EastBlue.net
#168 494
Twilight, c'est un mot anglais hein. Pas besoin d'inspiration.
#168 599
Remerciements de coutume et d'habitude à Mr D. et RMR, les deux seuls qui lisent ma fiction. xD
Franchement, je ne le dis peut-être pas assez, mais vos encouragements sont le moteur de ma motivation à continuer, donc vraiment, merci beaucoup ! ^_^
Sinon, "twilight"... ben évidemment, c'est un mot anglais, je ne l'ai quand même pas inventé. ^^ En revanche, si tu y cherches obstinément une signification, Araumi, c'est du côté de Zelda qu'il faut te pencher.
Voilà, voilà. J'espère ne pas mettre encore quatre mois pour écrire le prochain.
En principe, le 24 devrait être bouclé avant la première quinzaine de juillet, c'est, du moins, mon souhait.
A bientôt !
Edit : J'oubliais, oui, Mr D., c'est bien "vainque". Parce que "que je vainque". ^^
#168 617
Lord Kitetsu a écrit :Twilight, c'est un mot anglais hein. Pas besoin d'inspiration.

Ben je savais pas... Si j'ai pensé à ça, c'est parce que j'ai un jour joué à un jeu en ligne, anglais, dans lequel on se fait soigner par une p'tite bestiole à grandes oreilles qui s'appelle, me semble-t-il, Twilight...
#169 177
Edito : Je sais que mon texte n’est pas parfait, et que subsistent des fautes. Mais j’espère que vous prenez autant de plaisir à le lire que moi à l’écrire.
Il peut arriver qu’on ait une idée A. Et puis quelque temps après, une idée B qu’on trouve supérieure à l’idée A germe dans notre tête. Le problème c’est qu’on a déjà posé les bases de la première idée : impossible de revenir en arrière.
Je crois que quand on écrit une histoire, roman, fiction, peu importe, le plus dur est de parvenir à accepter cette situation.
On arrive de plus en plus loin dans l’aventure de nos chers pirates. Ayez encore un peu de patience, s’il vous plait. Ensemble, poussons l’équipage de Luffy un peu plus loin… juste un peu plus loin.
Bonne lecture !
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「Chapter Twenty-four: Laputa」
Dans un pays inanimé vivait un vieux marquis aux cheveux bruns et à la mine sinistre. Il ne parlait pas beaucoup. Pour ainsi dire, il ne parlait même jamais. Son prédicat reposait sur une formule toute simple : « si la parole est d’argent, le silence est d’or ». Habillé d’un pourpoint de soie tirant sur la cire, il imposait une stature d’une noblesse sans équivalence. Le voir se tordre, régi par un mécanisme des plus primaires, constituait un spectacle d’une magie tout à fait enchanteresse. Son unique principe était le suivant : dans son monde régnaient sept péchés capitaux. La Paresse d’abord – l’inactivité témoignait de sa torpeur ; l’Orgueil ensuite – ses torts n’étaient jamais des torts ; puis, la Gourmandise – la nourriture terrestre lui était une joie profonde ; survenait l’Avarice – ses biens n’étaient partagés qu’entre lui et lui-même ; se présentait la Colère – l’explosion se consignait en filigrane dans sa destinée ; se révélait par suite l’Envie – l’envie d’exister s’inscrivait naturellement dans sa chair ; et la Luxure enfin – de son regard, il "la" balayait de perpétuelle façon.
Non loin de lui, une resplendissante jeune fille fixait avidement et sans répit une montre qu’elle tenait délicatement de ses deux mains, douces et tendres, comme si les secondes qui s’égrenaient se nourrissaient de sa propre vie, comme si le temps qui passait avait une consonance de fin du monde. Et la jeune fille, tournée, infatigable, vers un mur qui semblait trop haut pour elle, dégageait un parfum dont l’odeur était toujours la même. Le bon marquis savait que certains hommes ne pouvaient voir qu’une seule surface de l’univers. Une vision terriblement unilatérale. Cette demoiselle, aussi charmante fut-elle, était de ceux-là. Il appelait cette maladie une « forme hybride de daltonisme ». De la même manière qu’il arrivait qu’untel ne pouvait voir une couleur précise, il pouvait arriver aussi que tel autre ne puisse voir la beauté cachée de ses semblables. Et à ce constat, une tristesse sans fond le prenait toujours.
Ce jour-là pourtant, quelque chose ne semblait pas se passer comme d’habitude. La jeune fille se faisait plus calme. Dans les tréfonds de ce silence béant était un son d’une hardiesse inconcevable. Deux notes se propageant en alternance dans les courants de l’air pour se poser sur les abords de ses oreilles. Le marquis observait autour de lui un climat morose. Il en était persuadé. Bientôt, une catastrophe allait se déclencher. Soudain, dans un bruit creux et strident, la demoiselle à la beauté ravageuse se tourna vers lui, les yeux dilatés. Elle pleurait. Mais elle pointa tout de même un petit révolver en direction de sa poitrine. Non, elle ne le souhaitait pas. Seulement, une force supérieure, contre laquelle elle ne pouvait lutter, lui dictait ses actes. Et le barillet tourna. Une balle meurtrière s’en échappa et le heurta en son sein.
Mort, le bon marquis s’éleva dans le ciel et percuta ce qu’il imaginait être la limite, l’entrée vers le paradis. Déchirant cette toile inaccessible, il continua son ascension et, dans une explosion impitoyable, il se révéla aux nuages. Balloté par son mécanisme, des auréoles en dessous de ses pieds, il scruta son nouvel Eden. Bien vite, il fut pris d’horreur : pas moins d’une dizaine de paire d’yeux étaient braquées tout droit sur sa délicieuse personne. Dix paires d’yeux à la surprise tout à fait visible. Il était évident pour lui que les individus à qui appartenaient ces pupilles sortaient d’une peur atroce.
- NYAH NYAH NYAH !! NYAH NYAH NYAAAAAAAAAAH !! Ouf ! Aah… Aaah… Aaaah… Sacrée vache, comment j’ai trop réussi à vous avoir, j’en reviens pas ! pleura presque Quarrel. C’était une blague ! Une feinte ! Un canular ! LE COUP DE LA BOMBE, C’ETAIT DU VENT !! OUAHAHAH !...
Silence total. On n’entendait guère que le rire perçant du prétendu guide de Fairyland. Tous les membres de l’assistance étaient médusés : les mâchoires déboitées jusqu’au sol et le teint devenu livide, de multiples gouttes d’eau apparurent aussitôt sur l’arrière de leurs crânes. Quarrel prit alors le vieux marquis par la tête et le leva en trophée devant les figures déconcertées de son public. Toute l’infortune du monde venait de s’écraser sur les épaules de nos amis. Ils étaient bien incapables de faire quelque geste que ce soit.
Un son se fit entendre. Un son long et aigu, se propageant dans l’air comme se propage une onde dans une eau calme. Une fois la douce note de musique dissipée, la lourde et imposante porte de l’ascenseur s’ouvrit sans crier gare. Toujours sur les séants de leur surprise, Luffy et ses acolytes ne réagirent pas. Alors, magnanime et jovial, Quarrel les poussa dehors et dit, fier de lui :
- Je vous fais cadeau de l’argent que vous me devez. Faut dire que je me suis bien gaussé. Aussi je vous fais cette faveur.
Comme la porte se refermait, il ajouta à toute berzingue :
- Nyah nyah nyah ! Mon rôle s’arrête là. Je suis que le guide de surface. Je vous laisse, bonne visite !
Ting ! L’équipage du Sunny-Go se retrouva seul. Venue de nulle part, lorsque l’irritation de Nami, qui était un affluent, alla se jeter dans le fleuve de la colère, elle explosa tout à coup :
- JE VAIS LE TUER CE GUIGNOL !!
D’abord étonné par la réaction à retardement de sa navigatrice – un point d’interrogation se forma puis s’évapora au-dessus de sa tête –, avec un sérieux qu’on ne lui connaissait pas, un bras tendu en opposition, Luffy observa :
- Hey, Nami ! Désolé mais je peux pas te laisser tuer un gus qui nous a rien fait !
Usopp, clairement plus perspicace que ce cerveau d’huitre qui lui servait de supérieur, nota :
- Oï, oï, Luffy, c’était du figuré !
- LAISSEZ-MOI PASSER, hurla de plus belle la rousse, JE VAIS ME LE FAIRE !!
- Non, Nami, je peux pas te laisser passer, déclara Luffy, décidément à côté de la plaque.
- Du figuré, Luffy, du figuré… répéta le canonnier, secouant la main de droite à gauche.
- TOI, JE T’AI PAS SONNE !
Nami ne parvenant plus à contenir son aigreur, Sanji ironisa, un sourire en coin :
- Du figuré, peut-être, mais j’ai bien l’impression que Nami-chérie va vous défigurer tous les deux…
- ASSEZ !!
Et le pauvre cuistot, contrairement à ses clairvoyantes prédictions, s’envola dans les cieux, une trainée de cœur l’accompagnant fidèlement.
- WAHAHAHAH !
Erreur fatale. Par sa moquerie, le long-nez se retrouva lui aussi expédié aux confins de la galaxie.
- Je te laisserai pas passer…
Luffy, après avoir goûté au même poing (de l’amour sans doute) que ses deux précédents compères, balbutia, une dent en moins :
- Qu’est-che qui sh’est passhé ?...
- C’est Nami… répondit Usopp. C’est Nami qui est passée…
- Mais qu’est-ce que c’était bon !... s’exclama Sanji.
- Maso ! releva simplement Zoro.
- T’as dit quoi là, mon chou ?
- Hein ?
- C’était pas une métaphore, idiot ! reprit Sanji.
- OK, mon poussin ! lança le sabreur dans la seconde, rendant coup pour coup.
Fairyland était une vallée verdoyante. Un cours d’eau y chantait entre deux chaines de montagne. La mélodie de l’eau coulant des jours heureux apportait une sérénité bienvenue. De part et d’autre de ce cours d’eau, leurs racines trempant dans l’humidité du souterrain, des saules dont les feuilles s’écrasaient nonchalamment au sol y pleuraient les louanges de ce pays. D’une vue aérienne, on pouvait observer que deux allées principales coupaient Fairyland en son centre, formant ainsi une croix nette et précise. Posant son ombre sur toute la ville, un immense château flottait dans le firmament : Laputa, la demeure du roi sans fin.
Sous les pieds de l’équipage du chapeau de paille s’émiettaient des mottes d’argile noire. Peu après le départ de Quarrel pour les monts découverts, ils avaient continué leur avancée pour atteindre les frontières de Fairyland. Là, ils avaient fait la rencontre d’un garde forestier du nom de Joe. Joe était svelte et propre sur lui-même. Il portait un chemisier simple à fleurs bleus, un pantalon de marbre et des chaussures lisses noires. Son expression était sévère et profonde de telle sorte que de ses yeux il pouvait sonder vos plus enfouis sentiments. Le nez haut et la bouche entrouverte, Joe savait que Joe était intrigant.
- Bonjour, chers amis, dit-il à la vue des visiteurs.
- Salut, moi c’est Luffy, le futur seigneur des pirates.
- Oh ? C’est vrai ?
Se tournant vers l’ensemble du groupe, il ajouta :
- Appelez-moi Joe. Je suis garde forestier de Fairyland. C’est rare de voir de nouvelles têtes par ici. Soyez les bienvenus !
- T’es sympa toi ! dit Luffy, tout sourire.
- Je fais du mieux que je peux pour l’être, dit Joe.
- Joe, tu viens de dire que les nouvelles têtes étaient rares ? C’est bizarre…
Le jeune homme détailla quelques instants la navigatrice avant de lui répondre :
- Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
- Eh bien, tu n’as pas vu une troupe de pirates passer par là ?
Il était en effet troublant d’apprendre qu’Eoden et ses acolytes n’avaient pas laissé une quelconque trace de leur passage.
- Nope, je n’ai rien vu. Appelez-moi Joe.
Nos compagnons déglutirent. Ils se demandaient pourquoi Joe voulait qu’on l’appelle Joe. Après tout, c’était son prénom, il était donc normal qu’on l’appelle ainsi. Joe avait grandi dans la vallée de Fairyland. Déjà tout petit, il passait des journées complètes dans la forêt située en amont du cours d’eau pour communier avec la nature. Orphelin de père et de mère, il fut livré à lui-même dès sa naissance. Bien que recueilli au sein d’une bonne famille, Joe s’était toujours senti seul et spécial. Joe se disait à Joe que le temps viendrait où il changerait sa contrée. C’est qu’il n’aimait pas la politique de Fairyland.
- Je vais vous expliquer deux ou trois choses, reprit-il. Des règles fondamentales à respecter si vous ne voulez pas avoir des ennuis avec l’autorité qui règne ici. Répétez après moi.
Quand il eut la certitude que son assistance était toute entière vouée à ses paroles, il poursuivit :
- Même si le roi sans fin est mort, je lui dois respect et humilité.
Les pirates et l’agriculteur se regardèrent le temps d’un éclair. Ils surent instinctivement qu’il valait mieux obéir à leur guide.
- Même si le roi sans fin est mort, je lui dois respect et humilité.
- Lorsque je ferai face au roi sans fin, je devrai baisser la tête pour lui prouver mon allégeance.
- Hein ? Mais il est pas mort le roi machin truc ? questionna d’étonnement Franky.
Joe le fusilla des yeux. En scannant l’esprit du charpentier, il secoua la tête.
- Sceptiques que vous êtes. Je vous avais pourtant demandé de répéter après moi. Faites-le !
- Lorsque je ferai face au roi sans fin, je devrai baisser la tête pour lui prouver mon allégeance.
Et ainsi, pendant que Joe faisait office d’éclaireur, avançant à pas de loup dans la forêt, Luffy et ses amis le suivirent tout en répétant tout ce qu’il disait. Les premiers saules qui jonchaient le chemin de nos héros versèrent une flopée de larmes comme pour montrer qu’ils venaient d’entrer en Fairyland, terre promise cachée au plus profond de la terre. De près, Fairyland s’apparentait à un espace de verdure, parsemé d’arbres et de saules, traversé par un cours d’eau coupant deux montagnes environnantes. Ils s’arrêtèrent. Joe vit une jeune fille à proximité, pêchant tranquillement, assise sur un rocher surplombant la plaine.
- Je ne dois pas détruire les cultures de ces lieux.
- Je ne dois pas détruire les cultures de ces lieux.
- Appelez-moi Joe.
- Appelez-moi Joe, répéta bêtement Luffy.
- MAIS-ON-VOUS-APPELLE-JOE ! s’exclamèrent tous les autres sauf Robin, une main levée devant leur visage.
La demoiselle qui pêchait juste à côté entendit le chœur de l’équipage, et alors, remarquant le garde forestier, elle cria :
- Hey ! Comment tu vas, Sean ? T’as des nouveaux copains ?
- SEAN ?!
- Mais bon sang, comment tu t’appelles à la fin ? maugréa Sanji.
- Pourquoi nous avoir dit de t’appeler Joe si tu t’appelles en vérité Sean ? interrogea Nami, intriguée.
- Tu ne sais pas pourquoi je vous ai demandé de m’appeler Joe ?
- Non. Pourquoi ?
- Parce que je m’appelle Sean.
Joe éclata d’un rire tonitruant. Il était assurément fier de sa plaisanterie. Et quand bien même sa plaisanterie eut été de très mauvais goût, il n’en avait cure. Joe avait la critique facile, mais il n’aimait plus la critique dès lors qu’elle fut tournée à son encontre. Bien sûr, étant lucide, Joe se doutait bien que Joe était péremptoire, mais n’avait-il pas raison de l’être ? Il n’avait, de toute façon, jamais tort.
La belle pêcheuse portait pour nom Skawya. Vêtue d’une veste de laine roulée et d’une jupe clairsemée, elle portait une chevelure éparse et son visage était totalement emmitouflé dans un extraordinaire bonnet. Naguère, Skawya avait été une fillette créative et somme toute intelligente. Dans sa prime jeunesse, elle avait toujours cherché à se faire aimer. Le problème pour elle trouvait sa source dans le fait notoire que son père la rejetait sans cesse. Son père, cet homme à l’expression vive et patibulaire, se sentait toutefois un peu coupable de ne pas se sentir coupable. Sa mère était une femme éprise de calme. De nature pacifique et gentille, elle avait décidé de prendre sous son aile un orphelin : Sean. Sean, ou plutôt Joe, était un garçon. Et ce critère suffisait à son père adoptif pour lui préférer à sa fille de sang. Skawya en éprouvait de la jalousie, et elle vivait mal la distanciation qu’opérait « son papa » de lune en lune envers elle. Alors un jour, avide d’affection, elle prit la résolution d’apporter un cadeau à son père pour que celui-ci lui confie enfin son amour. A la force de ses bras, ce qui était une tâche résolument délicate pour une enfant de dix ans, elle amassa une fortune petite mais considérable. Croyant faire plaisir à son père, qui était un être de chair et de plaisirs matériels, elle lui offrit l’argent dans un mouchoir de velours. « Si tu veux que je sois content de toi, apporte-moi la satisfaction d’une ambition », lui avait-il soufflé, repoussant le cadeau qui lui était destiné. Elle lui en voulut.
Ces embryons de colère se développèrent et se transformèrent en un fœtus de haine. Mais l’enfant-haine ne persista pas. Bien vite, elle s’évapora dans le néant, morte prématurément, faisant place à un trauma d’une origine effroyablement plus inquiétante. A compter de cet instant, Skawya se terra dans un mutisme léché et exécuté avec une minutie et une parcimonie telles que de loin nul n’aurait pu prédire de son esprit malade. Elle supportait de plus en plus mal le poids du quotidien et le regard énigmatique de son père sans pitié. Et paradoxalement, elle développa un sincère attachement pour son frère Joe. Si cette liaison amicale pouvait surprendre les passants de Fairyland, elle n’en demeurait pas moins l’évolution logique d’une âme torturée. Peu à peu, Skawya éprouva le besoin de se dissimuler dans les illusions de ses inventions fantaisistes pour résister au courroux silencieux de son père.
- Je vous présente Skawya, affirma Joe. C’est ma sœur.
- Enchanté, s’inclina Vaunh.
Sanji commença son cinéma habituel :
- Chère créature de rêve, permettez-moi de…
- HEY ! C’EST MA SŒUR QUE JE VIENS DE DIRE ! ALORS TU VAS TE CALMER DIRECT !
- Aaah… l’amour me donne des ailes ! se confondit le cuisinier après avoir reçu le poing du garde forestier dans la face.
- Fais gaffe, y’a un plafond ici… se moqua Zoro.
- COMMENT ?!
- SUFFIT !!
La navigatrice, fidèle à son personnage, envoya dans les vaps les deux meilleurs ennemis. Franky s’avança d’un pas, releva ses lunettes de soleil et dit :
- Alors la pêche est bonne, petite ?
Skawya esquissa un minuscule sourire et ferra sa canne. A la vue des oscillations grandiloquentes que l’on pouvait observait, on se rendait facilement compte que la jeune fille était en passe d’attraper là un poisson plus énorme encore que certains monstres marins. Les yeux de l’ingénieur naval sortirent de leurs orbites.
- MAIS QUEL MONSTRE T’ES EN TRAIN DE PECHER ?! s’écria-t-il, fort troublé.
- En fait, répondit Joe à la place de sa sœur, le poisson qui est au bout de la canne est un thon carnivore !
- KWAAA ?!
- Mais elle ne l’a pas attrapé à proprement parler. En réalité, nous, on a une technique peu conventionnelle : on attache un gros mangeur de poissons au bout de la ligne et on le balance dans l’eau. On attend tranquillement qu’il grossisse en faisant son repas, et après, on le récupère !
- GE-NIAL ! lança Luffy, des étoiles scintillants partout autour de lui.
- C’est pas génial du tout, suffoqua Usopp, une goutte derrière le crâne. C’est même carrément dément comme procédé ! On dirait des sorcières malveillantes qui engrossent les enfants pour mieux les manger…
- LES SORCIERES FONT VRAIMENT ÇA ?! gémit Chopper, dégoûté.
- Bien sûr, Chopper ! Tiens, t’ai-je déjà raconté mon périple héroïque à San Julio, lorsque j’ai canalisé la menace de quarante sorcières d’un coup ?
- Euh… non, admit le renne, désireux d’en savoir plus.
- Eh bien…
Pendant que le menteur qui n’avait plus rien à apprendre de cet art succulent contait ses atroces aventures à son meilleur public, Skawya tira nettement sur sa canne, et d’une impulsion sur sa jambe arrière, elle ramena le thon géant sur la terre ferme. Voyant que le poisson n’avait pas pris beaucoup de poids, Joe lui cria dessus :
- T’ES IDIOTE OU QUOI ?! TU L’AS PAS LAISSE FAIRE TREMPETTE ASSEZ LONGTEMPS ! ON DIRAIT MEME QU’IL A RETRECI !!
- D’abord, il n’a pas du tout rétréci ! Ensuite, tu vas me parler sur un autre "thon" ! protesta Skawya.
- Tu veux dire sur un autre "ton".
- Comment t’as su que j’avais fait un jeu de mots ?
- Ça s’entend !
- Ah bon ?
- Eeeh… firent tous les membres de l’équipage, une main ouverte devant soi, consternés par cet échange improbable.
A cette jérémiade de mainate, Skawya se retourna et détailla avec entrain un à un le groupe qui se trouvait devant elle. Elle s’attarda dans un premier temps sur Luffy, celui qui était le plus proche d’elle. Elle lui dit :
- Pauvre petit… je vois… Tu es triste parce que dans le passé, tu as été rejeté. Mais ne t’en fais pas, maman est là à présent…
Luffy ne comprenait pas une once de ce qu’elle déblatérait. Mais pour Skawya, c’était déjà trop tard, elle venait de traverser les lignes de son monde illusoire. Elle s’imaginait posséder quelques pouvoirs hors du commun, elle se croyait avoir la capacité de guérir toutes les blessures, même les plus inguérissables. Surtout les plus inguérissables. Elle tenait présentement une baguette agrémentée d’une grande étoile à son extrémité. Elle portait un long chapeau pointu, et elle se promenait impunément sur les ronces des cœurs qu’elle inspectait. Nulle douleur. Tendre compassion.
A Nami, elle dit :
- Inestimable enfant perdue. Je sens de la rancune dans tes yeux. Ne hais plus, chère fille. Maman va prendre soin de toi, je te le promets.
A Franky, elle dit :
- Grand gaillard farci d’amertumes, je lis ton mal-être dans ton cœur. Tu t’exhibes pour mieux te cacher, au plus profond, au plus profond… au plus profond de toi-même. Maman va te faire revivre.
A Robin, elle dit :
- Sombre demoiselle, fuyant des places tout aussi sombres. Tu cherches une chaumière accueillante. N’aies crainte, maman est revenue.
A Chopper, elle dit :
- Pauvre chou… Renié par tes parents, tu as longé un chemin de misère. Rejeté, rejeté, toujours, encore et toujours. Maman… maman va s’occuper de toi.
A Usopp, elle dit :
- Mensonges et calomnies. Avant de mentir aux autres, tu te mens à toi-même, tu te complais dans ta dérisoire façade de vie. Faible, tu es faible. Mais maman te rendra plus fort.
A Sanji, elle dit :
- Tu es fier. Fier et fort, puissant aussi. Mais il s’agit d’une puissance faible. Tu es épris de ta faiblesse, tu es épris de ta culpabilité. Tu es épris de cupidité. Alors tu cherches à aider. Mais c’est une aide impure. Maman te rendra pur.
A Zoro, elle dit :
- Ténébreux. Et pourtant si simple. Terriblement fort. Oui, fort… Mais tu es perdu. Tu es perdu au fin fond de ton être. Tu ne parviens pas à oublier. Tu ne retrouves pas ton chemin. Maman va te ramener à la maison.
A Vaunh enfin, elle dit :
- Obscur passé, noire future. Je sens comme un trou dans ton cœur. Tu cherches la clef. Tu la cherches si ardemment, si ardemment… Maman va t’y conduire.
°°°°°°°°°°
Après que la pression instaurée par Skawya lors de sa transe se fut dissipée, Joe expliqua à ses nouveaux amis qu’il ne fallait pas prendre les mots de sa sœur au sérieux. Il leur mit au courant de l’apparente schizophrénie chronique et anachronique de Skawya. Et ce faisant, ils se dirigèrent vers l’habitat de la famille adoptive de Joe. A noter aussi que Joe prit le soin de dire à ses commensaux de fortune le mode de fonctionnement de Fairyland. Les points essentiels à savoir étaient triples.
- Premièrement, dit Joe, même mort, le roi sans fin reste le roi de ce pays.
- Comment ? s’étonna Nami. Mais ça n’a pas de sens !
- Effectivement, cela semble absurde, renchérit Robin, qui, pourtant, n’avait pas la parole à profusion.
- Malheureusement, je suis bien d’accord avec vous, concéda Joe. C’est même pour ça que mon rêve est de changer un jour le devenir de ma contrée ! (Reprenant le dessus sur son élan :) Hem… mais les lois sont formelles, tant que le précédent roi n’a pas désigné de descendance, il demeure le roi en titre… et chacune des décisions importantes doit en passer par lui !
- Y’a longtemps qu’il est mort le roi ? s’enquit Luffy, se curant le nez.
- Ça va bientôt faire un an maintenant.
- Il est mort comment ?
- Luffy ?
Vraisemblablement, Nami reprochait à son capitaine son manque de tact, mais Joe coupa court à l’inquiétude de la jolie navigatrice :
- Ne t’en fais pas, ces questions n’ont aucune incidence. Le roi est mort d’une intoxication alimentaire.
- QUOI ?! beuglèrent-ils, n’en croyant pas leurs oreilles.
- Ridicule, n’est-ce pas ? siffla Joe.
- Ridicule, ridicule ! lâcha Skawya, à nouveau frais et dispos.
- Bref, comme il est mort sur le coup, le roi n’a pas pu désigner son successeur. Ce qui amène à la situation actuelle : un Fairyland ravagé par le malheur. Vous vous doutez bien que ne pouvant prendre la moindre décision, la misère nous a frappés prestement. C’est dommage, et on a tout essayé mais… les morts, ça ne parlent jamais beaucoup !
Observant un silence suite à sa dernière assertion, Joe continua peu après :
- Deuxièmement, les saules que vous voyez ici et là sont nos maisons.
- WAAAH ! s’émerveillèrent instantanément Chopper et Luffy.
- Et pour finir, troisièmement, (il leva la tête) la bâtisse que vous voyez flotter se nomme Laputa, le château dans le ciel. Les mythes racontent que là-bas se terre l’un des plus grands secrets du monde. Mais personne n’en a jamais rien su.
- Un château dans le ciel alors qu’on est sous terre ? demanda Sanji.
- Disons que c’est un château dans le ciel souterrain. C’est d’ailleurs la résidence officielle du roi sans fin. Personne ne peut y mettre les pieds.
- En fait, ajouta Skawya, Laputa était jadis situé sur les montagnes de cendre mais les vieux sages de l’époque ont jugé préférable de cacher le château aux hommes du commun afin de sceller le plus profondément possible le secret tant convoité. Alors ils ont fait creuser un gigantesque trou dans la montagne et y ont jeté Laputa. Et après avoir formellement interdit l’accès aux montagnes de cendre, ils ont proclamé la naissance de Fairyland.
- Toujours d’après les mythes, enchaîna Joe, Fairyland existe depuis près de cinq cents ans. Et on murmure que sa construction a pris plus de cent ans. La première raison évoquée pour justifier ce délai était que…
- Faire des trous ça creuse, continua Skawya.
- Les travailleurs devaient donc faire des pauses fréquentes. Voilà l’histoire de notre nation souterraine.
Tandis que les uns s’abreuvaient des déclamations des autres, ils ne virent pas immédiatement qu’ils étaient arrivés. Quelques secondes de latence plus tard, Luffy et consorts comprirent qu’ils se trouvaient devant le saule de leurs amis. Planté dignement derrière un énième arbre d’un vert foudroyant, le saule, d’une grandeur infinie, s’érigeait de tout son long, ses rameaux pendant paresseusement jusqu’au sol. Skawya les écarta comme un rideau de perles, jetant une sifflée de lumière rougeâtre dans la maison de feuilles. A l’intérieur, une pénombre rassurante enveloppait nos amis. De l’extérieur, on ne pouvait guère se figurer que les saules puissent être de si grands habitats.
Au risque de vous surprendre, pas moins de cinq pièces s’offraient à nos visiteurs : un séjour, une chambre pour les parents, deux autres chambres, une pour chaque enfant et même des toilettes. Etant donné que les pirates furent accueillis, comme attendu, dans le salon, voici comment il était agencé. A l’entrée était posé un porte-manteau de marbre marron. Au fond, un canapé de bois faisait face à une commode "range-tout". Lorsque l’on pivotait de soixante degré de ce point précis, on pouvait admirer une étonnante collection de coquillages aux milles couleurs coruscantes. Une cuisinière traversait le "mur" à l’extrême opposé, posant un regard indiscret sur l’ensemble de la salle.
- Vos parents ne sont pas là ? demanda Vaunh, un peu décontenancé par leur absence.
- Non, ils sont morts, répondit Joe, imperceptiblement contrarié.
- Oh ! Désolé, tenta de se rattraper le trentenaire, honteux d’avoir commis une bourde.
- Ça ne fait rien, assura Joe.
Et pour éviter un silence gênant, Skawya émit la question suivante, une pointe d’ironie au garde-à-vous :
- Qu’êtes-vous venus faire en Fairyland ? Pas du tourisme je présume ?
- On cherche un grand-père qui s’appelle… hésita Luffy.
Saisissant que le garçon élastique ne parvenait plus à mettre la main sur le nom du vieil homme, Zoro compléta :
- On cherche un certain Kunji.
- Oh !
Skawya ouvrit puis ferma la bouche, puis, elle étouffa un léger tressaillement à l’aide de ses deux mains. Tout œil extérieur vous dirait sans aucun doute que la jeune fille était pour le moins surprise par la réponse du sabreur. Et tout œil extérieur aurait bien raison. Joe prit le relais :
- Kunji… hum… j’ai entendu parler de lui. Vous savez, dans nos villégiatures, nous n’avons rien d’autre à faire que de cultiver notre jardin et de lancer des discussions. Aussi, des vieux hommes ont raconté un peu partout que Kunji se trouvait, à l’heure actuelle, dans le château de Laputa.
- Le château dans le ciel ? haleta Nami.
- C’est exact. Ici, Kunji est presque devenu une légende. Un être inaccessible. Il a été invité dans les galeries de Laputa parce qu’il était l’un des seuls détenteurs du mystérieux secret qui restaient au monde. Malheureusement, on ne peut poser un pied dans Laputa sans le consentement du roi sans fin. Et comme il est décédé…
Joe ne finit pas sa phrase. Mais ses convives avaient déjà compris l’essentiel. Joe dit :
- J’ai bien peur que vous n’ayez fait tout ce chemin pour rien…
- Pas de problème, on ira dans le château ! déclara Luffy, un sourire éclairant son visage.
- Pardon ? demanda illico Skawya, perplexe.
Le pirate au chapeau de paille, temporairement sans chapeau de paille, prolongea son sourire avant de répliquer :
- Au cours de notre traversée, on a eu des tonnes d’interdiction. Mais une interdiction est toujours faite pour être levée ! Et jusqu’ici, rien n’a pu empêcher notre progression !
Un lourd silence s’abattit sur l’atmosphère changeante de la pièce. Abasourdis par son bon sens soudain, les pensionnaires du Sunny-Go approuvèrent tous tacitement les dires de leur capitaine. Joe explosa d’un rire assourdissant. Skawya rida ses joues sous l’impulsion d’une hilarité montante. Alors que Luffy croyait recevoir une décharge de moqueries, Joe dit avec cérémonie :
- Les interdits sont faits pour être bravés ! Tu as absolument raison, Luffy ! D’une manière générale, ceux qui posent les interdits demandent même à ce qu’on les brave ! Sinon, ils n’auraient pas inventé les sanctions ! Une logique inflexible !
Une sérénade tambourina de part en part l’esprit de nos amis. Ils étaient plongés dans une liesse sentant bon le vent vivifiant de l’aube. Ce vent se mit à grandir et prit dans son torrent tous les doutes qui les assaillaient pour les emporter au loin, tout là-bas sur le perron du renouveau.
Une fois l’allégresse de raison rembrunie, Robin coupa le silence en fins lambeaux, et dit :
- C’est étrange… lors de notre marche pour venir ici, je n’ai pas eu l’impression d’avoir croisé quiconque…
- C’est vrai, sourit Joe.
- Depuis la chute du roi sans fin, poursuivit Skawya, les habitants de Fairyland ont tour à tour tous été en état de choc. Ils n’ont jamais voulu voir le déclin que subissait notre pays de face, alors ils se sont tous renfermés sur eux-mêmes en se blottissant chez eux…
- Mais vous, vous continuez bien votre vie, non ? questionna Vaunh.
- Parce qu’on refuse de se laisser abattre pour si peu ! rétorqua Joe.
Il y aurait probablement eu une accalmie dans la conversation si à ce moment là personne n’avait frappé aux feuilles du saule. Mais quelqu’un secoua les souples rameaux de l’arbre vert au charme si singulier. Joe alla voir qui pouvait bien venir les importuner alors que d’habitude nul ne daignait les déranger, que ce soit pour une tornade ou pour une poignée de sel.
Dès que Joe ouvrit sa demeure à l’inconnu, celui-ci éclata en sanglots, des tremblements aigus dans sa voix. Laminé par un faisceau de palpitations exsangues, l’homme qui se cambrait sur le seuil de la "porte" était tout de noir vêtu. Chapeau noir, pull noir, pantalon noir, chaussures noires. Hors d’haleine, il tenta de se faire entendre :
- Aah… c’est horrible ! Aah… vraiment horrible… Kunji… Kunji s’est fait capturer par une bande de pirates !
La vibration exhalée par l’inconnu à peine formée que Zoro et les autres avaient déjà mis des noms et des têtes sur cette « bande de pirates ». Il ne pouvait subsister aucune contrariété à leurs conclusions.
- Calme-toi, Sasuu, tempéra Joe. Pour l’instant, raconte-nous tranquillement ce que tu sais.
Sasuu était un des douze chevaliers de la table carrée, une unité d’élite spécialement entrainée pour la protection du roi sans fin. Mais outre la version officielle de leur existence, voici la version officieuse que bien peu connaissaient. La table carrée était une caste dont les membres se trouvaient être les descendants directs des vieux sages du temps jadis. Lorsque la royauté fut instaurée en Fairyland, les différents rois, se succédant les uns aux autres, remarquèrent promptement que les sages, leurs conseillers d’alors, avaient des idées indubitablement dangereuses pour leur pérennité. La raison fut toute trouvée pour justifier une faribole dont le but final était l’éradication pure et simple du clan des vieux sages. Mais ce fut sans compter sur la ténacité de ces sensés érudits qui réagirent vite et bien. Grâce à leurs relations haut placées, ils réussirent à imposer une idée de leur crue : l’introduction d’un régiment de chevaliers dont l’ambition portait sur une protection totale et transparente de sa seigneurie le roi sans fin. Ainsi, bien que voués à l’exil, les sages purent toujours garder une certaine main mise sur les actions du roi par l’intermédiaire de leur filiation déférente.
°°°°°°°°°°
Le groupe des pirates du chapeau de paille faisait front à une statue humaine, inscrite dans un empalement miroitant de beauté. Au-dessus de leurs têtes, flottait ou du moins trônait Laputa. Le château dans le ciel était en fait soutenu par quatre lacets invisibles, parcourant les hauteurs de Fairyland d’une extrémité à une autre. Partout où il rejetait ses ondes, l’herbe se dressait allégrement comme pour saluer avec respect la souveraine exclamation.
Il était certain que tous les membres de l’équipage furent diablement secoués à la vue de la statue, qui représentait le roi sans fin – couronne de lauriers vissée sur le crâne et tenue autocratique pendouillant sur le corps –, mais ils furent d’autant plus secoués quand Joe leur dit :
- Voici Dwane III, notre sainteté le roi sans fin. On l’a empalé pour l’immortaliser, n’oublions pas qu’il nous gouverne toujours. Inclinez-vous devant sa magnificence.
Face à la troupe présidée par le futur seigneur des pirates s’élevait une montagne de soldats, fermés, scrupuleux, droits comme un i. Ils avaient conscience que leur rôle de gardes du royaume n’était pas à prendre à la légère. C’est qu’ils ne cherchaient pas à se faire punir par leur roi.
La courbette de circonstance expédiée, Joe s’adressa au roi empalé, et avec convenance, il demanda :
- Mon bon roi, permettez-moi de vous souiller de mes mots, mais j’ai ici une requête à vous formuler. Ces hommes du haut, venant de l’île du crépuscule, désirent entrer dans l’auguste château que nous nommons avec amour Laputa. Condescendriez-vous, mon bon roi, à leur accorder cet honneur ?
Un phénomène unique et prodigieux se passa à ce moment précis. Si d’aucuns ne croyaient que cela puisse être possible, ce le fut pourtant. Du ciel s’effondra une roche d’une clarté maîtresse, symbole précurseur de l’incroyable aubaine de Luffy et de ses amis. Cette roche descendit des "nuages" pour fondre sur la couronne du roi. De l’impact qui s’ensuivit, Dwane III se courba, poussé par une entité supérieure. Les lois de Fairyland étaient là encore formelles :
- Gaah… le roi… vient de vous offrir sa bénédiction… bafouilla Joe, les yeux sortant de leurs orbites.
Sans tergiverser, les soldats s’écartèrent tous dans l’instant, une flopée de points d’interrogation fluctuant près d’eux. Mais ils étaient des professionnels, aussi, il était une obligation pour eux que de se comporter en tant que tels. En un bref mot, quoiqu’il advienne, ils ne pouvaient se permettre de quitter leur interface de travail.
Luffy sombra dans une alacrité à n’en plus finir.
°°°°°°°°°°
Joe et Skawya restèrent dans leur maison de feuilles.
Guidé par Sasuu, le preux chevalier, l’équipage du Sunny-Go examinait avec appétence les murets du château. Propulsés dans les airs par un mécanisme à l’ingéniosité non feinte (un plateau les ayant transportés jusqu’à l’entrée de Laputa), ils marchaient à présent à travers les infinies galeries de cette demeure ronflante de prodiges et autres merveilles. Ici, une fontaine les toisait de son regard humide, là, des lustres trainaient leur joliesse pour effleurer le sol. Et partout, des décors dignes d’un conte de fées les choyaient pour leur exposer leur chaleur et leur distinction. Néanmoins, petites ou grandes, toutes les salles étaient désertes, littéralement dépouillées de toute vie. Sans doute l’œuvre de ces satanés pirates du Nouveau Monde !
Lorsque Joe avait conseillé à Sasuu de se calmer et de leur raconter tranquillement ce qu’il savait, celui-ci avait répondu, ahanant de sueurs :
- Aah… Tout a commencé il y a quelques heures… un garde du château de Sifolis, à la limite de la mort, est venu à ma rencontre. Et il m’a raconté que le prêtre Neppu avait été massacré par des pirates sanguinaires et sans pitié malgré les effectifs qui le défendaient. Aah..
Profitant de la pause observée par Sasuu, Nami avait lâché :
- Sifolis ?
Skawya avait tout de suite interprété la question :
- Sifolis est un minuscule pays tenu par le prêtre Neppu. Il est situé à quelques montagnes de Fairyland.
- Aah… Après quoi, avait continué Sasuu, il m’a dit que le leader des pirates avait pris Neppu à part, et lui avait expressément demandé où se trouvait la septième « Lumière »… J’ai alors informé Kunji de la menace, au cas où ces mécréants s’attaqueraient à Laputa, mais il m’a dit de ne pas m’inquiéter. Et voilà le résultat ! Notre palais est ravagé, et ils détiennent maintenant Kunji dans la salle du trône ! Aah… aah…
Après avoir tourné à droite à une bifurcation, nos compagnons se retrouvèrent devant une allée démesurée. Des lampadaires incrustés de dessins et de reliefs, narrant les hauts faits du roi sans fin, s’alignaient dans une symétrie tout à fait élégante. Sur les murs s’ouvraient des fenêtres et des vitraux nobles et plaisants. Du plafond coulaient des luminaires phosphorescents, enveloppant la pièce d’un contre-jour charmant. En tournant à gauche au bout de cette allée, Sasuu s’étrangla tout à coup d’un cri perçant :
- MAIS !... MAIS !! IMPOSSIBLE ! LA SALLE DU TRÔNE A DISPARU ?!
Debout dans l’énorme salle vide, une ombre sortit peu à peu des ténèbres.
Aitken !
「To be continued」
#169 255
EnOd a écrit :Ensemble, poussons l’équipage de Luffy un peu plus loin… juste un peu plus loin.

Qu'est-ce que ça veut dire, "juste un peu plus loin"? C'est bientôt fini? T_T Je refuse! Je veux une autre aventure après! Je veux savoir ce que deviendrons les mugiwara d'EnOd! Je veux voir d'autres aventures avec Amy! J'en ai lu, des fanfics one piece, et aucune ne valait celle-ci. Faut que vous continuiez à écrire pendant looongtemps!
J'avoue avoir eu du mal, avec l'histoire du marquis, au début. Comment se retrouve-t-il dans l'ascenseur? Que devient-il? En fait, je n'ai rien compris à son intervention. ^^'
EnOd a écrit :Du figuré, peut-être, mais j’ai bien l’impression que Nami-chérie va vous défigurer tous les deux…
[...]
- Qu’est-che qui sh’est passhé ?...
- C’est Nami… répondit Usopp. C’est Nami qui est passée…
- Mais qu’est-ce que c’était bon !... s’exclama Sanji.
- Maso ! releva simplement Zoro.

Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Vive Sanji!
Enod a écrit :- Joe, tu viens de dire que les nouvelles têtes étaient rares ? C’est bizarre…
[...]
- Nope, je n’ai rien vu. Appelez-moi Joe.

Bon sang, mais vos nouveaux personnages sont toujours super bons!
EnOd a écrit :Son père, cet homme à l’expression vive et patibulaire, se sentait toutefois un peu coupable de ne pas se sentir coupable.

Encore! Encore!
A la fin, je trouve bizarre que Joe, Skawya et Sassu n'éprouve pas de méfiance pour leurs "invités" qui désiraient s'entretenir avec Kunji juste avant d'apprendre que Kunji viens justement de se faire capturer par des inconnus. Dans leur esprits, il me semble que la coïncidence devrait les troubler.
Merci pour ce chapitre!
#169 295
RMR a écrit :Qu'est-ce que ça veut dire, "juste un peu plus loin"? C'est bientôt fini? T_T Je refuse! Je veux une autre aventure après! Je veux savoir ce que deviendrons les mugiwara d'EnOd! Je veux voir d'autres aventures avec Amy! J'en ai lu, des fanfics one piece, et aucune ne valait celle-ci. Faut que vous continuiez à écrire pendant looongtemps!

TT_TT Merci beaucoup ! Honnêtement ça me touche énormément.
(Au fait, inutile de me vouvoyer - ça me gêne ^^ - parce que moi je tutoie tout le monde sur un forum ! \\o/)
Sinon, pour répondre à ta question, il est vrai que TV amorce sa dernière phase (plus précisément même ses deux dernières phases), mais en principe, j'en ai encore pour plus ou moins dix chapitres... Ce qui est tout de même relativement long.
Mais une fois de plus, un sincère merci, ça me fait vraiment chaud au coeur les qualités que tu me vantes.
RMR a écrit :J'avoue avoir eu du mal, avec l'histoire du marquis, au début. Comment se retrouve-t-il dans l'ascenseur? Que devient-il? En fait, je n'ai rien compris à son intervention. ^^'

Je vais me permettre pour cette question de copier/coller ce que j'avais déjà répondu ailleurs. (Décidément l'histoire du marquis est mal passée pour tout le monde T_T).
Alors, pour expliquer ce point précis, pour la première fois, je vais vous montrer un script préparatoire d'un chapitre (parce que je me l'étais déjà auto-expliqué une fois c'est pour ça).
Script préparatoire – 24e :
- Faire la blague du marquis : inventer une histoire totalement zarb’ sur lui (par exemple, il se fait shooter par une fille). Et faire le rapport avec la bombe, qui est en fait une vaste blague : il n’y a jamais eu de bombe et ce qui sort de la boite se trouve être le marquis de cire. (Parler de son mécanisme et de son mutisme pour laisser des indices…) En fait, la boite renvoie un peu aux pistolets en plastique où quand on tire un drapeau en sort, sauf que là quand ça explose, un marquis en sort. (Rappel 23 : « la boite explosa » – précaution de la narration, ce n’est pas l’ascenseur qui part en fumée.)
- Faire la blague du figuré/défigurer.
- Faire la blague de la métaphore.
- Fairyland : une vallée entre deux montagnes (une vallée c’est toujours entre deux montagnes, pauv’ naze !)
- Rencontre entre Luffy etc. et Joe et Skawya.
- Parler d’Eoden, sinon ça fera pas assez cohérent.
- Faire la blague du « appelez-moi Joe ».
- Faire la blague de la pêche-sorcière.
- Faire la blague du plafond (avec l’amour et les ailes et blablabla).
- Transe de Skawya.
- Roi empalé, intoxication.
- Background textuel de Joe et Skawya. (Frère et sœur, parallèle entre Joe, enfant abandonné mais aimé par le père, et Skawya, enfant de sang mais détestée par celui-ci. Thème de la recherche de l’identité : Joe découvre qui il est, il lâche son vrai nom – Sean. Skawya se perd et s’invente des histoires. Voir fichier correspondant pour les détails.)
- Background de la table carrée, en relation avec le background de Fairyland, blablabla avec les vieux sages de l’époque.
- Reparler du secret machin pour faire le parallèle avec le chapitre 15 (ou un truc comme ça).
- Le coup de la statue qui accorde la permission. C’est pourri mais ça me fait rire. ^^ Et Luffy aussi, faut qu’il rigole sinon c’est pas drôle.
- Histoire de Sasuu et d’Eoden, textuelle bien sûr ! (Pour faire là encore le parallèle avec le chapitre 15 ou un truc comme ça, et le moment où Eoden attaque un bâtiment des montagnes de cendre.)
- Reparler de la septième Lumière, parallèle gnagnagna.
- Luffy dit à Joe, Sasuu et Skawya qu’il va libérer Kunji parce qu’ils ont besoin de ses services. Et donc Joe décide de les emmener au château.
- Disparition de la salle du trône, et expliquer implicitement que c’est Aitken le responsable.
- Apparition du crétin dématérialisateur (tiens, on me souligne ce mot… est-ce à dire qu’il n’existe pas ?)
- Reste plus qu’à trouver un nom pour le château, yeah !

Et avec ce script, on remarque aussi que ça répond à ton autre question sur la fin du chapitre. En réalité, c'était prévu que Luffy explique qu'il va aller sauver Kunji, mais j'ai totalement zappé... Désolé. ^^'
Enfin, je suis fou, pour le fun, je vais laisser le chapitre en l'état ! (J'avais qu'à faire plus attention ! ^^)
RMR a écrit :Ha! Ha! Ha! Ha! Ha! Vive Sanji!
Bon sang, mais vos nouveaux personnages sont toujours super bons!
Merci pour ce chapitre!

C'est moi qui te remercie chaleureusement de ton soutien ! ^^
Sinon, comme j'ai bien l'impression que j'écris un peu pendant le mois de juillet pour presque complètement m'éteindre le reste de l'année, j'espère pouvoir boucler quelques chapitres d'ici peu. ^^
A bientôt !
#169 384
Comme RMR, je n'ai pas trop compris avec l'histoire du marquis pourtant je me suis dit si j'avais loupé quelques choses^^ c'est suite à ma 5eme relecture que je suis passé à la suite...pour m'apercevoir que c'était une blague :urg:
D'ailleurs toujours pas compris...
J'ai plutôt bien aimé Joe (d'ailleurs il aurai fallu écrire son vrai prénom par la suite^^) ainsi que la folle Skawya
La blague sur la statue m'a bien fait rigolé..
On comprends mieux pourquoi Joe n'a pas rencontrer les autres pirates..
La suiteuhhhhh!! et hate de découvrir les autres chevaliers de la table triangle
#169 406
Bon alors, pour l'histoire du marquis, en gros, je raconte lors des premiers paragraphes la vie que menait ce dernier à l'intérieur de la boite lâchée par Quarrel. C'est un trip, une sorte de mise en abyme, un univers en intromission dans un autre univers. Après avoir découvert ce qu'il y avait à l'intérieur de cette boite, on revient sur les faits qui nous intéressent, à savoir Quarrel a déclenché le compte à rebours de l'explosion, et la jeune fille fixant la montre symbolise ce compte à rebours. Lorsque le temps est écoulé, le mécanisme de l'explosion se déclenche, la jeune fille tire sur le marquis et le marquis sort de la boite. Par exemple, les auréoles sous ses pieds représentent le système de ressort propre à ce genre de farce et attrape. C'est un voyage romancé à l'intérieur d'un monde inanimé (tel que je le précise dans la toute première phrase du chapitre).
Voilà, voilà.
Pour Joe, le choix de continuer à l'appeler Joe était délibéré, c'est une quête de l'identité. Sean ne correspond pas au vrai caractère de Joe. C'est pourquoi Joe veut qu'on l'appelle Joe parce que sinon il perd ce qui fait de lui ce qu'il est. Et au passage, ça fait une blague. ^^
Sinon, merci pour ton commentaire Mr D., à bientôt !
#169 742
Voila plus d'un an que je lis cette fic, et elle est absolument géniale. Tu as un style fluide magnifique, une imagination débordante, oda-esque, et de l'humour a en revendre. Bref ta fic est très bien construite, la meilleure que j'ai lu jusqu'à là, on regrettera seulement les absences de plusieurs mois parfois entre chaque chapitre :cry:
#205 318
Edito : Je ne sais pas combien de lecteurs il me reste - peut-être aucun - mais voici toujours (enfin) la suite ! Et d'après mes calculs, il me reste encore dix chapitres à écrire après celui-là. Courage, ce sera peut-être terminé dans dix ans !
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「Chapter Twenty-five: Prologue」
Doucement, les mots se dissipaient peu à peu, laissant derrière eux des reliefs nouveaux, inexplorés. Les pages s’égrenaient avec une lenteur calculée, puis les chapitres, et enfin, tout.
Comme les ombres qui regardent vaguement le monde, bientôt, une lumière commença à jaillir. Elle grandit jusqu’à devenir irradiante, incandescente, et finit par faiblir pour se métamorphoser en un noyau rassérénant. Puis, la lumière revint. Dans la salle, aucun murmure, tout était calme, posé, plat, et telles des fleurs qui s’ouvrent au printemps, les lueurs pâlirent et torturèrent les yeux de l’assistance avec une barbarie sauvage.
- J’ai trouvé ça parfait ! Une histoire comme on en fait plus, des intrigues étonnantes, des dialogues sombres mais toujours drôles.
La voix courait dans l’air comme une mélodie. La sentence était tombée : admirable. L’homme en face se tint tranquille, il fit une moue de la tête et dit, fâché :
- Eh bien, moi, j’ai trouvé ça affreux ! Des pavés illisibles, une histoire inintéressante. Et par-dessus tout, un rythme trop lent, tellement lent qu’au chapitre suivant, on a déjà tout oublié du reste. Un style pauvre, jamais ardent. C’est là le gros problème de ce récit. Heureusement, c’est bientôt terminé.
- Je te trouve bien dur, reprit l’autre. Il ne faut pas oublier que tout ceci s’est fait de manière improvisée. Aucun plan, aucun dessein, il n’y avait là que volonté de divertir.
- Justement, ça ne m’a pas convaincu.
Les loups étaient lâchés. Ainsi débutait un débat sans fin. Que valait vraiment ce texte ? Les discussions allaient bon train.
Autre décor, même sujet. On parlait entre tous de ce livre précis, de ces phrases précises, jusqu’à cet auteur précis. Etait-il d’ailleurs si mauvais qu’on le prétendait ? Ou était-ce l’opinion publique qui lui dressait une toile de torts ? A propos, était-il seulement lu. L’une des tares de ce monde réside bien entier dans ce fait : personne n’est réellement lue, aussi parce que personne n’écrit vraiment. Mais cette fatalité était, au demeurant, escamotée par la censure des esprits de ce monde. Dans une salle de grand spectacle, une jeune femme se leva comme un seul homme, et ainsi elle parla :
- Cette histoire devient de plus en plus obscure ; en vérité, elle devient même incompréhensible ! Et pourquoi, vous dis-je, suis-je apparue ? Tout ça n’a aucun sens ; et si les personnages apparaissent et disparaissent au gré des envies folles de l’auteur ; et si le scénario lui-même est effacé, décousu, désincarné ; et si, du haut fond des écrits, l’empereur s’amuse à pousser des pions ; et si moi-même me mets à délibérément dire mille sottises, au-delà du miroir qu’est cette histoire, du rêve et de l’imagination, au-delà de toute considération, en vérité je vous le dis, nous allons droit dans le mur !
- Demoiselle, ta parole est censée. Mais où veux-tu en venir ?
- Où je veux en venir n’a pas d’importance, la vraie question à se poser est d’où je suis venue.
Un brouhaha s’éleva dans les airs :
- Tu comprends quelque chose, toi ?
- Tu rigoles ? Je suis comme tout le monde, abasourdi et pourtant hypnotisé par ce qui se passe. La césure est inouïe. Quelle idée !
- De quelle idée parles-tu ? Sais-tu seulement de quoi tu parles ?
- Non, mais commenter est encore la seule chose qu’il nous est donnée de faire, à défaut de saisir, de comprendre. Au fond, qu’importe l’histoire ? Du reste, je ne suis qu’un personnage, apparu là par un total hasard.
- Mais il y a quelque chose qui cloche ; ce n’est pas logique. Et néanmoins, si ! ceci est la seule explication possible ! Mais dans ce cas, mon dieu, comment est-ce possible ? Ce devrait être le contraire, une subtile disparition ; que vient faire ici cette apparition ? Notre apparition ?
Dans l’arrière-salle, on parlait encore :
- Un esprit critique s’interroge. Et si tout ceci n’était qu’illusion ? Qu’en penses-tu ?
- Je ne sais pas, je suis largué, complètement. D’un chapitre à l’autre, autre décor ! Le néant ! Une infime disparition…
De disparition, ce personnage disparut à son tour.
- Où es-tu passé ?
Et celui-là aussi, dans un froissement de bruit, disparut.
Et enfin, dans un bruissement froissé, tout commença à s’évaporer. Les décors, lambeaux de descriptions, s’effacèrent doucement. Les mots se décolèrent de la feuille, la feuille du support. Et les chapitres, et les phrases, et la ponctuation partaient en tous sens. Et dans un dernier râle, même le narrateur dispar…
Et là-dessus, Laputa, le château dans le ciel, se dressa sous les yeux ébahis de Sanji. Et là-dessus, le cuisinier au grand cœur fut transporté, comme transplanté, à l’intérieur du château. Et là-dessus, sous un néant infini la salle, immense et sombre, reparut enfin. Et enfin, Aitken se fit jour devant Sanji. Dans cette arène où un combat à mort se préparait, ils étaient désormais seuls. Plus rien ne se faisait entendre sinon le silence. Et c’est dans ce même silence que tout reprit place. Et tout reprit ses droits.
Aitken paraissait presque ennuyé. Il fixa longtemps Sanji d’un regard noir, tout mystérieux mais sans haine, comme désintéressé. Assurément, l’homme aux cheveux jaunes venait de voir un spectacle à nulle autre pareille. Frappé d’étonnement, que pouvait-il faire d’autre, hormis rester là bouche bée, inondé d’admiration peut-être pour cet illusionniste d’Aitken ? Ô meurtrier, que de fascination dirigée vers toi ! Le silence commençait à devenir pesant. Dans la salle déserte alors Aitken prit la parole :
- Tu viens de le voir… mon pouvoir est immensément riche. Sans doute le plus grand pouvoir au monde ! Tu veux toujours m’affronter en combat singulier ?
Malgré la stupeur qui trainait encore sur le visage de Sanji, celui-ci ne tarda pas à répliquer :
- Bien sûr que je veux t’affronter, si on peut appeler ça un affrontement ; parce que je dirais plutôt que ça va être un massacre !
- Un massacre pour qui ?
- Tu le sauras très bientôt ! répondit Sanji, un sourire monstrueux vissé aux lèvres.
A peine eut-il prononcé ces mots qu’Aitken avait déjà disparu. L’instant d’après, Aitken se présenta devant son adversaire et, vif comme l’éclair, faufila sa main vers le visage de Sanji. Tout se passa si vite que le cuisinier n’eut pas le temps de comprendre pleinement ce qui lui arrivait. Aitken recula de deux pas, prit une impulsion puis revint à la charge. Et d’un coup de pied envoya valser au sol un Sanji visiblement dépassé. Lorsqu’il se releva, il constata avec surprise et horreur qu’il lui manquait son bras gauche ! Se tenant l’épaule du bras manquant avec le bras qui lui restait, il souffla :
- Enfoiré… qu’est-ce que tu m’as fait ?!
- Mais exactement la même chose que j’ai faite à ton compagnon… Zoro, c’est bien ça ? Exactement le spectacle que je t’ai montré pas plus tard que tout à l’heure !
Sous l’air interdit révélateur de son ennemi, Aitken soupira et consentit à fournir quelques explications supplémentaires à son propos :
- Il s’agit tout simplement de l’exercice de mes pouvoirs, idiot. De la même manière que j’ai dématérialisé cette fiction, j’ai fait disparaitre ton bras !
Aitken laissa couler un nouveau silence. Ainsi donc la vérité éclata dans toute sa nudité : l’homme de main d’Eoden venait purement, et en toute simplicité, de dématérialiser le récit lui-même !
- Mais, continua-t-il, ne t’en fais pas. C’était juste une démonstration de l’étendu de mes pouvoirs. Je ne dématérialiserai plus, désormais, la fiction. Après tout, c’est là le plus immense des talents, parce que ce talent me procure roi absolu en ces lieux ! Je dois même dire que je ne suis pas suffisamment lâche pour utiliser une telle capacité. Cependant, pour toi, je n’aurai aucune pitié !
- OK, je comprends mieux à présent… Mais, désolé de te décevoir, c’est moi qui serai sans pitié : je n’ai pas oublié ce que tu as osé faire à Amy de mon cœur !
Depuis quelques minutes, la grande salle vide de Laputa pliait sous les impacts inouïs des deux pirates. Bien que Sanji ait perdu son bras gauche, il ne s’en laissait pas compter ; et c’est avec une résistance incroyable qu’il faisait face aux assauts répétés d’Aitken, qui se montrait impitoyable. En termes de piraterie, Aitken faisait sûrement partie de ceux, rares, qui avaient une vision déiste du monde en ceci qu’il éprouvait une admiration sans bornes pour son capitaine. Pour lui, Eoden se tenait tel un Dieu, ni plus ni moins ; et pour lui, il renverserait tout royaume s’il le fallait. En cet instant, l’homme à l’aura noire avait besoin de lui pour retenir l’équipage du chapeau de paille. Pas question de fléchir ne serait-ce qu’un moment ! Aitken savait son rôle, et dès le début il s’y était préparé.
Les coups de Sanji demeuraient tous sans efficacité, la faute à son adversaire qui, à une fraction de seconde du contact, se dématérialisait pour pouvoir esquiver. Néanmoins, Sanji commençait à assimiler les déplacements et les ruses d’Aitken, et dès lors, il parvenait lui aussi à éviter ses attaques les plus meurtrières. Alors que le statu quo semblait s’installer, soudain, Aitken eut un mouvement imprévu : se déportant sur la gauche de Sanji, il fonça tout à coup sur lui et dans le même geste le traversa tout entier !
「Assaku」
Le cuisinier resta immobile un temps. Et brusquement, un filet de sang s’échappa de sa bouche. Il tomba à genoux et, tête baissée, respirait avec difficulté. Un regard noir fut jeté sur Aitken, lequel se tenait impassible. Il passa sa main sur son visage et écrasa une petite éraflure.
- Tu n’es pas n’importe qui ! Dire que tu as été assez rapide pour me porter un coup lors de mon attaque…
Sanji ne répondit pas à ce compliment. Il était irrémédiablement sous le choc de la puissance dévastatrice d’Aitken. Il avait bien compris, au moment de l’impact, de quelle nature était l’assaut qu’il venait de recevoir : une irascible compression de ses organes internes ! A n’en pas douter, il était maintenant plus que touché. Et il savait mieux que quiconque qu’il ne lui restait plus, à présent, beaucoup de flèches dans son carquois pour riposter. Et le temps pressait aussi pour Zoro et pour son bras disparu.
「Ten minutes earlier」
Aitken, absolument seul au centre de cette salle indiciblement vide, assis en tailleur, contemplait avec émotion les plis des rideaux qui jonchaient les fenêtres alentours. Sasuu étouffa un cri d’épouvante à la vue de cet homme qui paraissait on ne peut plus instable. Sanji, comme possédé, se lança vers Aitken et lui porta une série de coups, qui fut toutefois facilement esquivée par son destinataire. Sortant de sa rêverie apparente, l’homme d’Eoden adressa un salut minime à son assistance et dit avec cérémonie :
- Bienvenue dans ce que j’appelle… « la toile de la disparition » ! Vous êtes sur mon territoire, alors si j’avais un conseil à vous fournir, je vous dirais de prêter attention…
- On a pas le temps de jouer avec toi, fit Zoro.
Et l’épéiste fonça à son tour sur Aitken tous sabres dehors. Alors qu’il allait abattre ses lames sur lui, Aitken disparut dans un bruit de soie et réapparut juste derrière Zoro. Il posa sa main droite sur son dos et avant toute réaction…
「Shoumetsu--sou」
Le sabreur s’évapora entièrement dans l’air ! De lui il ne restait plus aucune trace ! Tandis que tout l’équipage de Luffy était éberlué par cet événement inattendu, Aitken siffla d’un air mi-amusé mi-sérieux :
- Dégage ! Moi non plus, je n’ai pas le temps de jouer avec toi…
- QU’EST-CE QUE TU AS FAIT A ZORO ! hurla Luffy, hors de lui.
「Chewiiing… Punch」
Le poing élastique de Luffy traversa Aitken avant de revenir à son propriétaire.
- Ce que je lui ai fait ? Mais trois fois rien : je ne l’ai même pas tué si tu veux savoir. Il a juste un peu disparu, et avant qu’il ne soit consumé complètement par le vide, je dirais qu’il lui reste encore… à peu près trente minutes à vivre ! Malheureusement, vous ne pourrez pas le sauver !
Aussitôt, une énorme trappe fit son apparition sous les pieds de tout le monde sauf Sanji. Et tout aussitôt, avant qu’aucune autre parole ne fut énoncée, tout le monde passa à travers la trappe ainsi ouverte ; et seul demeurait plus que le cuisinier. Interloqué, il lança un œil interrogateur à son opposant, qui comprit immédiatement qu’il fallait donner une explication à cette mascarade :
- N’oublie pas que je possède les pouvoirs d’un fruit du démon, et d’un puissant qui plus est. Ne t’inquiète pas, tes amis ne sont pas morts, nous ne sommes pas des monstres pareils. Et je n’ai pas oublié non plus que je te devais une revanche… Ce sera donc un combat singulier entre toi et moi !
- T’es plutôt fair-play, toi, dit Sanji après un court silence. Et pourquoi fais-tu tant de manières ?
- Parce que j’aime jouer avec des règles du jeu, sinon la victoire ne vaut plus rien. Mais avant, laisse-moi te montrer quelque chose d’intéressant… toute l’étendue de mon pouvoir !
°°°°°°°°°°
Sous la trappe d’Aitken était un tout autre monde. Une nouvelle pièce, tout aussi grande cependant que la précédente, mais bien plus décorée. Des vitraux somptueux ornaient le mur sud, et des spots d’une lueur incandescente envoyaient leur lumière partout à travers la salle, l’éclairant si bien que pour qui se tenait là, c’eut été presque aveuglant. Sur le plafond, la trappe gigantesque avait déjà laissé place au plafond même, et pour qui ne savait pas, on n’aurait pu deviner qu’ici s’était ouverte une cavité de taille. Luffy atterrit le premier, et, en l’absence de Sanji, puisque la chute était tout de même importante, il aida Nami à atterrir à son tour. Robin s’aida de bras artificiels pour amortir sa chute, tandis qu’Usopp s’écrasa lamentablement au sol, une lampée de bave coulant de sa bouche. Chopper remit son chapeau en place et chercha des yeux Sasuu. Mais il n’y avait nulle crainte à avoir : le preux chevalier était tombé avec grâce, avec tant de grâce qu’il en perdit sa perruque. Malgré ce moment délicat, le renne, tout innocent, demanda :
- Wow ! Vous pouvez enlever vos cheveux de la tête ? Trop fort !
- Mais non, imbécile, intervint Usopp, c’est une perruque !
Gêné, Sasuu, pour qui c’était inhabituel de plaisanter en des temps si troubles, répondit :
- Hum… oui, enfin, oui, c’est une perruque et…
Comme il ne finit pas sa phrase, Chopper s’exclama, lumineux d’étoiles et les sabots en croix :
- Un perroquet ? C’est un perroquet que vous avez sur la tête ? C’EST ENCORE PLUS FORT ! WOW ! TRIPLE WOW !
Toutefois, l’heure n’était pas à la rigolade, et devant eux nos amis virent des ombres s’élever. Sortant à la lumière des spots brûlants, les membres de l’équipage d’Eoden se découvrirent. Ils étaient deux hommes et une femme. Mais déjà s’amoncelait une dispute dans cette atmosphère lourde :
- Yayayaya, Somaaaa ! J’vais te buter, raclure ! vociféra Leon, sortant ses pistolets et mettant son compagnon en joue.
- T’as un problème, vieux schnock ? Et puis d’abord, qu’est-ce que je t’ai fait, HEIN ?
Niki fut prise d’un bâillement d’ennui pendant que le tireur d’élite répliquait d’une voix monocorde :
- Baaah, j’sais même pas pourquoi j’te cherche en fait… mais c’est tellement devenu une habitude que si je le fais pas, j’ai l’impression que y’a un truc qui cloche…
- C’est toi qui cloches, pauvre cloche !
- Voilà pourquoi j’te cherche, enfoiréééé !
- Ben, ça y est, tu peux être content, tu m’as trouvé maintenant !
Leon ne se fit pas prier deux fois. Dans un déplacement élégant, il se porta au niveau de Soma et lui asséna un coup avec le cross de son révolver, coup qui n’atteignit pas son but. Une balle siffla alors dans les airs mais comme elle atteignit Soma, elle s’immobilisa aussitôt et tomba doucement dans ses mains.
- Hmm… Des balles calibre 0.12 ? Eh beh, t’y vas pas de main morte, dis-moi…
- Bien sûr que non, mon but est de te trucider ! J’te laisserai jamais Niki !
- Mais de quoi tu parles ? J’en veux pas de ta Niki !
Excédée, l’intéressée sortit son ancre et par un mouvement circulaire, elle chercha à trancher la tête de ses deux amis quelque peu débiles. Leon évita l’attaque assassine en armant un shotgun qu’il utilisa pour se propulser en arrière. Quant à Soma, il se baissa avec un ridicule exacerbé afin de garder sa tête sur ses épaules.
- T’es dingue ! vitupéra-t-il. T’as failli nous tuer !
- Ouais, rétorqua Niki, et la prochaine fois, vous pouvez être certains que je ne vous raterai pas !
Leon dit :
- Je sais pas pourquoi tu nous en veux, tendre Niki, mais en tout cas, ce serait un plaisir de mourir de tes mains !
- Pourquoi je vous en veux ? demanda de façon rhétorique la jeune femme. COMBIEN DE FOIS IL VA FALLOIR QUE JE VOUS DISE DE NE PAS M’APPELER PAR MON PRENOM, BANDE DE GUEUX ?
- C’est bon, c’est bon, arrête de crier, t’es lourde…
- SOMAAAA, NIKI DE MON CŒUR N’EST PAS LOURDE DU TOUT ! ELLE A UN POIDS IDEAL !
Leon se précipita sur Soma, mais, le ratant, il faillit tomber par terre et put se rattraper in extremis, lui aussi par un ridicule exacerbé.
- Crétin ! lança Soma. M’en fous du poids de Niki, c’est pas de ça que je te parlais de toute façon !
Et cette fois-ci, Niki ne les rata pas en effet. Les deux joyeux lurons, qui lui servaient de compagnons d’armes, rejoignirent sous son impulsion les bras de Morphée, une bosse sur le crâne de chacun.
Devant cette scène ahurissante, parce que quasiment surréaliste, une goutte d’eau fit son apparition derrière la tête de tout un chacun. L’équipage de Luffy venait d’oublier pour un temps tous ses soucis ; et perdu aux confins du jeu joué involontairement par Leon et consorts, nos amis étaient simplement ébahis tout autant qu’irrationnellement amusés. Dans un murmure, Nami, animée par une sorte de dialogue intérieur, plaida :
- Quelle bande de tarés… ils seraient presque pires que Sanji et les autres…
En un sens, la jolie navigatrice se félicitait d’avoir découvert en ce jour pareils spécimens, car en un sens, cette découverte venait d’apaiser tous ses déboires : il y avait pire ailleurs, dieu merci ! Pour autant, ce sentiment de félicité ne dura pas bien longtemps car elle n’avait pas perdu conscience du fait qu’ils restaient des ennemis, des obstacles contre qui il allait falloir se battre dans l’espoir de se frayer un chemin jusqu’à Kunji. Instinctivement, et même si personne n’en avait soulevé l’hypothèse, Nami ne voyait qu’un seul endroit où pouvait être retenu captif le légendaire Kunji : la salle du trône disparue, sans doute par l’œuvre d’Aitken.
Les membres de l’équipage d’Eoden savaient toutefois qu’il y avait un temps pour jouer et un temps pour faire déjouer leurs ennemis. C’est pourquoi, imperceptiblement, ils arrêtèrent de se chamailler pour se tourner, uniformes, vers Luffy et ses comparses. Un silence de plomb se fit dans la grande pièce aux décors pourpres et lumineux, un silence que ne semblait pouvoir briser que le plus gaffeur du lot. Parfois toutes les prévisions peuvent se vérifier à une vitesse inimaginable, parce que déjà Luffy s’avançait vers Niki et lui disait, l’air de rien :
- Salut ! Moi c’est Luffy, le futur seigneur des pirates. Tu saurais pas où est le vi…
Ni une ni deux, Soma se jeta sur le capitaine du Sunny-Go et l’entoura de ses deux bras.
「Kotei… Irounaku」
A cet instant précis, Luffy fut complètement immobilisé, il ne pouvait plus bouger d’un iota. Et il le sut bien vite qu’il venait de tomber dans un piège enfantin. Trop tard, il ne pouvait plus même parler. Soma recula quelque peu sous les regards désabusés de nos compagnons.
- Là, tu vas regarder la déroute de tes potes bien gentiment. Et dès que notre capitaine sera disponible, il viendra finir la baston qu’il avait commencée avec toi. Tels sont ses ordres, et ça me plait pas parce que j’aurais bien aimé en profiter pour te mettre une sacrée raclée, m’enfin, c’est pas comme si j’avais le choix.
- Arrête de faire ton frustré, fit Leon, taquin, de toutes les façons, tu sais bien que t’es trop nul pour pouvoir t’occuper d’un mec comme chapeau de paille…
- TU ME CHERCHES OU QUOI ? QU’EST-CE QUE JE VIENS DE FAIRE LA, D’APRES TOI ? JE ME SUIS PAS OCCUPE DE CHAPEAU DE PAILLE PEUT-ETRE ?
- Bof, tu l’as pris en traitre… avoue !
- Ma parole ! mais je vais le tuer, ce bouffon !
- Plus tard ! On a du travail les zozos !
- Oui, Maîtresse Niki ! s’exclama Leon.
- Tsss… le pire c’est qu’elle a raison, concéda à contre cœur Soma.
Bien qu’ils n’aient soufflé mot, les membres du Sunny-Go savaient la tâche qui les attendait : éliminer, quel que soit le moyen employé, les trois parasites, si on peut dire, qui se tenaient devant eux. Ils étaient encore sous le choc, du moins en apparence, de la défaite-éclair de leur leader si peu prudent. Maintenant réduit à voir la suite des événements telle une statue, ce dernier n’avait plus qu’à espérer de toutes ses forces que ses amis sortent triomphants de leur combat à venir.
Tous les protagonistes de l’affrontement explosif qui se préparait inexorablement retenaient leur souffle ; tant et si bien que de loin, on eut pu croire à une pose qu’ils s’efforçaient de maintenir en vue d’une représentation picturale de la scène. Troublant était le mot. Si troublant que le calme qui jusqu’alors fixait sa loi se déroba au bruit, aux sonorités diverses, éparses et violentes. Un épais nuage de poussière se propagea dans l’atmosphère et se dissipa peu à peu. Mais pendant ce temps, infini et même si court, la bataille s’engagea ; elle fit rage, elle fit bruit, elle fit force brutalité.
Vaunh qui, jusqu’à maintenant, s’était fait fort discret, fut pourtant le premier à se jeter corps et âme dans l’affrontement. Et tous les autres avaient suivi, mis à part bien sûr Sasuu, qui n’avait de preux que le nom et de chevalier que le titre, encore qu’il restait quand même courageux, ce qui ne contredisait finalement pas tant son côté preux. Naturellement ou semblablement, des groupes se créèrent au sein de cette grande troupe armée : Niki se retrouva ainsi aux prises avec Robin et Chopper ; Soma avec Franky et Vaunh ; Leon avec Usopp et Nami. Sasuu, quant à lui, avait pris le parti d’accepter d’être en retrait. D’une certaine manière, l’équipage de Luffy était déjà en supériorité numérique, et pour ainsi dire, cette configuration ne s’était pas souvent présentée à eux au cours de leurs différentes aventures. Cependant, ce statut ne leur assurait bien évidemment pas une inéluctable victoire, loin de là. Et au demeurant, ils en étaient tous terriblement conscients. En premier lieu parce qu’ils étaient tous terriblement conscients de la force de frappe toute colossale de leurs actuels ennemis.
Robin se servit de ses bras d’apparat pour réduire au maximum les mouvements de Niki mais celle-ci parvint à se défaire facilement de la prise de l’archéologue grâce à un jet d’ancre ample, qui élimina tous les bras artificiels. Puis, elle fit revenir son arme en tirant un coup sec sur la chaine qui la connectait à l’ancre. Néanmoins, pendant que Niki était occupée par Robin, Chopper en avait profité pour se glisser dans son dos. Il tenta de lui porter un violent coup de sabot… mais Niki, prompte et agile, esquiva sans mal l’embuscade du renne. Et elle réussit même à éloigner l’animal au nez bleu d’elle en décrivant un cercle avec son ancre.
- Robin, il va falloir que tu l’occupes un peu. Je vais essayer de trouver son point faible ! s’écria Chopper, plaçant d’ores et déjà ses sabots en position du « Scope ».
- Très bien, répondit Robin, croisant toujours les bras.
- Et… qui c’est que tu souhaites occuper ? s’enquit Niki, malicieuse, alors qu’elle s’était placée à hauteur de l’archéologue.
Robin évita un premier coup d’ancre, puis un deuxième.
Fatiguée, Niki Fowler s’échappa de cette enlise et dit :
- Bien… je crois que je vais devoir te montrer un truc plutôt sympa… Observe bien !
Là-dessus, la jeune femme plaça son ancre près de sa poitrine et chuchota.
「Awareness」
Et à nouveau, l’ancre décrivit un arc de cercle en direction de Robin, laquelle eut le réflexe de se jeter à sa gauche pour fuir l’attaque. Mais tandis qu’il semblait qu’elle n’était plus à portée de l’arme de Niki, Robin fut malgré tout touchée ; et alors, même si a priori il ne s’agissait là que d’une écorchure, sous le poids de la surprise, elle mit un genou à terre. Niki esquissa un petit sourire sans joie, irritée de n’avoir pu faire mieux.
「To be continued」
#205 485
:banzai: LE retour ^^
Pour te faire une idée des lecteurs, t'as qu'à voir le nombre de vues ^^. Pis t'as RMR et moi qui te lisent de toute façon. Là je suis dans un cyber miteux, donc j'éditerai un autre jour pour te dire ce que je pense des chapitres de tes deux fanfics
Bonnes vacs =)
#205 537
La qualité est toujours au rendez-vous!
Je ne suis toujours pas fan des moments où on sait dans l'histoire qu'il s'agit d'une histoire, mais c'est un choix, et ça n'enlève rien à la qualité de l'histoire!
Les ultimes combats commencent! Je me demande bien quelle conclusion tout cela va trouver!
#208 782
Edito : Je ne sais pas combien de lecteurs il me reste - peut-être aucun - mais voici toujours (enfin) la suite ! Et d'après mes calculs, il me reste encore dix chapitres à écrire après celui-là. Courage, ce sera peut-être terminé dans dix ans !

Je ne sais pas s'il te reste des anciens lecteurs, mais tu en as un nouveau et totalement accro :yatta:
#217 720
super chapitre la qualité toujours au rendez vous.
pour les lecteurs je pense que tu n'a pas a t'inquiéter il y en aura toujours!