Bonsoir!!
Me revoila! Avec le chapitre 22! Je suis un peu plus rapide que d'habitude même si vous allez voir qu'il est long parce que je n'aurais pas accès au net pendant quelques jours donc le prochain chapitre sortira la semaine prochaine.
Voilou! Que dire? J'espère que malgré sa longueur ce chapitre vous intéressera, dites moi ce que vous en pensez!
Et bien... bonne lecture!!!
22. Pots de colleUsopp occupait son temps à interroger quelques clients au comptoir pendant que Line encourageait le groupe à jouer de nouveaux morceaux pour les ajouter à sa petite collection.
Nami l'avait chargé de se renseigner sur le temps mis par le log-pose pour se recharger. Il prenait très au sérieux cette mission, peu désireux de subir les foudres de la navigatrice, au propre comme au figuré.
Lorsque ces deux types un peu louches pénétrèrent dans le bar, il se dit immédiatement qu'il n'y avait peut-être pas qu'un seul équipage pirate sur cette île. Le premier était un grand blond dégingandé, très mince, et le second un brun costaud à l'air bourru. Tous les deux portaient des poignards dont les manches dépassaient allègrement de leurs ceintures. Leurs propriétaires tenaient apparemment à ce qu'on les voie bien. Le sniper jugea qu'il valait mieux éviter de se faire remarquer - réflexe naturel - et se fit tout petit. Mais c'était sans compter Line, qui à la moindre note de musique était incapable de rester immobile. Plusieurs clients la regardaient déjà depuis quelques minutes. Il fallait reconnaître que la jeune fille qui se balançait au son de la musique avec grâce, tenant devant elle son gros coquillage, offrait un spectacle à la fois agréable et atypique.
Les deux hommes, au grand désespoir d’Usopp, allèrent s’asseoir à deux pas d’elle. Le tireur d’élite essaya de se raisonner : il n’y avait pas de raison de paniquer. Des hommes armés dans une taverne, ça n’avait rien d’exceptionnel. Lui-même portait toujours son arme sur lui. Il décida donc d’interroger le barman sur le temps de rechargement du log-pose. Celui-ci, après un petit temps de réflexion, lui apprit qu’il fallait cinq ou six jours. Usopp le remercia en soupirant, cinq jours, c’était plutôt long. Il se détourna ensuite du comptoir pour rejoindre Line et eut une très désagréable surprise : les deux hommes s’étaient levés et se dirigeaient vers la jeune fille.
- Bonjour mademoiselle ! Lança le brun avec un sourire qui se voulait charmeur.
Line cessa de danser et leur jeta un regard interrogatif.
- Bonjour… Fit-elle sans conviction.
Usopp les rejoignit au pas de course. Il attrapa le bras de Line.
- Bon on devrait y aller là... Tu as fini ?
Elle hésita car elle avait encore envie d’écouter le groupe mais elle se doutait qu’Usopp voulait éviter que ces deux types ne leur causent des problèmes.
- Oui… On peut y aller… Répondit-elle donc à regrets en rangeant son coquillage dans sa sacoche.
- Vous n’allez pas nous quitter comme ça ! On vient à peine d’arriver ! S’écria le blond. Buvez un verre avec nous mademoiselle !
- Dick a raison. Fit le brun. T’es qui toi ? Son mec ? Demanda-t-il à Usopp.
- Ben non… Répondit-il étonné de cette question. Mais bon… On doit y aller c’est tout.
- Ben t’as qu’à partir toi nous on boit un verre avec la demoiselle ! James a envie de la connaître, hein James ?
L’armoire à glace lança à son camarade un sourire entendu.
- Bien sûr, j’ai envie de tout savoir sur toi. Je peux te tutoyer hein ? C’est quoi ton nom ?
Line se dit qu’elle était tombée sur deux pots de colle. Elle avait l’habitude de ce genre d’énergumènes, elle avait déjà eu l’occasion de repousser les avances de bien des clients du restaurant de Marco.
- Mon ami a raison, on va y aller. Dit-elle fermement. Mais à peine eut-elle fait quelques pas pour s’écarter des deux hommes que le brun lui barra le passage.
- T’énerve pas on va pas te manger, on a juste envie de faire connaissance. T’as un petit ami dis-moi ?
Son camarade lui jeta un coup d’œil appuyé. La fille était mignonne, mais l’information qui les intéressait était bien celle-ci. Ils n’avaient pas eu beaucoup de temps pour réfléchir à leur plan. Une fois entrés dans le bar, ils s’étaient dits qu’ils allaient essayer de l’aborder et qu’ils improviseraient ensuite.
- Je suis désolée mais je n’ai pas le temps de discuter avec vous. Laissez moi passer.
Mais ils ne bougèrent pas. Le grand brun les dominait de toute sa hauteur.
- Allez... dis moi juste si tu as un petit ami …
- Ca ne vous regarde pas ! Elle commençait à perdre patience.
- Ouais... C’est pas vos affaires ! Fit courageusement Usopp, s’avançant un peu, malgré un début de tremblement des genoux caractéristique des situations critiques.
Les deux gaillards perdaient de plus en plus en subtilité.
- Allez une mignonne petite comme toi ça a forcément un petit ami. Il est où ? Il s’appelle comment ?
Line était étonnée de leur obstination. Ce type avait une drôle de façon de draguer. A sa connaissance, l’existence d’un petit ami ou non était souvent le cadet des soucis des hommes qui abordaient les jeunes filles dans les bars.
- Fichez moi la paix maintenant ! S’écria-t-elle.
- Te mets pas en colère ! Répond plutôt ! Allez quoi!
- Je vous dis de me laisser tranquille !! Fichez moi la paix!
- Hé tu me parles sur un autre ton !
Derrière eux, la porte du bar s’ouvrit sur quatre personnes bruyantes. Dick se retourna pour jeter un coup d’œil alors que James s’énervait de plus en plus contre Line.
- Je vous parle sur le ton qui me plait !
- Contente toi de répondre à ma question !
- Hé James… Fit soudain le blond d’une petite voix. Mais son acolyte l’ignora.
- On s’en va tout de suite ! Cria Line ulcérée.
- C’est ce qu’on va voir ! Répondit James sur le même ton, levant le bras comme s’il allait saisir l’épaule de Line.
- Je vous déconseille de me toucher ! Vous pourriez le regretter ! Menaça Line, pas effrayée pour deux sous. Le dernier qui s’était frotté à elle avait passé un sale quart d’heure.
- James… Reprit doucement Dick que personne n’écoutait. Sa voix se faisait inquiète. Il est là le…
- AH OUI ?! Et tu vas faire quoi gamine ?
- Je vais vous calmer ! Voilà ce que je vais faire !
Dick gémit et fit d’une voix implorante :
- Le cha …
- Fous moi la paix Dick ! Le rabroua son ami. Cette pimbêche me gonfle !
- Oui mais le chapeau de pa…
- Petite peste ! Cria James en saisissant Line au poignet.
Line n’eut même pas le temps de répliquer, tout alla bien trop vite. Une voix qu’elle connaissait bien retentit soudain :
- Qu’est-ce tu fous toi ? Lâches la tout de suite !
Et un bras, un long bras élastique, surgit de nulle part. Il saisit James par le cou et le tira en arrière, le flanquant violemment par terre.
Dick se précipita auprès son ami, articulant finalement en entier la phrase qu’il essayait de prononcer depuis cinq minutes : « Le chapeau de paille vient d’entrer ! »
L’autre gémit de douleur et se redressa lentement.
« Putain tu pouvais pas me le dire plus tôt imbécile ?! Il m’a pété le dos ce con ! »
- Mais James c’est toi qui…
- Ferme-là !
Le grand brun se releva alors que Luffy, Sanji, Franky et Chopper s’avançaient vers eux.
- T’es qui toi ? Qu’est-ce que tu lui veux à Line ? Lui demanda Luffy l’air mauvais.
Les deux compères blêmirent. Ils avaient tout sauf l’intention de se battre contre Monkey D Luffy qu’ils avaient tous les deux déjà vu à l’œuvre contre leur capitaine Baggy dans East Blue. Aussi, ils choisirent la solution la plus sûre : ils hésitèrent encore un instant puis détalèrent comme des lapins sans demander leur reste.
Les pirates, perplexes, regardèrent les deux hommes prendre leurs jambes à leur cou.
Sanji rompit le silence en premier.
- Line-chérie qui était ce malotrus qui a osé poser ses mains sur toi ma douce ? Je suis scandalisé ! Souhaites-tu que je les poursuive !
La jeune fille ne dit rien, elle se contenta de fixer le sol, les poings serrés.
Usopp expliqua à sa place :
- On ne les connaît pas, au début ils ont commencé par la draguer, puis ça s’est transformé en une sorte d’interrogatoire… Bizarre vraiment…
Line ne disait toujours rien. Sanji, sentant une tension dans l’air, essaya de la dérider :
- Ma princesse adorée tu aurais du leur montrer un des coups de pied que je t’ai appris ce matin. Tu es si belle dans l’effort qu’ils auraient été éblouis et vaincus avant même de recevoir le coup et…
- Et bien, moi aussi j’aurais bien voulu. Mais on ne m’en a pas laissé le temps. Répondit sèchement la jeune fille, levant enfin les yeux.
Usopp, Sanji, Chopper et Franky se regardèrent, comprenant pourquoi elle était restée silencieuse. Elle était vexée que Luffy soit intervenu. La seule personne à ne pas s’en rendre compte, c’était justement l’intéressé qui affichait à présent un grand sourire.
- Hé z’avez vu ils s’avaient pas l’air malins ces deux-là ! Hé Line j’suis content que tu sois là j’ai un truc à te dire ! Ca va au fait, il t’a pas fait mal le gars ?
Line posa sur le jeune homme un regard assassin. Franky et Usopp reculèrent, s’attendant à encore voir voler ou exploser quelque chose comme lors de leur dernière dispute.
Mais Line n’ajouta pas un mot de plus : elle soupira et les planta tous là, se dirigeant presque en courant vers la sortie.
- Bah Line tu fais quoi ? Attends ! Fit Luffy, hébété.
- Line-chérie ! Tu n’es pas fâchée après moi mon amour ? Cria Sanji
- Mais j’avais un truc à te dire ! Répéta Luffy.
Mais le temps qu’ils réagissent, elle avait déjà claqué la porte derrière elle.
- C’est de ta faute Crétin ! Eructa Sanji.
- Ca c’est pas faux, Renchérit Franky en se grattant la tête.
- Elle est si fâchée que ça contre Luffy ? Fit la petite voix inquiète de Chopper.
Mais le capitaine les ignorait totalement.
- Mais c’est pas juste ! Fallait que je lui dise que je sais qu’elle peut se débrouiller toute seule. Que c’est une pirate et tout. Pour qu’elle soit plus fâchée. Pourquoi elle s’en va ? Demanda-t-il tout haut avec une moue boudeuse.
- Tu voulais vraiment lui dire ça ? Lâcha Franky.
- Ben quoi ?
- Mais… t’es vraiment con !! Dit le charpentier, atterré. Fallait la laisser se débrouiller toute seule alors !
- C’est clair il s’est enfoncé là… Commenta Usopp l’air désolé.
- On ne peut rien pour lui. Et c’est bien fait ! Grommela Sanji.
- Pauvre Luffy… Compatit Chopper.
- Mais quoi qu’est-ce qui y a ?! Je… J’ai dit un truc qui fallait pas ? Demanda-t-il les yeux ronds.
Franky eut pitié de lui :
- Et bien tu viens de prendre une pelle et de t’enterrer tout seul. Mais bon, à part ça tout baigne hein…
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- Ah le con il m’a pété le dos j’te dis ! Grogna James en se tenant les reins.
Les deux compères s’étaient réfugiés à l’entrée d’une ruelle depuis laquelle ils pouvaient observer la porte du bar sans être vus.
- On aurait peut-être du s’y prendre autrement… Geignit Dick. On a été trop agressifs… En plus c’est trop bête, si on avait su qu’il allait débarquer, on aurait juste attendu et on aurait pu les observer…
- Je sais pas si t’es au courant mais on n’a pas toute la journée ! Si on n’avait pas été assez cons pour prévenir Lady Arbyda qu’ils avaient accosté, on aurait eu plus de temps, mais elle nous a filé que deux heures alors on n’avait pas le temps d’attendre !
- Pourquoi on est obligés de lui obéir d’abord, c’est le capitaine Baggy notre chef !
- Parce que sinon elle va nous buter voilà pourquoi il te faut une autre raison ?!
- Oui mais…
- De toute façon on s’en fout on a l’information c’est bon.
- Quoi ?
- Ben c’est clair que c’est sa nana.
- Mais il a rien dit et elle non plus…
- Ah ouais ?! On voit que c’est pas toi qui s’est fait foutre par terre ! Il a failli me tuer ce taré ! C’est sa copine ! Obligé !
- Je comprends mais si c’est pas vrai et qu’on le dit à Arbyda…
- Il m’a pété le dos j’te dis !!!
- Ouais ouais ok… c’est bon…
- File moi l’escargophone. Allez.
Dick fouilla dans sa poche et en sortit un petit animal ensommeillé.
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L’escargophone retentit alors qu’elle prenait l'apéritif en compagnie de Baggy.
Elle décrocha le combiné sans attendre.
- Oui ?
- Lady Arbyda c’est James ! On a du nouveau madame…
- Je vous écoute.
- Bon bah apparemment, la fille est bien la petite amie du chapeau de paille.
Elle serra le combiné entre ses doigts fins.
- Vous en êtes… sûrs ?
- Heu… oui madame...
- Vous les avez vus… ensembles ?
- Ben plus ou moins oui…
- Mmm.
- Et bien, il m’en bouche un coin ce sale gamin ! S’exclama le capitaine Baggy, installé dans un fauteuil à côté d’Arbyda.
- Capitaine c’est vous ? Firent ensemble les voix de Dick et James. Dites on peut rentrer maintenant ? Hein Capitaine ? Dites on peut ?
- Ca suffit ! Les interrompit la pirate d’une voix forte. J’ai encore du travail pour vous.
Deux gros soupirs retentirent.
- Quoi ? Vous avez un problème avec mes ordres ?!
- Non bien sûr que non madame ! Qu’est-ce qu’on doit faire ?
- Vous allez me l’attraper.
- Vous voulez qu’on l’attrape?! Nous tous seuls ?
- Je n’ai pas été suffisamment claire ?
- Si… c’est que vous voyez y a le chapeau de paille qui la protège et…
- JE NE VEUX PAS LE SAVOIR ! DEBROUILLEZ VOUS !
Elle raccrocha rageusement le combiné.
- Ca va comme tu veux Arbyda ? Fit Baggy d’une petite voix moqueuse.
- Absolument, tout va bien. Répondit la jeune femme d’un air détaché. Il ne s’agissait que d’une petite vérification…
- Pas trop déçue de se faire doubler par une gamine ?
- Ne raconte pas n’importe quoi !! Cria-t-elle soudain en lui lançant un regard noir.
Mais le capitaine n’était nullement effrayé.
- Moi, je crois que tu vas rater ton coup ! Dit-il d’un air malicieux.
- Ah voyez vous ça ! Je suppose que tu as un meilleur plan ?
- Evidemment. Sauf que nous n’avons pas le même objectif bien sur…
- Tu parles, tu avais peur de venir ici. Si je n’avais pas gagné le dernier pari…
- Justement, je te propose un nouveau pari.
- Lequel ?
- Si tu échoues, tu me laisses mettre mon propre plan à exécution.
- Qui conduira bien sûr à la mort du chapeau de paille ?
- Bien entendu. C’est vrai que ce n’est pas ce que tu souhaites…
- Je suis prête à jouer. Lança-t-elle avec un air de défi. Je n’échouerai pas de toute façon.
- Tu es sure de toi…
- Je suis toujours sûre de moi très cher. Luffy sera mon esclave. C’est un fait.
- Ou bien il mourra ! Déclara Baggy en levant son verre.
Arbyda prit le sien et trinqua avec lui.
- Ou bien il mourra !
Ils burent ensemble et Baggy se félicita de sa petite manœuvre. San plan était de toute façon déjà en marche, mais il aimait assurer ses arrières. Aucun homme n’a envie de s’attirer les foudres d’une belle femme après tout. Il sourit intérieurement en pensant au jeune imbécile qui était en train de se creuser la tête pour trouver un moyen de risquer sa vie à sa place pour tuer Luffy, sans le savoir bien sûr, c’était tellement mieux comme ça.
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- Oh j’en ai marre c’est pas possible mais qu’est-ce qu’on a fait pour mériter ça ?!
- C’est dur…
- Dur ? C’est tout ce que t’as à dire ?! Je veux pas me battre contre le chapeau de paille moi ! Il a envoyé le capitaine Baggy en orbite!
- Ouais moi non plus James mais elle a dit qu’on devait attraper la fille…
- On pourrait se tirer et juste dire qu’on n’a pas réussi ?
- Peut-être ouais… oh attends !
- Quoi ?! J’me lamente ! Laisse moi me lamenter tranquille ! En plus j’ai mal au dos, quelle vie de merde… snif
- Elle vient de sortir ! Toute seule ! C’est notre chance !
- S’il débarque encore sans prévenir on sera bien avancés…
- Elle est partie en courant… je crois bien qu’elle part toute seule…
Cette nouvelle fit reprendre du poil de la bête au brun.
- Elle va où ?
- Je sais pas, elle a couru tout droit là bas. Répondit Dick en désignant une petite rue.
- Bouge toi on la suit !
Les deux hommes s’engouffrèrent silencieusement dans la rue que venait de prendre Line.
Ils marchèrent derrière elle tout droit pendant quelques minutes, puis elle sembla apercevoir quelque chose d’intéressant et bifurqua sur la droite. Elle marchait d’un pas vif, elle avait l’air plutôt contrariée.
Ils continuèrent à la suivre. Au coin de la rue, il lurent le panneau qui avait attiré son attention: « Le Petit Parc ». Il devait s’agir d’une sorte de parc municipal.
En effet, au bout de quelques instants à peine, ils se retrouvèrent devant une petite zone boisée. Ils virent la jeune fille franchir un petit portail de bois et s’engouffrer dans le parc.
C’était un petit bosquet calme, parsemé de petits arbres et de buissons, au milieu duquel se trouvait une petite mare. Elle marcha jusqu'à l'étroite étendue d'eau, et s'assit sur le bord, ramenant ses genoux devant elle et les entourant de ses bras.
Dick et James se postèrent derrière deux gros arbustes proches l'un de l'autre, à distance raisonnable de la fille. Ils tentèrent alors d'établir un plan, tout en jetant sans cesse chacun leur tour des coups d'œil furtifs en arrière, craignant de voir à tout moment débouler un garçon au chapeau de paille animé d'une fureur sanguinaire.
- Bon bah on fait quoi maintenant? Murmura James.
- Ben je sais pas. Répondit l'autre à voix basse.
- Faut qu'on fasse un truc, c'est le moment où jamais, elle est toute seule!
- Ouais je sais bien. On lui saute dessus?
- Juste comme ça?!
- Elle est toute petite et toute seule. Le blond réfléchit une minute. Ca devrait aller quand même!
- Ouais t'as raison. Fit l'autre, ragaillardi par cette affirmation. Et puis on est balèze. On va l'attraper en deux minutes.
- Ok!
- Vas-y!
- Comment ça "Vas-y" ?!
- Et ben quoi t'as pas entendu?
- Pourquoi c'est moi qui devrais y aller?
- Pourquoi pas? C'est ton idée et c'est pas la peine qu'on y aille à deux. D'ailleurs je te couvre.
- Ah ouais tu me couvres planqué dans ton buisson?!
- Je suis pas planqué je suis en position stra-té-gi-que!!
- Me prend pas pour un idiot hein, t'as juste peur que si le chapeau de paille il débarque, il te fasse ta fête!
- Nan j'ai pas peur!
- Si!
- Non!
- Si enfoiré! Jeta Dick en poussant en arrière son camarade.
- Héééé ! Fit l'autre en lui assénant un coup de poing.
Les deux kidnappeurs amateurs roulèrent dans les fourrés en écrasant des branches au passage, ce qui eut pour effet d'alerter Line qui se retourna brusquement :
- Qui est là?!
Dick tomba sur son camarade qu'il venait de frapper au visage. Leurs fronts se cognèrent et James gémit de douleur alors que l'autre roulait sur le côté. Pendant plusieurs minutes désespérément longues, ils cessèrent de respirer.
La jeune femme regarda autour d'elle pendant quelques instants puis se retourna vers la mare, pensant sûrement qu'un coup de vent devait être à l'origine du bruit qu'elle venait d'entendre.
- On l'a échappé belle! Souffla Dick en se redressant et en rampant vers les arbustes d'où ils venaient.
- Ouaip, Fit l'autre, t'avais qu'à pas discuter aussi…
- Oh la ferme!
- Sérieux, quand on l'aura eue, je t'en colle une! Rétorqua le brun, menaçant.
- On y va tous les deux!
L'autre hésita puis soupira. Il mit la main sur le manche de son poignard puis se ravisa : inutile de blesser une gamine pour rien. Il balaya du regard les environs et repéra une branche qu'ils venaient de briser dans la bataille. Il s'approcha. En fait, elle devait être tombée d'un des plus grands arbres, ils devaient juste l'avoir cassée en deux en roulant dessus. Il s'en saisit et fit un grand sourire à son camarade.
- On va l'assommer avec ça!
Dick sourit à son tour. Ils se levèrent avec précaution et s'écartèrent doucement des arbres. Line ne bougeait pas, elle avait posé sa tête sur ses genoux. James fit une grimace à son équipier, singeant le sommeil. L'autre acquiesça, il espérait aussi qu'elle s'était endormie, ce serait plus facile, bien qu'étonnant après le raffut qu'ils venaient de faire.
Pourtant, il ne se méfia pas plus que ça.
Ils avancèrent à pas de loup, progressant le plus silencieusement possible. Si James avait eu quelques scrupules à l'idée de la blesser avec un couteau, il n'en avait aucune à lui abattre une branche sur le crâne. Après tout, elle s'était quand même permise de lui hurler dessus et à cause d'elle, il allait souffrir de maux de dos pendant des semaines. Il leva donc de plus en haut la branche au fur et à mesure qu'ils s'approchaient d'elle. Ils se trouvaient à moins de deux mètres à présent, elle ne bougeait toujours pas. James s'avança un peu plus, leva le bras, visa la tête et frappa.
Seulement, la seule chose qu'il toucha fut le sol. Line, qui ne dormait pas le moins du monde mais les attendait au contraire de pied ferme, roula sur la gauche et se releva d'un bond. Elle tourna sur elle-même pour prendre de l'élan et lança sa jambe en l'air, visant le visage de l'homme comme elle l'avait fait le matin avec Sanji. Il était légèrement plus petit que le cuistot et elle ne le rata pas. Sa chaussure écrasa le nez du grand brun qui sauta en arrière les mains sur le visage.
- Aiie c'est bas bossible elle m'a beté le nez!!
Line serra les poings en reconnaissant les deux types du bar.
- Encore vous? Qu'est-ce que vous me voulez à la fin?!
- Ca va pas de frapper mon copain comme ça? T'es folle! S'écria Dick, paniqué devant le sang qui s'écoulait du visage de son ami.
- Arrête je vais pleurer! Se moqua Line. Je vous préviens, ce n'est vraiment pas la journée pour me chercher! Alors dites moi qui vous êtes tout de suite!
- On est envoyé par… Commença le blond mais son ami lui attrapa la veste :
- T'es fou? Lui dis bas! Addrabbe la blutôt!!
L'autre hocha la tête en signe de compréhension puis se jeta sur Line qui l'évita sans difficulté en sautant de côté au dernier instant. Le grand type trébucha et s'étala de tout son long dans la mare. Il pataugea quelques secondes puis se releva prêt à en découdre de nouveau mais Line voyait les choses autrement : elle allait foutre la trouille à ces deux demeurés.
Elle secoua un bras et Dick fut littéralement poussé en avant et son visage s'écrasa dans la boue, maintenu par une force invisible. L'autre essaya de venir à son secours mais il s'écroula à son tour quand ses pieds s'envolèrent en arrière contre sa volonté.
Line les laissa ensuite se relever, et regarder de gauche à droite pour trouver l'origine de leur chute. Enfin, ils s'intéressèrent de nouveau à elle et tentèrent une attaque ensemble. La technique, simple, courir droit devant, avait du faire ses preuves un jour mais ce ne fut pas le cas cette fois. Line leva les deux bras et les deux hommes s'envolèrent. Ils passèrent au dessus d'elle en poussant des cris stridents et furent projeté dans les fourrés, plus très loin de la sortie du parc. Aussi, quand ils se relevèrent difficilement pour la énième fois, ils considérèrent tour à tour le portail et Line, et choisirent d'un commun accord de ficher le camp séance tenante.
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Line s'était défoulée mais se sentait toujours énervée. En se rasseyant au bord de la petite mare où elle avait bien l'intention de continuer à broyer du noir encore un certain temps, elle pesta contre ces empêcheurs de bouder tranquille et se promit de faire un compte-rendu salé aux autres de cette rencontre. D'ailleurs, elle ne manquerait pas d'expliquer à certaines personnes comment elle avait rembarré ces deux abrutis,
toute seule. La. Bien fait.
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- Luffy tu es sur que ça va aller ? Line n’avait pas l’air contente…
- Ouais t’inquiète tu peux y aller. T’es sûr qu’elle est rentrée la dedans ?
- Oui j’en suis sûr. Je sens bien son odeur. Elle est rentrée dans ce parc, droit devant.
- Trop cool merci Chopper ! Il marqua un arrêt. « Bon, tu peux retourner avec les autres maintenant !
- Vraiment ? Ca me dérange pas de rester tu sais…
- Nan aucun problème j’ai un plan !
- Ah bon… C’est quoi ton plan ? Demanda timidement le petit renne. Il avait détesté voir Line, si gentille habituellement, se mettre en colère la veille et craignait que le capitaine ne l’ énerve encore plus.
- Je peux pas t’expliquer tout, c’est un plan… genre… basé sur l’impo… l’imprott…proli..heu…
- L’improvisation ? L’aida Chopper, décidément de plus en plus inquiet.
- Ouais voilà c’est ça ! Répondit Luffy tout sourire. Allez vas-y. Allez. Insista-t-il.
- Je t’assure que…
Chopper allait encore proposer à son capitaine de l’aider à affronter Line mais il s’aperçut que Luffy sautillait sur place avec une moue ennuyée. Le petit renne comprit enfin que Luffy avait eu besoin de lui pour trouver le chemin qu’avait pris la jeune fille, mais que maintenant il avait envie d’aller lui parler tout seul. Il se ravisa donc, ayant de montrer un peu de tact :
- Bon tu as raison, je vais y aller.
Le sourire de Luffy réapparut.
- Oui d’accord super allez salut !
Et il partit comme une flèche, laissant le jeune docteur en plan, un peu sonné.
Chopper ne savait pas s’il devait sourire ou continuer à s’inquiéter. En tout cas, il ne lui restait plus qu’à prendre le chemin du retour. Les autres avaient de toute façon sûrement besoin de lui, vu qu’il avait fallu pratiquement assommer Sanji pour l’empêcher de les suivre quand Luffy avait déclaré qui allait parler à Line.
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Luffy franchit le portail du parc au moment précis où Dick et James se précipitaient de l’autre côté pour sortir. Ils se cognèrent l’un l’autre en voulant tous les deux l’éviter. Mais Luffy leur bloquait complètement le passage. Il s’arrêta, pencha la tête sur le côté et les examina l’air intrigué. Ils se figèrent, droits comme des i, du sang dégoulinait du nez de James et il n’osait pas bouger pour s’essuyer la bouche. Le résultat était assez pathétique.
- Hé, j’vous connais vous deux ?! Déclara le chapeau de paille au bout d’une seconde. C’est toi qui a embêté Line tout à l’heure ! Fit en désignant du doigt James, pâle comme un linge.
- J’espère que vous avez pas recommencé ! Menaça Luffy. Parce que sinon je… Puis il repensa à ce que Franky lui avait dit, Line préférait se débrouiller toute seule. D’ailleurs… Son regard s’arrêta sur le nez de l’homme. « C’est Line qui t’a bousillé le nez ?
James perdit toute contenance et ses lèvres tremblèrent. Autant de peur que de colère, car il voyait son camarade profiter de l’inattention de Luffy pour s’éloigner de plus en plus alors que lui était pris au piège.
Mais contre toute attente, Luffy partit dans un fou-rire incontrôlable : « Ah la vache elle t’as bien eu ! Elle est trop forte ! La classe ! Trop bien ! Ha ha ha ha »
Puis il poussa le pauvre James qui n’en croyait pas sa chance sur le côté et continua tranquillement sa route.
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Le jeune capitaine cessa de rire quand il la trouva enfin. Elle était assise devant une petite mare. Elle regardait des oiseaux, ah non, des canards nager sur la surface. Luffy se demanda vaguement si il y aurait moyen de chopper quelques unes de ces bestioles pour les ramener au bateau. Ils avaient l’air bons. Il verrait plus tard. Là, il avait autre chose à faire, et finalement c’était moins évident que prévu. Ils ressentait une étrange appréhension. Néanmoins, il continua à s’approcher.