette effroyable.
- … ? dit Nami.
Nami avait dit ça parce que Luffy était toujours debout. Alors elle recommença de plus belle. Alors Luffy s’envola dans le ciel du ciel et une bosse gigantesque décora sa tête.
- Ouf, j’ai cru un moment que ça ne marchait plus…
Puis elle ajouta, comme ça, à l’adresse du Roi Mendiant :
- On se calme ! Tout d’abord, quel est ce service que tu veux nous demander et pourquoi devrait-on accepter ?
- Parce que je suis le Roi Mendiant.
- On nous la déjà faite celle-là !
- OK. Parce que je suis le Roi Mendiant.
- Tu te moques de moi ?
- Oui.
- Au moins tu l’avoues.
Silence. Et elle explosa :
- Mais c’est que tu te moques de moi ?!
- Calmons-nous…
Crépuscule. Nuit toujours. Vent. Zéphyr même. Fine pluie. La pluie tombait dru maintenant. Beau temps était perdu.
- J’ai besoin que vous m’aidiez, reprit le Roi Mendiant, parce que je suis le Roi Mendiant. Autrement dit, je suis le souverain du royaume que vous foulez de vos pieds foulés. Mais indécrottable tête en l’air, j’ai perdu ma Clef d’Or, témoin de mon rang. Aujourd’hui je suis mendiant, n’ayant plus que néant.
- Et pourquoi doit-on vous aider, quelle en est la raison valable pour nous ?
- Si vous me ramenez ma Clef d’Or, je vous donnerais l’Ecu Pourpre.
- Et qu’est-ce que l’Ecu Pourpre ?
Il n’y avait que Nami et le Roi Mendiant qui parlaient. Les autres écoutaient. Chopper avait repris connaissance. Bref.
- C’est la relique qui permet d’ouvrir la porte des rêves et des souvenirs.
Un tour et son sang s’arrêta. Nami s’illumina. De la porte des rêves et des souvenirs, il ne semblait n’y avoir qu’un simple pas au bleu souvenir. La jolie rousse accepta sans coup férir. Content le Roi Mendiant. Et en attendant le sésame, il retourna dans son domaine d’alors : par terre dans le ciel. Et Luffy retomba du ciel par terre. Doux parallèle.
Le petit équipage même sans petit bateau reprit son périple. Il marcha dans la forêt dense et la traversa. Finalement, il n’y avait rien dans cette forêt dense, à part peut-être une forêt un peu moins dense. Exquise mise en abyme. Ils se retrouvèrent bientôt, fignolés dans leur perspective limitée, sur les rives lactées d’une rivière de nuage. Délicieuse rivière, qui coulait des jours heureux ; se souvenait-elle du temps où ses nuages fumaient encore ? Ils virent ancré un petit navire. Ils le prirent et se déportèrent sur l’eau des nuages, ballotant les cieux, leurs pieds touchant terre. Voilà là qu’ils virent une petite bâtisse. Trois fois rien, rien, isolée là en plein milieu des flots mielleux de la mer blanche. Pureté insondable. Il entra sans frapper. Alors, pour compenser, Nami frappa Luffy. Telle était leur rituel, identique toujours, sans fléchir jamais.
- Bienvenue.
C’était la voix d’une femme brillante. Non pas intelligente, peut-être, mais brillante car scintillante d’une fine lumière noire.
- Je suis la Sorcière Anthracite.
- Une Fée et maintenant une Sorcière… je rêve ! se confondit Chopper.
- Le rêve n’est que le travail d’une part du cerveau, il est donc réalité. En tant que médecin, tu devrais le savoir. Mais enfin, ce n’est pas un rêve, c’est une réalité rêvée.
- … ?
Ça, c’était Zorro, qui ne comprenait pas pourquoi tout le monde ici-bas, en haut, parlait comme personne là-bas, en bas. Enigme, mystère. Mais le mystère c’est pratique, c’était la pensée de Robin.
- Vous êtes à la recherche de la Clef d’Or, n’est-ce pas ?
- Tout à fait, répondit Robin.
Un éclair dans le timbre de la lampe. Une lumière de jais coula sur le visage de la Sorcière. Indélicate lumière. Oser révéler un si beau visage au su de tous.
- 19/20 ! s’écria Sandy, l’œil en cœur, lui en feu.
- Je vais vous dire, en ce cas, où la trouver la Clef d’Or, poursuivit Anthracite.
- Et pourquoi voulez-vous nous aider ? s’enquit Robin, méfiante.
Méfiance est mère de sûreté quand sûreté est induite par la méfiance, mais aussi par la confiance.
- Parce que j’en ai envie, éluda la Sorcière, malicieuse qu’elle était elle à cacher sa flamme noire qui la brûlait déjà.
- C’est une bonne raison, dit Zorro, tout sourire, comme après une blague pas drôle.
Anthracite, la gentille Sorcière très méchante, mais ça on ne le savait pas encore, découvrit avec grâce une gracieuse boule de cristal grâce à laquelle elle put lire le présent.
- Je vois… Je vois que la Clef d’Or se trouve sur les monts Célestes.
Pointant du doigt la sphère de l’avenir, pouvoir relaté des Dieux, Luffy et ses amis soufflèrent :
- Nous aussi !
- Bien. Vous savez ce que vous avez à faire.
- J’en fais mon affaire, s’exclama Luffy.
Courbette. Et ils sortirent en direction des monts Célestes. Les montagnes gelées, glacées dans la neige se soulevaient là-bas déjà : fort imposantes.
#204 392
Raymond Devos, sors du corps d'EnOd! Je plaisante! J'aime bien ce style, décidément. Un peu déconcertant, toujours amusant, l'histoire entrecoupant, la quête avançant, le prochain chapitre j'attends, impatiemment. ^^
#204 404
Le style est sympa c'est vrai, ça oscille entre l'humour, l'ironie, le caustique. Le narrateur a l'air de se moquer gentiment des personnages loufoques qu'il présente :). Les petites répétitions comme "Je suis le Roi mendiant, dit le Roi mendiant" me font cette impression notamment.
J'aime bien, en attendant d'avoir la suite ^^.
Et TV ! TV :banzai:
#204 626
Bon bah, merci à vous deux une fois de plus. :)
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Jour. La pluie avait laissé place au soleil. Jour. Beau temps donc. Soleil même, toujours. Les rayons absinthes des hauteurs vertigineux soufflaient leur lumière comme ça, encore. Le petit équipage, guidé par l’envie d’une Sorcière bizarre, marchait vers les monts Célestes, ces montagnes perchées tout là-bas, presque invisibles, presque cachées en trompe-l’œil par la blancheur des nuages se réfléchissant à celle de la neige. La neige au soleil, derrière les nuages bondissants, mouvants : divins nuages. Vingt nuages séparaient le petit équipage de leur destination. Bientôt, plus rien ne les en séparait plus. Ascension. Dure ascension. L’homme peut soudain descendre plus bas que terre, mais décrocher le ciel demeure un rêve inassouvi. Par monts et par vaux, ils arrivèrent sur les lieux, ceux indiqués par Anthracite.
- Et maintenant, où se trouve la Clef d’Or ? demanda Nami.
- On a vu qu’elle était enfermée dans un petit coffre, répondit Robin.
Burlesque. Une clef dans un coffre qui ne pouvait s’ouvrir que par une clef. Farce.
- J’ai trouvé le coffre, dit Pipo, revenant tout fier qu’il était lui à avoir trouvé le coffre en effet.
- On est bien avancé à présent d’avoir trouvé un coffre sans clef contenant une clef.
Ce jeu de mots, c’était l’œuvre de la rousse belle et charmante.
- Au moins, ça ne nous a pas fait reculer, crut bon de préciser Zorro, narquois.
- Parle pas comme ça à Nami-chérie, compris ?
Bagarre. Fumée de nuage. Nami prit en main le petit coffre et l’observa longuement, croisant et décroisant ses bras, comme ça, juste pour marquer un peu plus sa déconvenue.
- Sandy, j’ai besoin de quelqu’un d’intelligent qui pourrait m’aider à trouver une solution pour le coffre, dit-elle.
Œil en cœur, cœur en fête, Sandy ne se chamaillait dès lors plus avec Zorro. Il dit :
- Ah enfin Nami, tu reconnais ma valeur, je ne…
- Bon, tu ne connaitrais pas quelqu’un d’intelligent par hasard ?
Terrible Nami. Sandy pleura. Zorro se moqua. Nami se tourna vers Robin. La voilà l’être intelligent du lot, c’était bien elle la seule à comprendre elle la navigatrice. L’archéologue sourit et dit :
- J’ai regardé à l’intérieur du coffre, grâce à mes yeux factices et je crois qu’il s’agit d’une serrure à cran.
- Ce qui signifie ? demanda Nami, à cran, et curieuse tout à fait maintenant.
- Ce qui signifie que le coffre est ouvert.
- Tout vert ? Comme Marimo ? rit Sandy, provoquant Marimo justement.
- Tu peux parler, mon poussin, riposta déjà Marimo lui jamais à court d’idées.
Donc bagarre.
Et Nami, doucement, comme si la vitesse allait freiner l’ouverture de la caverne, tout doucement… Bref, cinq ans plus tard, le coffre était ouvert.
- Mais comment ? s’enquit Nami, décidément jamais contente.
- J’ai créé une main à l’intérieur du coffre et ainsi, j’ai pu soulever le cran de sécurité, expliqua Robin, désintéressée mais quand même contente pour ses amis d’avoir pu servir.
Avenante. Le petit coffre était à présent ouvert, par conséquent. La Clef d’Or était là. Elle resplendissait comme un joyau, c’était un joyau même comme elle était faite d’or. Or, la voici déjà prise entre les mains élégantes de la navigatrice. Somptueuse clef : droite, dorée, arrondie, majestueuse.
- OK, allons apporter cette clef au Roi Mendiant, s’exclama Luffy, heureux de vivre.
Et ils reprirent leur route. Dévalant les monts Célestes. Dévalant plus vite qu’ils y étaient montés. Mais rien de plus normal en somme, la descente aux enfers est toujours plus rapide que la montée au paradis.
Troisième déjà. Jour. Le temps était nuageux. Je me demande encore : et si les nuages sous les pieds du petit équipage se changeaient avec brusquerie en eau ? Métaphysique question. Nulle réponse. Pas grave. Jour, plus tard, un peu plus tard. Ils arrivèrent à nouveau à l’orée de la forêt. Verticalement horizontal à présent, le Roi Mendiant se redressa :
- Avez-vous obtenu ma Clef d’Or ?
- La voici, répondit Luffy, tendant la clef de son bras élastique.
Le vieil homme la prit avidement dans ses paluches et la scruta de ses yeux de faucon. Après quoi, grand sourire se fit sur son visage blême. Métamorphosé son visage : le visage d’un Roi, celui avec un grand « R ».
- De Roi déchu et déçu, je suis passé à Roi des cieux. Merci jeunes phénomènes. Vous êtes la providence même. Tenez, l’Ecu Pourpre.
Un disque teinté de beauté s’échangea de main à main. Le capitaine du petit équipage pouvait y voir un symbole onirique, indescriptible donc non décrit, et une fine parure écarlate enfin. C’était plutôt réussi ce disque nommé « Ecu Pourpre ». C’était pas mal adorable.
- Où se trouve la porte des rêves et des souvenirs ? quémanda Nami, ne voulant lâcher aucun lest.
- Point n’en faut pour le savoir. Mais je ne le sais toutefois pas.
- Alors vous nous avez menti, elle n’existe pas cette porte, n’est-ce pas ?
- Sachez, jeune furibonde demoiselle, qu’un Roi ne ment jamais. La confiance est mère de sûreté.
- Bon, on va y aller.
Sous la directive de Luffy, le petit équipage s’en vint. Trônaient autour d’eux cent vingt nuages. Alentour, rien que l’immensité immaculée. Puis, ensuite, dans un sourd bruit empreint de brutalité, lancinant même le bruit, le vide s’effaça devant une femme sombre. C’était elle la Sorcière Anthracite. D’un revers de la main, tapant son sceptre noir par terre, sur les nuages du ciel, Luffy s’écroula.
- Te voilà comprimé, jeune homme fougueux.
Elle marcha, se déambulant comme ça, princesse vêtue de soie, vers sa proie. Tâtant des effluves parfumés, elle se dressa en déesse vivante devant Luffy, voué à la mort. Et elle en extirpa l’Ecu Pourpre de ses doigts resserrés. Levant le précieux au ciel du ciel, elle s’écria, nauséeuse :
- Grâce enfin au dernier ingrédient, l’Ecu Pourpre, je vais pouvoir préparer ma finale potion : l’Elixir de la Primauté ! Titania, à présent, tu ne peux plus rien contre moi !
Un rire tonitruant poussa ses lamentations dans l’air de l’air. Et s’évanouit dans rien, ainsi qu’Anthracite.
#205 289
Nuit. Voile tenace du jour qui se levait sur la nuit. Beau temps. Pluie. Devant la présente, le petit équipage avait décidé non sans peine de retourner visiter la Reine des Fées. Alors il marcha, ténébreux, sous le clair obscur de la lune sombre. Etincelants. Les effets d’ombre et de lumière qui frappaient comme ça les nuages dépourvus de sentiments, c’était mignon. Cents pas de marchés. Rien encore. Sans doute. Mais subitement, sous une colonne de fleurs lactées, épanouies par la magie d’une magicienne, de la Reine des Fées, elle apparut devant quantité de visages brillant d’une myriade d’étoiles sans fin.
- Braves héros, providence des élus. Elus des Cœurs. Ne m’avez-vous appelée ?
- Ouais, dit Luffy, irrespectueux lui comme toujours.
- Une méchante Sorcière, Anthracite qu’elle s’appelle, nous a volé l’Ecu Pourpre, censé ouvrir la porte des rêves et des souvenirs ! s’écria Pipo.
- Je vois.
- T’as les yeux fermés, observa Luffy.
- Je vois, redit la Reine des Fées, ouvrant ses beaux yeux magnifiques.
- Là, OK…
- Je vais le tuer ce débile ! hurla Nami.
- Nami-chérie, ce que tu es jolie à t’énerver !
Sandy, main dans la main avec lui-même, mains posées en cascade près de son visage, venait de parler. Alors Zorro de répliquer :
- Tu comptes nous la sortir encore combien de fois celle-là ?
- Et toi, tu comptes dormir encore combien de fois ?
- Autant de fois qu’il y aura de nuit.
- Alors je ressortirai ça autant de fois qu’il y aura de jour.
- Et vous, vous allez vous calmer autant de fois qu’il y aura de moi.
Nami s’était avancée et elle avait parlé. Nami admirable. Et les deux amis ennemis ne se disputaient déjà plus : impossible. Dans le plâtre, on ne se dispute pas, on se laisse seulement porter par des flots de mots doux, incrustés qu’ils étaient eux dans le plâtre même.
- Ne nous regardez pas comme ça du coin des yeux, dit Nami à l’adresse de la Reine des Fées comme elle les regardait elle du coin des yeux.
- L’œil n’a pas de coin.
- C’est juste, désolée.
- Ne te désole pas. Bien, héros. Je vais vous le dire. L’Ecu Pourpre est la clef de voûte de cette affaire. Retrouvez-le, récupérez-le des mains de la Sorcière et votre périple s’achèvera en ce point.
- Et c’est aussi simple que cela ? demanda Robin, elle toujours méfiante.
- Non.
- Je me disais aussi.
- La Sorcière protège son espace vital par un Kekkai. Je vais vous donner le Sceptre de Jade. Le Sceptre de Jade vous permettra de lever le Kekkai. Mais il y a une condition.
- Laquelle ?
C’était Zorro, tout sourire encore, jamais content quand point de difficulté.
- Une énigme. Héros de la providence, vous devez me prouver que vous méritez de porter le Sceptre de Jade. Une question : je suis d’un bout à l’autre de l’éternité, qui suis-je ?
- Euh… marmonna Luffy, par dépit, rien compris.
- Exact. La réponse était bien la lettre « E ». Tenez, voici le Sceptre de Jade.
- Je rêve… souffla Nami qui rêvait, manifestement.
- Qu’est-ce que le rêve ? Ce qui est rêve aux uns ne l’est pas aux autres.
La Reine des Fées, après avoir figé ces mots dans l’air de l’air, déroba du vide empli de vide un sceptre, joli et entaché de merveilles. Le Sceptre de Jade était long, droit, courbé par endroits, toujours somptueux. Or, argent et émeraude. Nulle futilité.
Naviguant de main à main, il atterrit dans les mains de Luffy : atterrissage de velours. Le sceptre n’était pas bien lourd mais encore était-il fort léger. Tant de légèreté même.
- Bonne chance, Elus des Cœurs.
Fleurs et dentelles. Envolée. Alors le petit équipage se remit en route, encore. Marchant de pas lourds et légers, avalant les nuages de leurs pieds. Humains qui trouvèrent grâce au ciel, venant de la mer de la terre, d’en bas, dans les profondeurs. Cent huit minutes d’une marche silencieuse de paroles et bruyante de cris passèrent. Ils étaient revenus là enfin, sur les rives de la rivière de nuages. Ils la traversèrent la rivière, à pieds cette fois, pour gagner du temps eux qu’ils voulaient. Après tout, marcher sur les nuages et naviguer sur une rivière de nuages ? Absurde. En proie à de vives réactions vivaces d’excitation, Luffy brandit comme ça le Sceptre de Jade. A l’entrée de la petite bâtisse, le petit équipage brisa donc le Kekkai. Ils entrèrent sans frapper, encore. Effet de surprise oblige.
- Ah ! Tu entres dans mon antre, comment oses-tu ? tonna Anthracite.
- Rends-nous l’Ecu Propre ! Ou je te tue ! s’exclama Luffy.
- L’Ecu Pourpre, corrigea Pipo.
- C’est pareil !
- C’est trop tard, répondit la Sorcière, sourire ombreux aux lèvres, lèvres au soleil.
- Qu’en avez-vous fait ? demanda Nami.
- Je l’ai utilisé comme ingrédient à ma finale potion : l’Elixir de la Primauté !
Anthracite leva son bras dans le ciel du ciel et montra comme ça une fiole jaugée de toute splendeur. Une fiole rouge qu’elle était. Et elle lampa la liqueur exquise. Trop tard pour tout, tout était dit.
- J’ai maintenant acquis les pouvoirs de la compassion ! s’écria la Sorcière. Ma potion avait pour dessein de simuler un Fruit du Démon, celui que j’aspirais à faire mien.
- Qu’est-ce que le pouvoir de la compassion ? s’enquit Chopper.
- Ceci !
Anthracite toucha toute l’assistance dans un geste ample de limpidité. Tout le monde sauf Luffy. Alors tout le monde sauf Luffy se mit à virevolter de droite à gauche. Il tanguait tout le monde. Ainsi, tout le monde attaqua Luffy.
- C’est quoi ça ?
- Le puissant pouvoir de la compassion, répondit Anthracite. Grâce à cet artefact, tes compagnons éprouvent en ce moment même une très violente compassion à mon égard. Alors ils souhaitent mon bien. Comprends-tu ? Ils veulent ta perte !
- Tu dis n’importe quoi !
- Vois par toi-même, singe insignifiant…
Et il le vit par lui-même le singe insignifiant. Epouvantable. Son second, Zorro, son ami… d’un circulaire mouvement, Zorro fendit l’air et Luffy. Le capitaine du petit équipage tomba à genoux. Dans la nuit, brumeuse nuit à présent, s’éteignit une exhortation à la douleur.
Nuit profonde. Dehors nuage et neige se confondaient déjà en un orbe diffus. Quatrième. Toujours je me dis : non matériel est seule voie de vivre. Or dans le ciel, pas de terre-à-terre, jamais. Esprit faible, disparaissez ! Dans l’antre maléfique, entre Sorcière et pirate : centre de conflit. Le capitaine du petit équipage était par terre, il se roulait.
- Tu m’as roulé ! s’écria lui surpris.
- Qu’attendais-tu ?
Anthracite se tenait là, inflexible qu’elle était à contempler son adversaire comme ça, sans raison. Soudainement, soulevant ciel et terre, elle se déporta. Brume de cendre. Poussière. Devant Luffy, la Sorcière. Soubresaut. Alors d’une étincelle, le petit garçon élastique attrapa, virtuose, le Sceptre de Jade. Eclat, étincelle encore ; pause. Reprise puis changement. En fait de Sceptre de Jade, à présent, il était bien davantage étoile à cinq branches : mystère. La Sorcière, d’une impulsion impulsive, voulut porter l’estocade finale à Luffy. Mais une parade s’en vint. Etoile, puis sifflement. A n’y rien comprendre, Anthracite disparut, emportant avec elle les décombres du combat. Terminé tout. Retour : fin donc.
Ainsi, dans une onde pure, simple joyau des temps anciens, devant mille rayons de fleurs rêveuses, la Reine des Fées refit surface : esprit toujours, nanti jamais. Emerveillés tout qu’ils étaient, eux revenus des Enfers, lui, chapeau de paille vissé sur la tête en képi adorable, enfin ils écoutèrent :
- Félicitations, héros de la providence, dit la Reine des Fées. Mon nom est Titania, j’avais prédit voilà des siècles votre arrivée en ces bas lieux reculés du monde. Je vous ai nommé Elus des Cœurs. Raison m’en a donné. Anthracite est vaincue, mais sais-tu comment ?
- Nan, répondit Luffy.
- Et pourtant, seule simplicité est de mise. La Sorcière possédait le pouvoir de la compassion, certes. Mais toi, héros, tu possédais le Sceptre de Jade… Autrement dit, le Mirror Dial. Son pouvoir est le mien : la réflexion de toute chose. Le Kekkai n’avait été brisé que par opposition produite d’un second Kekkai, identique en tous points. En absorbant les émanations de la compassion outrageuse d’Anthracite, le Sceptre de Jade les lui a restituées tout entières. Alors elle s’est perdue dans ses propres méandres, elle-même. Eperdue de compassion pour ta personne, héros, elle s’est enfermée dans la Sphère de Conditionnement afin d’induire ton bien. L’attendent mille ans de déboires. Que le mal manipule le bien avant d’être achevé par ce bien même : remarquable.
- Mais nous avons échoué : l’Ecu Pourpre est perdu, dit Nami, chagrinée de la tête aux pieds.
- Nul besoin de l’Ecu Pourpre, héros. Depuis le commencement, mon but a toujours été unique. Objectif primaire de la destruction. Celle de la clef menant à la porte des rêves et des souvenirs…
- Mais… qu’en est-il du bleu souvenir que vous nous aviez demandé ? demanda Robin, intriguée maintenant.
- Seul compte la vraie valeur : le bleu souvenir existe, il est vrai. Néanmoins, il n’a été que prétexte à tâche. Votre mission était l’obstruction de la porte des rêves et des souvenirs, ni plus ni moins que cette peine.
- Et pourquoi vouloir fermer à jamais cette fameuse porte ?
Robin encore.
- Pour une claire raison : cette porte s’apparente à la boîte de Pandore. Elle doit rester close jusqu’à la fin des temps. Il en va du devenir des rêves et des souvenirs. Si ces entités invisibles venaient à s’échapper par le maléfice d’Anthracite, elle assoiffée de pouvoir, alors nul homme n’aurait plus ni rêve ni souvenir. Parce qu’elle possédait la puissance nécessaire pour détruire cette porte dans le but dernier de s’établir en souveraine ici, je vous étais dès lors obligée : mon pouvoir s’estompe. Je ne pouvais plus lutter contre les forces obscures.
- Je comprends… dit Nami.
- J’ai rien compris, dit Luffy.
- Pour récompenser votre dur labeur, je vais vous faire don à chacun d’une Bulle de Rêve. Elle vous permettra à terme de mener vos ambitions les plus démesurées à bien. Voici.
De ses douces mains divines, s’échappèrent, lentes et parfaites, sept bulles de vapeur délayées. Enveloppant ses destinataires, elles s’évaporèrent bientôt : irisation éternelle.
- Je voudrais tout de même vous poser une question… dit Nami.
- Bien entendu, dit Titania.
- Qu’est-ce que le bleu souvenir ?
- Mon plus beau souvenir. Le souvenir d’un bleu infini : c’est l’aventure. Le souvenir d’un bleu profond : c’est la découverte. Le souvenir d’un bleu azur : c’est le ciel. Le souvenir d’un bleu mouvant : c’est l’eau se confondant avec les hauteurs. C’est l’unité, la grâce, c’est vous, votre rêve. Sa réalisation : votre union enfin. C’est le Bleu Onirique, intense encore.
Silence. Poésie d’un culte de l’occulte.
FIN
Et voilà, bientôt la suite de TV. ^^
#205 308
Le style littéraire très recherché se déguste avec plaisir! Ca a dû être lourd de faire tout un texte comme ça, et fastidieux surtout!
Sinon, y'a un petit truc sur l'histoire qui me gêne...
Dans le coffre à la clé dont manquait la clé, avant l'intervention de Robin il était donc fermé. Coffre opaque sûrement, pas transparent, car Nami verrait de ses yeux la clé dans le coffre sans clé sans l'aide d'un œil de Robin, et surtout le système de verrou. Alors un œil de Robin dans l'obscurité d'un coffre opaque sans clé, même en compagnie d'une clé, ne devrait y voir goutte et tous ne serait pas plus avancés, même si Zoro dirait qu'ils ne seraient pas plus reculés.