Hop, petite plongée d'archéologie. Comme évoqué dans le topic d'un autre truc dramatique (Fairy Tail, pour ne pas dénoncer), je me suis lancé
un défi : relire Naruto pour comprendre où ça a dérapé. A la relecture (de mon post), c'est un peu le genre de positionnement que j'ai énormément combattu, plein de condescendance et de critique (Appelant un "Ben si t'aimes pas, pourquoi tu lis ?" pas très constructif non plus, bien qu'assez sensé), mais je tente d'être construit dans ma démarche. (A la relecture du tout, c'est illisible, mais ça m'aura défoulé

)
J'en suis quasiment au chapitre 600. (C'est pour ça que c'est un peu désabusé comme post, peut-être)
Et en fait, comment dire.
J'ai un peu l'impression d'un
glissement par "couches progressives" ; comme si on avait des strates de neige de différentes densité qui lâchaient les unes après les autres, pour finir sur une énorme avalanche de merde (cette métaphore a un peu dérapé elle aussi).
La toute première couche (entre autres), c'est Sasuke. Mais Sasuke, c'est un peu une strate de neige molle, parce qu'il glisse tout doucement du "personnage avec un mobile et du mystère" vers "Rha mais gomme-le, bordel, GOMME-LE OU JE DÉCHIRE CETTE PUTAIN DE PAGE ET J'ÉVENTRE UN LIBRAIRE". Comme tous les personnages de Naruto, il est
"un peu" stéréotypé au début, et en particulier, au niveau du pivot de l'ellipse (juste après, pour être plus précis), ce qui était un poil lassant devient
un peu chiant en se cristallisant dans quelque chose de caricatural.
La seconde couche, c'est Sai. Pourtant après, il devient moins lourd hein. Mais à ses débuts... Rholàlàlàlà. C'est lui le coupable de tout un pan de la médiocrité du machin.
C'est lui qui introduit la discussion sur "pourquoi l'amitié, c'est bien" (qui a ouvert tout un courant de pensée mangatique, et débouché, si je puis dire, sur Fairy Tail et le "TGCM de l'Amouritié"

. A ne pas confondre avec "
oui mais, pourquoi c'est drôle". Du coup, Sai (qui ne fait rien avec des moutons) se trouve
responsable de la dérive de Naruto, qui de son trouble mono-maniaque (grave complexe du sauveur avec Sasuke) sombre carrément dans l'obsessionnel compulsif.
La troisième couche, c'est Sasuke. Bordel, 300 chapitres (400 ? 500 ? De toute façon, c'est valable jusqu'à 700), et
il a PAS. CHANGÉ. D'UN. PET'. Si, il s'est sorti du power-up du popotin, on sait paaaas trop comment. Du coup il est surpuissant, parce que... ah oui, surpuissant parce que pas content. Okéééé. Bon, là, c'est plus très évolutif. Le combat contre Itachi est
plutôt cool (quoique, au huitième niveau de Genjutsu-ception, c'est un peuuu redondant), puis ses quelques défauts sont rattrapés par le background d'Itachi. Mais pour Sasuke... C'est le dérapage : "Tiens, j'ai atteint mon objectif, je pourrais faire des trucs, devenir un peu moins relou (et éviter à Naruto de sombrer complètement)...
Non tiens, au lieu de ça je vais m'enfoncer encore plus, parce qu'on est au milieu du manga, et là comme tout le monde il faut que je devienne 'UN PEU PLUS' stéréotypé"...
La quatrième couche, c'est Pain. Parce que bon, Naruto s'enferme un peu dans sa névrose pacifiste, et là, Pain vient VRAIMENT enfoncer le clou.
La cinquième couche, c'est Sasuke. A ce stade du manga, les gens n'utilisent pour ainsi dire qu'
une seule technique chacun (ce qui est plutôt limite pour tous, mais carrément perturbant pour le "ninja aux mille techniques"...), mais Sasuke en sort royalement deux, pis en fait une seule suffit, parce que bon, comme on dit :
"Susanoo : because fuck you, that's why".Je n'évoque pas les
Kage du passé sortis de nulle part et pour pas grand chose (si ce n'est rajouter des combats pas forcément indispensables dans une guerre qui prend gentiment un gros tiers du manga), les mécaniques de dupe de base qu'on trouve plus dans aucun jeu vidéo un peu soigné (tu meurs => je récupère tes yeux sur ton cadavre => je te ressuscite => tu as tes yeux => ça fait que tes yeux uniques existent maintenant en quatre exemplaires.
Parce que fuck you. Et si je veux,
je fais ça avec des bijuu aussi tiens), tous les personnages dont le chara design se réduit comme peau de chagrin, la guerre Duracell qui est lancée sans aucun intérêt (bah oui, le but c'est de chopper Naruto alors qu'ils ont déjà le chakra du Kyubi dans les frères Ginkaku et Kinkaku, et le chakra du Hachibi dans son tentacule...), et qui n'en finit paaaaas... Et la quantité à peu près illimitée de types qui "sont
le seul à pouvoir combattre d'égal à égal avec les bijuu" (Madara avec son Susanoo, Kisame (qui a tout à fait le même niveau que Madara hein, on est bien d'accord), Gin/Kin,...).
Et par contre, j'ai beau avoir relu hein, je comprends toujours pas concrètement
comment le Sharingan fonctionne. C'est un truc qui donne une très bonne perception ? Ou c'est un outil d'hypnose, comme un Deluxe Genjustu ? Ou c'est une sorte de "couteau-suisse surpuissant, qui fait un peu ce qu'il veut" (pas mal d'illusions, je suis capable de percevoir tous les mouvements, mais aussi, why not, je fais des des flammes infinies, et pis l'armure ultime, que je comprends même pas
comment on peut encore parler de la défense de sable de Gaara une fois que Susanoo est apparu).
Et le Rinnegan, "le" machin ultime si je comprends bien, il a les champs de vision partagés, eeeeeet... six techniques. Ah ben je comprends, dans le monde des chapitres 400+ à 1 technique par personnage (hormis les surdoués à deux techniques), c'est quand même monstrueux. Enfin, pour avoir six techniques, il faut six bonshommes. Ça change paaaas le fond du problème. Du coup, Naruto qui dans les premiers volumes arrivait à faire des trucs de ouf avec deux shuriken, deux clones et une métamorphose,
il aurait déjà dû être Hokage non ? On se serait peut-être économisé des ennuis...
Bon, je vais quand même finir hein.
Mais bordel, 100 chapitres de guerre encore...
Pis surtout le final contre la
LAPINE DE LA MORT...
Pis le post-final avec....
...
...
SASUKE QUI CHANGE RIEN, PUTAIIIIIIN RHAAAAAA NOOOON JE MANGE MA COOOOOOLLE.
Seule consolation : voir Sakura finir avec une vie pourrie, qu'elle a bien mérité après tout, parce qu'elle n'a même pas mérité d'être un des points glissants du manga (son truc à elle est lourd dès le début, à l'instar de Naruto qui, lui, a le bon goût d'arrêter vite).
Bref, Naruto, c'est un super manga de 300 (j'arrondis) chapitres, malgré un Sasuke (inutile et) un poil monotone. Après, ça dérape. Ah tiens, j'ai oublié les quatre copains d'Orochimaru. Ils sont rigolos sur le coup, avec leurs pouvoirs et tout ; mais avec le recul, je pense que c'est vraiment là que les notions de pouvoirs et de puissance sont parties en couille.
Bref², Naruto : it's over 700.